‹ Éléments D'archéologie ChrétienneChapitre 92 sur 307 · De Civ. Dei, L XVIII, c. 52 {P. L. % t. XLI, col · texte numérisé non relu

De Civ. Dei, L XVIII, c. 52 {P. L. % t. XLI, col

La persécution de Julien s'est étendue surtout en Orient Il avait d'abord habité l'Occident, spécialement Lutetia Parisiorum, où on trouve encore, près du Musée de Cluny, quelques ruines de thermes construits par lui; mais après son avènement au trône, il demeura plutôt en Orient. S. Grégoire de Nazianze, S. Jean Chrysostome, Socrate, Sozomène, nous parlent des martyrs d'Asie Mineure, de Phrygie, de Palestine. L'empereur voulait faire revivre les cultes orientaux, celui de Mithra, celui de Cybèle, en les purifiant pour les élever au niveau de la religion chrétienne. Le culte de Cybèle fut modelé sur celui des chrétiens ; ses prêtres eurent comme un baptême et une confirmation : analogie qui a trompé plusieurs critiques et leur a fait attribuer au culte de Cybèle des monuments chrétiens. Julien était très superstitieux. Ammien Marcellin nous apprend qu'avant toutes ses expéditions il offrait de nombreux sacrifices (*); et on répétait à son sujet ce qui avait été dit de Marc Aurèle : « Le bœuf blanc a peur des victoires de l'empereur. »

L'Occident, Rome surtout, eut aussi ses martyrs. Les Actes, généralement interpolés, mettent toujours Julien en scène, bien qu'il fût en Orient. Il est possible que cette confusion ait eu lieu sur le nom d'un autre Julien, oncle de l'empereur, qui en effet resta quelque temps à Rome. Les martyrs romains les plus célèbres furent S. Gallican, Ste Bibiane, le prêtre S. Jean, les saints Jean et Paul ( a ).

S. Gallican, noble personnage converti par SS. Jean et Paul, donna tous ses biens aux pauvres; il fut exilé à Alexandrie, où il mourut. L'hôpital qui porte son nom, au Transtévère, est peut-être un souvenir d'une institution charitable fondée par lui.

L'histoire de Ste Bibiane, de son père Flavianus, de sa

i. Liv. XXII, c. 12; liv. XXV, c. 2.

2. Tillemont ( Hist. ecclés. , VII, p. 352) a pensé qu'il faut rattacher à la persécution de Dioclétien les martyrs communément attribués à celle de Julien. C'est aussi la thèse que soutient, pour les SS. Jean et Paul, M. Dufourcq, Étude sur Us « gesfa mari yrum > romains, p. 145-152. De Rossi {Bu/M., 1890, p. 45) estime que si la date est douteuse pour quelques-uns, elle ne saurait l'être pour ces deux saints, qui semblent bien avoir appartenu à la seconde moitié du IV« siècle.

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