‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 203 sur 307 · C - -< "» a n • iâ es- S · texte numérisé non relu

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a découvert le nom de l'artiste auquel en était confiée l'exécution. Sur un fragment placé par Marini au milieu des

inscriptions païennes du Vatican, il avait observé le commencement du nom du célèbre Furius Dionysius Filocalus : l'inscription du pape Eusèbe découverte à St-Calixte, en 1856, lui prouva que c'était en effet le nom du graveur de S. Damase. Les anciens archéologues avaient appelé damasienne toute lettre décorée. C'était une exagération : les lettres vraiment damasiennes ont des caractères qui leur sont tout à fait propres ( I ). Ainsi les extrémités droites se terminent toujours par une double ligne courbe. Le caractère est gravé profondément. Il y a partout la même proportion entre la largeur et la hauteur. La lettre M a les jambages droits, tandis que dans les autres inscriptions ils sont très souvent inclinés (M). Dans la lettre R la ligne oblique est détachée de la verticale (R). Cette paléographie hiératique, sacrée, était d'ordinaire réservée pour les tombeaux des martyrs ; c'est seulement d'une manière exceptionnelle que S. Damase l'a employée dans quelques autres inscriptions, par exemple dans l'inscription de Projecta, conservée au Musée de Latran; et celles qu'il fît graver avant de commencer à décorer les tombeaux des martyrs étaient en caractères ordinaires du IV e siècle, comme par exemple les épitaphes de sa mère et de sa sœur. On a essayé après lui de l'imiter, mais on n'y a réussi qu'imparfaitement.

On a trouvé dans toutes les catacombes romaines et même dans la basilique de St-Clément des inscriptions damasiennes. Il n'y en avait pas, semble-t-il, aux tombeaux des SS. Pierre et Paul, sans doute parce qu'ils étaient assez connus et que les pèlerins n'avaient pas besoin d'indications à leur sujet. A la Platonia, où on aurait pu perdre le souvenir de la sépulture simultanée des deux Apôtres, Damase avait placé une inscription rappelant leur translation. Il y dit que les apôtres appartenaient à l'Orient par leur naissance, mais que leur martyre les avait rendus citoyens romains, et que Rome avait mérité de conserver leurs tombeaux.

1. Cf. Carini, Epi^rajii e p.iUografia dd papa Damaso, Roma. 1887.

LES INSCRIPTIONS DAMASIENNES. 23 1

HIC HABITASSE PRIVS SANCTOS COGNOSCERb DEBES NOM1NA QVISQVE PETRI PARITER PAVLIQVE REQVIRIS DISCIPVLOS ORIENS MISIT QVOD SPONTE FATEMVR SANGV1NIS OB MERITVM CHRISTVM QVI PER ASTRA SECVTI AETHERIOS PETIERE S1NVS REGNAQVE PIORVM ROMA SVOS POTIVS MERVIT DEFENDERE CIVES HAEC DAMASVS VESTRAS REFERAT NOVA SIDERA LAVDES

(M igné, tom. cit., Carm. ç )

Si maintenant nous parcourons les cimetières des différentes voies romaines, en tous nous trouvons des inscriptions damasiennes.

Au Vatican, l'inscription du baptistère, actuellement conservée dans les cryptes de St-Pierre (*) :

CINGEBANT LATICES MONTEM TENEROQVE MEATV CORPORA MVLTORVM CINERES ATQVE OSSA RIGABANT NON TVL1T HOC DAMASVS COMMVNI LEGE SEPVLTOS POST REQVIEM TRISTES ITERVM PERSOLVERE POENAS PROTINVS AGGRESSVS MAGNVM SVPERARE LABOREM AGGERIS IMMENSI DEIECIT CVLMINA MONTIS INTIMA SOLLICITE SCRVTATVS VISCERA TERRAE SICCAVIT TOTVM QVIDQVID MADEFECERAT HVMOR INVENIT FONTEM PRAEBET QVI DONA SALVTIS HAEC CVRAV1T MERCVRIVS LEV1TA FIDELIS

(Carm. 36.)

Sur la Via salaria vêtus, les deux inscriptions en l'honneur des SS. Prote et Hyacinthe :

EXTREMO TVMVLVS LATVIT SVB AGGERE MONTIS HVNC DAMASVS MONSTR AT SERVAT QVOD MEMBRA PIORVM TE PROTVM RETINET MELIOR SIBI REGIA COELI SANGVINE PVRPVREO SEQVERIS HYACINTHE PROBATVS GERMANI FRATRES ANIMIS INGENTIBVS AMBO HIC VICTOR MERVIT PALMAM PRIOR ILLE CORON AM

(Carm. 26. J

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