LES IMAGES DES SAINTS
des objections plus spécieuses que solides, il faut se rappeler que les Saints, les martyrs, étaient représentés sur les premiers monuments des Catacombes comme les avocats des âmes ('). La T. Ste Vierge est l'avocate par excellence, t advocata », ainsi que l'appelle dès le II e siècle S. Irénée ( 2 ). Aussi Ta-t-on toujours représentée à la place d'honneur, assise sur une chaise, et sur une chaise voilée, symbole de la puissance, même de la divinité. Elle n'est pas là seulement comme un personnage ordinaire dans une scène historique: c'est un personnage honoré, vénéré.
Le symbolisme des peintures cimitériales est indéniable, «et, nous l'avons dit, il faut chercher son explication dans les prières liturgiques. « Refrigeret tibi domnus Ippolitus », dit une inscription. Si l'on n'a pas encore trouvé la formule : REFRIGERET TIBI DOMNA MARIA, elle est évidemment traduite par ces images.
Assurément on ne peut affirmer que ces images ellesmêmes aient été d'abord un objet de culte : on avait trop soin, <ians les premiers siècles, d'écarter tout ce qui avait quelque ressemblance avec l'idolâtrie. La raison qui empêchait de placer la croix sur les autels interdisait aussi de présenter des images à la vénération publique. Mais supposé que les chrétiens n'aient pas eu dès lors une dévotion spéciale envers la T. Ste Vierge, comment expliquer qu'ils aient tant multiplié son image sur les parois des Catacombes, où on l'a retrouvée une vingtaine de fois, sur les verres dorés et sur les sarcophages ? Sans doute il y en aurait un bien plus .grand nombre encore, si tant de monuments n'avaient été détruits et si même nous connaissions tous ceux qui subsistent cachés sous les décombres. Il faut rapprocher ces monuments <les plus anciennes prières liturgiques, des écrits des Pères et des écrivains ecclésiastiques des premiers siècles : les uns et les autres attestent que les chrétiens n'ont pas attendu le concile d'Éphèse pour unir dans leur culte Marie à son Fils.