ad Cor., c. v (/>. G., t. I, col. aao
Étén* d'archéoL chrét. 4
du tout certain ( 1 ). Une tradition ancienne fixe au même jour, 29 juin, la mort de S. Pierre et celle de S. Paul. Une autre tradition, rapportée par Prudence, met une année d'intervalle entre les deux. La première opinion est la plus commune. Ce qui est sûr, c'est que le 29 juin est depuis le commencement du IV e siècle le jour de leur fête commune et principale à Rome ( 2 ).
S. Pierre fut enterré au Vatican, S. Paul sur la voie d'Ostie. Autour du premier pape, « juxta sepulcrum B. Pétri >, on déposa pendant plus d'un siècle les corps de ses successeurs^ de S. Lin à S. Victor (202) (3). Cet usage ne cessa qu'au III e siècle, lorsque l'Église romaine eut un nouveau cimetière, celui de St-Calixte sur la voie Appienne. En creusant, au XVII e siècle, les fondations de l'autel de la basilique moderne du Vatican, on a découvert plusieurs tombeaux. Sur l'un d'eux, ainsi que le rapporte un témoin oculaire, étaient tracées les syllabes L1NVS. Il est probable que cette inscription était celle du pape S. Lin. Ce nom est presque inconnu dans l'épigraphie païenne ; nous savons d'autre part que Lin fut le successeur de S. Pierre et qu'il a été enterré au Vatican près du Prince des Apôtres ( 4 ).
Le tombeau de S. Pierre resta sans doute visible jusqu'au IX e siècle. On dut le cacher au moment de l'invasion des Sarrasins, car il n'en est plus question à partir de cette époque. Clément VIII l'a vu quand on a élevé l'autel
j. Cf. Duchesne, Les origines chrétiennes, c. vu.
2. Cf. Bartolini, Sopra Vanno LXVIi deW era volgare se fosse quelîo dei martiria dei SS. Pietro e Paolo. Nous avons, sur le martyre des Apôtres, plusieurs recueils d'Actes apocryphes, les Acta Lini, les Acta Marcelli. Il a existé des Actes primitifs contemporains des Apôtres ou à peu près. On peut penser que la Passio Pétri, citée par le célèbre Canon de Muratori, a dû être le fond historique primitif d'où sont sortis tous ces récits légendaires. Une remarque analogue doit être faite sur S. Paul
3. Ce n'est que par suite d'une confusion de noms qu'on a pu trouver sur la voie Salaria le tombeau de S. Éleuthère, et celui de S. Victor sur la voie Nomentane. Cf. Nuov. bullett. , 1900, p. 67-68. — Le nombre des papes du I** siècle est incertain. On sait que les listes laissées par les anciens auteurs ne concordent pas. Cf. Duchesne. Les origines chrétiennes, c. xn ; — de Smedt, Dissertationes selectae, t. I, p. 300- 3»a-
4. «Tametsi integritas cognominis aTurrigio traditi (LINVS) justa dubitatione non careat, ei tamen favent indicia, quae suadent idem nomen sepulcro inscript um eodem loco, saeculo IXo, lectum notatumque esse. > De Rossi, Inscript, christ, voL H p. i*, p. 237. Cf. Bulletin., 1864, p. 50.
moderne ; il crut y reconnaître la croix d'or platée sur le sarcophage par Constantin ; mais, au lieu de le dégager, il
ordonna de le murer de nouveau (*). Le tombeau de S. Paul fut aussi visible jusqu'au IX* siècle. L'incendie de 1823 ne Ta pas atteint ; on peut encore apercevoir, sous le maître-autel, le couvercle du sarcophage et l'inscription constantinienne :
PAULO té APOSTOLO MART.
Grégoire XVI eut la pensée d'ouvrir le sarcophage: l'exemple de Clément VIII l'en détourna.
Après l'a» 67, la persécution dura encore une année environ. Ni les Martyrologes ni les catacombes ne nous pernjettent d'en connaître toutes les victimes. On peut présumer qu'elles furent souvent réunies dans ces polyandres dont parle Prudence, où parfois on inscrivait le nombre des martyrs, sans y joindre les noms, fque Jésus-Christ seul connaît > ( a ).
Mais sous la pression même de la pitié populaire, les cruautés de l'an 64 ne s'étaient pas prolongées, les chrétiens se voyaient plutôt condamnés aux travaux publics nécessités par la transformation de la ville de Rome. Néron bâtit alors sa Maison dorée, qui s'étendit du Palatin à l'Esquilin. Il avait projeté de réunir ces deux collines à l'Aventin et au Viminal, afin, disait-il, d'être logé comme un homme. Impuissants à empêcher ces folies, les Romains s'en vengeaient par des épigrammes comme celle-ci:
Roma domus fiet: Veios migrate, Quintes, Si non et Veios occupât ista domus ( 3 ).
Les ruines de la Maison dorée existent encore sur l'Esquilin, au-dessous de S. Pietro in Vincoli ; c'est de là que vient la statue du Laocoon.
Les grands travaux entrepris par Néron furent suspendus après lui. Ses successeurs, plus modestes, se contentèrent d'habiter le Palatin. La persécution cessa en 69. Pendant 30 ans, sous Galba, Othon, Vitellius, Vespasien et Titus, les chrétiens de tout l'Empire furent en paix.