INSCRIPTIONS SÉPULCRALES
Les esclaves n'avaient qu'un nom, « nomen servile », généralement emprunté à une langue étrangère et indiquant une qualité, v.g. Agilis, ou l'origine, v. g. Graecus, Syrus, etc. Il était imposé par le maître. Affranchi, l'esclave prenait le € praenomen » et le € gentilitium » de son maître ; son nom d'esclave lui servait de i cognomen l. Ainsi l'esclave Zozymus, affranchi par Cornélius, devient L. Corne/tus Lucii Hbertits Zozymus. Le fils de l'affranchi n'était pas obligé de citer le nom de son patron ; mais il gardait toujours dans son € cognomen » la marque de son origine. Ainsi parmi les Caecilii, les Cornelii, on peut reconnaître des affranchis et fils d'affranchis.
Les titres les plus fréquemment usités étaient : pour les familles sénatoriales, ceux de V • C (Vir clarissimus), C • F (Clarissima femina), C • P (Clarissimus puer, ou Clarissima puella) ; pour les personnages de l'ordre équestre, V • E (Vir egregius), E • M ' V (Egregiae memoriae vir). Ces expressions se rencontrent souvent dans les inscriptions chrétiennes. A St-Calixte, on voit des Caecilii avec la mention C • P, d'autres, avec des € cognomina servilia ».
§ II. Inscriptions sépulcrales.
La formule la plus usuelle des inscriptions sépulcrales païennes est la dédicace D • M • (Dis manibus) ou D • M • S • (Dis manibus sacrum), ou en grec 6 • K • (0eoîiç xato^Oovfoiç), 6 • A • (0eoiç 8aijjio<nv). Si le nom qui suit est au nominatif ou au datif, le monument est consacré aux divinités de l'enfer. Quelquefois cette formule est suivie des expressions « E • M • (Et memoriae), Genio, Junoni, Cineribus, Reliquiis, Memoriae aeternae, Paci ( x ) et quieti aeternae, », suivies du génitif: le monument est dédié alors à l'âme du défunt.
1. Le mot « Pax > est plutôt d'un usage chrétien. Cependant les païens remployaient aussi, en y ajoutant une épithète, comme on le voit dans une inscription d'Arles : « Pax tecum aeterna >. L'inscription, tout récemment retrouvée, d'un tombeau de la Via Salaria vêtus portait la mention : PACI HOCTAVIAES, — sans doute la paix du corps : < Ossa tua bene quiescant. »
La formule D • M, malgré son origine toute païenne, se Ht parfois sur des monuments chrétiens» On peut expliquer ce fait en disant que les chrétiens ont dû acheter des plaques déjà préparées avec cette dédicace, ou que la formule était devenue si commune qu'on n'y prenait phis garde. Du reste, on l'a quelquefois modifiée pour lui donner une signification chrétienne, par exemple de la manière suivante: I> *M • t£S.
Les autres éléments des inscriptions funéraires sont : i° le nom du défunt ;
2° Les noms de ceux qui ont élevé le monument, avec des qualificatifs, des éloges, les raisons qui ont fait ériger ce monument : « Bene merenti, Optimo marito », etc.
3 La durée de la vie du défunt : « Vixit annis..., mensibus..., diebus..., horis... » (V • A... M... D... H...). A partir surtout du III e siècle, on trouve fréquemment: V • ANN • P • M • (Vixit annos plus minus).
4 Les lettres isolées V • ou 6 • (Vivus, viva, Bavciv, OavoOo'a), indiquant que le monument fut construit du vivant de celui qui y repose, ou seulement après sa mort
5 Les mentions H • I • (Hic jacet), H • O • S • (Hic ossa sunt), H • S • E • (Hic sepultus est), H • C • E • (Hic crematus est), « Defunctus, Abreptus, Decessit ». Le mot « Depositus » est absolument chrétien, il implique l'idée d'une sépulture temporaire, en attendant la résurrection.
6° Le nom du monument : € monumentum, memoria, sepulcrum t. Le mot < coemeterium » n'est employé que par les chrétiens. L'expression « domus aeterna » se voit sur des tombeaux païens et chrétiens de l'époque de la paix, avec le sens de tombeau.
7° Le mot f dedicatum », faisant allusion aux rites religieux par lesquels les tombeaux étaient consacrés. Quelquefois, en Gaule surtout, on ajoute : € sub ascia > , et on représente une pioche, parce que cet instrument servait dans la cérémonie consécratoire.
8° L'étendue de la propriété qui entourait le tombeau : < Huic monumento cedit area p(edum) N. maceria cincta », puis parfois la description du monument.