Ct Éléments, t. m, p
Le seul crucifix trouvé dans les catacombes est celui de St-Valentin. Cette peinture remonte certainement au VII e siècle. Bosio (*) a pu la voir et la copier. D'après son dessin, le Christ était vêtu d'une robe longue, et avait les pieds et les mains fixés par quatre clous. Ce nombre est en
effet le plus conforme à la tradition. Grégoire de Tours l'affirme expressément : « Clavorum ergo dominicorum gratia quod quatuor fuerint haec est ratio : duo sunt affixi in palmis, et duo in plantis > ( 2 ). Une peinture de la crypte des
i. Rom. sott. % L III, c. 65. — Cf. Marucchi, La scripta sepokrale di S. VaUnti*o+ Roma, 1878.
2. De gt'oria mirtyrum, 1. I, c. 6 [P. L. % t. LXXI, col. 710).
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Sts-Jean et Paul est analogue à celle de St-Valentin. La représentation moderne du crucifix, avec les trois clous, ne s'est introduite que vers le XIII e siècle. On a alors commencé à représenter Notre- Seigneur mort, puis on a remplacé la robe longue par le i perizoma », enfin on a attaché les pieds par un seul clou, afin de donner au corps un mouvement plus artistique, une attitude plus propre à toucher les fidèles ( r ).
§ II. Les images de la T. Ste Vierge.
La T. Ste Vierge a été représentée dans les Catacombes : i° avec l'enfant Jésus. Tantôt c'est la scène de l'Epiphanie, avec les Mages. Tantôt la présence d'un prophète indique que la femme représentée est bien la Mère de Jésus. La scène de la Crèche, fréquente dans les sculptures, ne se trouve qu'une fois dans les peintures, et la T. Ste Vierge n'y figure pas. 2° Sous forme d'Orante. C'est ainsi qu'on la reconnaît sur les verres dorés du III e et du IV e siècle. Elle y est souvent accompagnée de son nom, qu'elle se trouve seule ou au milieu d'autres Saints: M ARA ou MARIA, — AGNE MARIA, — PETRVS MARIA PAVLVS. Sur ce dernier verre, on voit de chaque côté de la T. Ste Vierge un rouleau, symbole de la Loi et de l'Évangile, comme pour signifier que Marie unit les deux Testaments. Un monument de St-Maximin en Provence présente la T. Ste Vierge orante avec cette inscription: MARIA VIRGO MINESTER DE TEM- PVLO GEROSALE. On a dit que l'Orante figurée près du bon Pasteur, dans une sorte de parallélisme, est l'image de la T. Ste Vierge. C'est l'opinion de M. Grimouard de Saint- Laurent ( 2 ), et de Rossi n'y contredit pas.
Le symbole de l'Église a souvent été réuni à celui de la T. Ste Vierge : i Quam pulchra illa quae in figura Ecclesiae de Maria prophetata sunt » ( 3 ). Il est souvent difficile, s'il
1. Cf. Vigouroux. Dictionnaire de la Bible, art. Croix (Marucchi); — Jaugey, Diction» aire apologétique, art. Croix (de Harlez), Swastika ; — de Rossi, Bullet., 1868, pc 88-91.
a. Guide de F Art chrétien, t. III, p. 59.
3. S. Ambr.. De Institut. Virg., c. Xiv (P. L. t t. XVI, col. 326).
n'y a pas d'inscription, de savoir exactement si c'est Tune ou l'autre qui est figurée par telle orante.
Il n'y a pas de type traditionnel de la T. Ste Vierge. Dès le I V e siècle, S. Augustin pouvait dire: «Nequeenim novimus faciem Virginis Mariae » ( r ).
De Rossi le premier a publié une chronologie des images de la T. Ste Vierge ( 2 ). Nous allons examiner rapidement les principales, en parcourant les différents cimetières.
Cimetière de Priscille. — Il renferme l'image la plus
i. De Tri*ù. t l VIII, c. 5 (P. L t t. XLII, col. 95a).
2. Cf. de Rossi, Imtnagini sctlte délia beata Vergine Maria trotte da 'le Caiacombr romane, Roma, 1863.
LES IMAGES DE LA T. STE VIERGE
ancienne. Elle se trouve à la voûte d'une chambre, dans la partie primitive du cimetière, et fait partie de la décoration d'un tombeau. Au milieu se trouvait le bon Pasteur, en basrelief; à gauche,un groupe formé d'un homme, d'une femme et d'un enfant, dans l'attitude de la prière, où les uns ont vu la Ste Famille, les autres la famille qui possédait ce tombeau; à droite, la Vierge, voilée, assise, tenant l'Enfant Jésus sur sa poitrine, et un personnage debout, qui doit être un prophète. Au-dessus on aperçoit une étoile. Elle fait penser que le prophète était Isaïe, qui a annoncé la lumière divine : peut-être aussi est-ce Michée ou Balaam (*). On ne peut supposer que
cette scène représente une mère quelconque. D'abord les scènes domestiques sont très rares dans l'ancien art chrétien. Puis il faut remarquer que dans la décoration de ce tombeau tout est symbolique. L'âge de cette peinture a été fixé aux premières années du II e siècle. Elle est d'un style classique, comparable à celui des peintures de Pompéi. Ce jugement a été accepté même par des critiques hétérodoxes. Du reste cette chapelle se trouve dans la partie la plus ancienne du cimetière, non loin des inscriptions rouges. Des fouilles récentes ont fait reconnaître, au-dessous du niveau actuel, des tombeaux postérieurs, et néanmoins très anciens, ce qui