‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 226 sur 307 · I. Cf. Dufresne, Ijts cryptes Vatican es, p · texte numérisé non relu

I. Cf. Dufresne, Ijts cryptes Vatican es, p

Nous avons aussi du IX e siècle des inscriptions relatives aux basiliques des Sts-Pierre et Paul. En 847, sur la fin du pontificat de Serge II, les Sarrasins ravagèrent Rome et les deux basiliques apostoliques ; Léon IV, successeur de Serge, les battit à Ostie en 849. Reçu triomphalement à son retour, il décida de construire une enceinte autour de la basilique de St-Pierre. Ce fut l'origine de la « civitas Leoniana *, On peut voir encore des traces de cette muraille. Il reste aussi trois inscriptions qui y furent placées et qui sont actuellement fixées au mur du côté où était la Porta Angelica. L'une ne porte que ces mots : CIVITAS LEONIANA. Les deux autres sont un peu plus longues ; elles nomment les milices <juï •exécutèrent les travaux :

# HANC • TVRREM ET • PAGINE • VNA . F ACTA • A • MILITIAE

CAPRACORVM TEM . DOM • LEONIS QVAR . pp . EGO • AGATHO • E///

♦J, TEMPORIB • DOM . LEONIS . Q- PP . HANC . PAGINE . ET - DV AS . TVRRES • SALTISINE - MILITIA . CONSTRVXIT £<

Le même pape bâtit aussi aux habitants de Centumcellae (Civitavecchia) chassés par les barbares une nouvelle ville à laquelle il donna son nom, Leopolis (").

A l'époque du pape Jean VIII (872-882), nouvelle attaque des Sarrasins ; ils furent battus, en 877, au promontoire de Circé près Terracine. A la suite de cette victoire, le pape entoura St-Paul d'une petite ville appelée Johannipolis. On y voyait les inscriptions suivantes, dont le musée de St-Paulhors-les-murs conserve un fragment :

HIC MVRVS SALVATOR ADEST INVICTAQUE PORTA QVAE REPROBOS ARCET SVSCIPIT ATQVE PIOS

1. Lia. put /if., éd. Duchesne, t. II, p. 131. Cf. Marucchi, La iscrithtu monttnu ii taie di Leopoli, dans le JVuov, Bullett., 1900, p. 195-203.

DERNIERS MONUMENTS ÊPIGRAPHIQUES. 259

HANC PROCERES INTRATE SENES IVVENESQVE TOGATi PLEBSQVE SACRATA DEI LIMINA SANCTA PETENS

QVAM PRAESVL DOMINI SACRAVIT RITE IOHANNES QVI NITIDIS FVLSIT MORIBVS AC MERITJS

PRAESVLIS OCTAVI DE NOMINE FACTA ÏOHANNIS ECCE IOHANNOPILIS VRBS VENERANDA CLVIT

AXGELVS HANC DOMINI PAVLO CVM PRINCIPE SANCTVS CVSTODIAT PORTAM SEMPER AB HOSTE NtfQVAM

INSIGNEM NIMIVM MVRO QVAM CONSTRVIT AMPLO SEDIS APOSTOLICAE PAPA IOHANNES OVANS

VT SIBI POST OBITVM COELESTIS IANVA REGNI PANDATVR CHRISTO SAT MISERANTE DEO

Cette ville fut abandonnée au moyen âge, et 1 enceinte absolument rasée ; on n'en retrouve plus rien.

Au X e siècle, l'ignorance devient déplus en plus profonde; les inscriptions sont d'un style barbare, quoique la paléographie se conserve assez bien pour qu'on ait pu attribuer à quelques-unes de ces inscriptions une date beaucoup plus ancienne. L'inscription de Grégoire V (996-999), cousin de l'empereur Othon III, élu pape par sa faveur à l'âge de 24 ou 25 ans, mentionne qu'il instruisait les fidèles en allemand, en langue vulgaire et en latin :

VSVS FRANCISCA VVLGARI ET VOCE LATINA INSTITVIT POPVLOS ET OQVIO TRIPUCI

C'est le premier exemple connu de l'emploi de la langue vulgaire (italienne) dans les discours publics ( I ).

Au XI e siècle et au XII e , beaucoup d'inscriptions sont en vers rimes ou léonins. On reconnaît ainsi la vraie date d'une petite inscription de Ste-Marie de Trivio, près de la fontaine deTrévi, qu'on aurait pu juger du VI e siècle, parce qu'elle contient le nom de Bélisaire, et qui appartient certainement auXR

1. Cf. de Rossi, inscript, christ., t. II, p. 217 ; Dufresne, op. tit., p. 58.

HANC VIR PATRICIVS | VILISAR1VS VRBIS AMICVS

OB CVLPAE VENIAM | CONDIDIT ECCLESIAM HANC IDCIRCO PEDEM | SACRAM QVI PONIS IN AEDEM VT MISERETVR EVM | SAEPE PRECARE DEVM „IANVA HAEC EST TEMPLÎ | DOMINO DEFENSA POTENTI

Du commencement du XII* siècle est l'inscription de l'abside de la basilique supérieure de St-Clément, édifiée par Pascal II:

ECCLESIAM CHRISTI | VITI SIMILAB1MVS 1STI

QVAM LEX ARENTEM | SED CRVX FECIT ESSE VIRENTEM

Pendant toute la période qui s'étend de la fin du IX e siècle au XII e , nous trouvons surtout des inscriptions de donations. Il y en a d'assez importantes. A St-Valentin ont appartenu deux inscriptions de ce genre, dont l'une, gravée sous Jean IX (898), à l'occasion d'une nouvelle restauration, est conservée dans le vestibule de Ste-Marie in Cosmedin ; et l'autre,composée en io6i,dans la basilique de St-Sylvestre (*). Cette dernière fait, pour la première fois, mention du clocher ; i Turrem quam campanile dicimus. » Et cette indication est remarquable ; car si on trouve dans d'autres villes, à Ravenne par exemple, des clochers plus anciens, à Rome il n'en existe pas d'antérieurs au XI e siècle.

Jusqu'au XII* siècle, on a conservé pour les inscriptions le caractère romain plus ou moins altéré. A partir du XIII e , on a substitué à la lettre romaine classique le caractère gothique, qui dura jusqu'au commencement du XV e siècle. L'inscription gothique placée par l'archevêque de Bourges Guillaume dans la catacombe de St-Sébastien, sur le tombeau présumé de Ste Cécile, est de 1409. Une inscription de même caractère et presque de la même époque, due à un cardinal espagnol, se voit aux Quatre-Saints-Couronnés. Les inscriptions sépulcrales du moyen âge sont généralement très simples. Elles ne contiennent guère, outre les noms du

1. Cf. Marucchi, // cimitcroe la basiiica di S. Valcntino, p. 127 sq.

DERNIERS MONUMENTS ÊPIGRAPHIQUES. 2ÔI

défunt, que cette prière : CviVS ANIMA REQVIESCAT IN PACE, à laquelle on ajoute quelquefois Amen.

Quand, au XV e siècle, on reprit le caractère romain, on retrouva très vite la perfection de la [paléographie du siècle d'Auguste. Un fragment d'inscription de cette époque, découverte aux Sts-Apôtres, où elle se voit encore, a passé d'abord pour un monument de la bonne époque impériale, tandis qu'en réalité elle est de Sixte IV, qui rebâtit le portique de cette église.

L'étude de l'épigraphie païenne, provoquée par la renaissance des arts et des lettres, devait conduire aussi à celle de l'épigraphie chrétienne, ainsi que nous l'avons vu dans notre Introduction.

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