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XXIV INTRODUCTION

par le tombeau des SS. Apôtres Pierre et Paul ; de là il va sur la voie Aurélienne, puis sur les voies Salaria, Tiburtine, Nomentane et Appienne ; ensuite il revient à la voie Tiburtine. Il tient cependant compte de la topographie pour le groupement des martyrs : il serait aisé de démontrer que ceux de la même voie sont réunis. On avait jadis soupçonné, d'après les indications du prêtre Jean, que la première chaire de S. Pierre à Rome était placée dans un cimetière de la voie Nomentane : il y a plus de raisons de rattacher ce souvenir au groupe de la Via Salaria (').

Les Itinéraires du VIP siècle peuvent être considérés comme la clef des catacombes romaines. Malgré la date tardive de leur composition, ils nous ont conservé de précieux renseignements sur l'origine des catacombes, les tombeaux des martyrs ; ils nous permettent, non seulement d'établir la topographie, mais encore de reconstituer l'histoire des anciens cimetières, d'en faire une classification chronologique, de distinguer dans chaque catacombe les régions plus anciennes et celles qui sont plus récentes. On connaît, par exemple, la haute antiquité du cimetière de Priscille quand on sait qu'il avait reçu les corps de Pudens, Pudentienne et Praxède. Au VIP siècle, les catacombes étaient encore bien conservées et très visitées : les pèlerins ont donc pu remarquer et enregistrer beaucoup de détails qu'il serait impossible de relever aujourd'hui.

Un des plus connus de ces Itinéraires, un des plus récents aussi, puisqu'il est du XII e siècle, est celui qui porte le nom de Guillaume de Malmesbury ; cet écrivain le donne dans ses Gesta regum Anglorum. Il fut rédigé, peut-être pour l'usage des croisés, sur un Itinéraire beaucoup plus ancien ; aussi mentionne-t-il toutes les catacombes, quoique la plupart, au XII e siècle, fussent bien oubliées. Avec une exactitude irréprochable, il indique toutes les portes de Rome, les voies qui en sortent, et donne assez justement la position de

i. Cf. mon article déjà cité du Nuovo bulletino : Il valore topogtafico délia silîogc di Verdun, etc.

chaque cimetière (*). C'est le seul Itinéraire qu'ait connu Bosio ; il semble même qu'il l'ait étudié assez tard, et il s'en est peu servi.

Un second Itinéraire, trouvé dans la bibliothèque du monastère d'Einsiedeln, a été publié par Mabillon ( a ) ; c'est YItinéraire d'Einsiedeln ou Anonyme de Mabillon. Il a pour auteur un pèlerin de l'époque de Charlemagne qui a visité Rome personnellement, copié plusieurs incriptions chrétiennes et païennes, et qui fait même la description des principaux monuments et des cérémonies romaines de la Semaine Sainte. Un autre Itinéraire, le De loris SS. Martyrum quae suntforis civitatis Romae, fut découvert, vers le milieu du XVIII e siècle> dans un manuscrit de la Bibliothèque de Wùrtzbourg, et publié par Eckart C'est un guide beaucoup plus complet que l'Itinéraire d'Einsiedeln (s).

Nous avons enfin une source de très grande valeur dans le double Itinéraire que les religieux de St-Emmeran trouvèrent dans les manuscrits de Salzbourg et publièrent en l 777t à la suite des ouvrages d'Alcuin, bien que ces Itinéraires n'aient rien de commun avec Alcuin ( 4 ).Le premier est intitulé Notifia ecclesiarum urbis Rontae ; le second, assez semblable à l'Itinéraire de Wùrtzbourg, De loris S ris Martyrum quae sunt foris rivitatem Romae. Tous les deux ont été rédigés sur un plan et dans un ordre topographique exact Les auteurs ont évidemment pris leurs notes sur place ; ils indiquent jusqu'au nombre des marches à monter ou à descendre, montrent à leur place respective les tombeaux des martyrs, notent en décrivant ceux des papes que S. Eusèbe était « in altero loco ». Leurs erreurs mêmes prouvent des témoins oculaires. S'ils indiquent le corps de S. Cyprien dans le cimetière de Calixte, c'est qu'ils y ont vu l'image du martyr d'Afrique peinte à côté de celle de S. Corneille. S'ils donnent le nom de Marthe à la sœur de S. Damase, qui s'appelait en

i. Urlichs, op. cit., p. 86 sq.

2. Vetera analecta, t. IV. — Cf. Urlichs, op. cit., p. 59 sq.

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