SOURCES DE L'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE. XXXI
de Félicité. Ce jour-là (31 mai 1578), dit J.-B. de Rossi, naquitle nom de Rome souterraine (*). Par malheur un éboulement rendit inutile cette découverte ; Bosio, alors âgé de 3 ans, ne la connut pas.
Vers la fin du XVI e siècle, Ciacconio, le belge de Winghe, Jean L'heureux (Macarios), se livrèrent à des travaux d'archéologie, mais sans rien publier. On a seulement les Hagioglypta Macarii, dans lesquels L'heureux traite des peintures des catacombes et du symbolisme chrétien ( a ); et les dessins de Ciacconio, conservés à la bibliothèque Vaticane.
Pompeo Ugonio, professeur de l'Université romaine, fit l'histoire des stations du carême ( 3 ). Il semble avoir inspiré le goût des antiquités àson ami Antoine Bosio, chargé d'affaires de l'Ordre de Malte (4). Ils commencèrent ensemble leurs premières explorations en 1 593. Bosio reçut sans doute aussi les conseils ou au moins subit l'influence de S. Philippe Néri. Cet illustre savant, le vrai fondateur de l'archéologie chrétienne, explora les catacombes pendant plus de 30 ans, étudiant tout d'une manière scientifique et rassemblant une grande quantité de documents. En vue d'un ouvrage qui ne parut qu'après sa mort, il copia des inscriptions, dessina des peintures, des sculptures ; le manque de ressources ne lui permit pas de faire des fouilles. Ce n'est qu'à grand' peine même, en descendant par les lucernaires, qu'il pouvait pénétrer daris les catacombes ; il raconte avec simplicité que s'étant égaré dans le cimetière de Domitille, il avait craint, comme S. Damase, de profaner par son cadavre les reliques des saints Martyrs (5). H ne découvrit qu'un seul tombeau historique, et tout à fait par hasard, celui des SS. Abdon et Sennen, sur la voie de Porto. Il mourut en 1629. Sa Roma sotlerranea fut publiée en 1632, aux frais de l'Ordre de Malte, par le P. Severano,