‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 90 sur 307 · Cf. de Rossi, Bullettino, 1874, p. 41-73 (édit. franc · texte numérisé non relu

Cf. de Rossi, Bullettino, 1874, p. 41-73 (édit. franc

LA PAIX DE L'ÉGLISE

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De grands changements s'introduisent aussi dans la vie chrétienne. La liturgie se transforme et s'amplifie après la construction des basiliques ; nous en avons un remarquable monument dans les Constitutiones apostolicae, qui sont de cette époque ( x ). Les cimetières en plein air, rares jusqu'alors, se multiplient. Au symbolisme primitif l'art commence à substituer des décorations historiques : les portraits du Sauveur, de la Vierge, des Apôtres. La sculpture chrétienne produit de nombreuses statues, entre autres celles du Bon Pasteur, dont le Musée de Latran possède un beau modèle. Les inscriptions se développent et fournissent plus d'indications historiques, au détriment, il est vrai, du charme qui s'attachait à leur simplicité primitive ; on trouve fréquemment des inscriptions métriques et des inscriptions présentant le monogramme isolé; généralement aussi elles portent des dates consulaires.

Après Constantin, sous le pontificat du pape Libère, un schisme se produisit dans l'Église. Constance, ami des Ariens, exila le pape. On a accusé Libère d'avoir signé une formule arienne. Mais, sans parler des arguments historiques qui peuvent être invoqués en faveur de son orthodoxie ( 2 ), une longue inscription de l'ancienne basilique de St-Sylvestre

i. Funk [Kirchengesckickllicke Abkandlungen uud Untersuchungen, n, p. 359 sq.), en place la composition, dans la forme actuelle, vers l'an 400. a. Cf. Héïélé, Hist. des Conc, L V, § 81.

sur la Via Salaria célèbre ce pape comme un défenseur de la foi de Nicée : « Per te fides Nicaena triumphat » ( x ). En outre, des inscriptions cimitériales rappellent le pontificat de Libère, « Sedente papa Liberio », et, contrairement aux usages, expriment la vénération des chrétiens pour ce pape : c'est sans doute une protestation contre l'usurpateur Félix et une réfutation anticipée de la calomnie dont Libère devait être plus tard l'objet

i. Cf. de Rossi, Bulkttino, 1883, p. 5-60 ; — 1890, p. 123-140. L'attribution de ces éloges au pape Libère ne parait pas suffisamment prouvée à Mommsen, qui pense qu'ils se rapportent plutôt à Félix II. Cette opinion soulève d'assez graves difficultés. Il faut remarquer notamment que, d'après l'ordre suivi dans le manuscrit, ce poème semble bien concerner un monument de la Via Salaria, or le tombeau de Libère se trouvait justement sur cette voie, tandis que celui de Félix II était sur la Via Aurélia.

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