Cf. de Rossi, Bullettino, 1863, p. 73 sq
que la statue était mutilée et enfouie sous le pavé ( l )?
L'édit de Milan n'avait pas interdit l'idolâtrie ; aussi continua-t-elle de vivre, surtout à Rome, tandis que Byzance, la nouvelle Rome, était une ville tout à fait chrétienne. Mais avec le progrès du christianisme, le paganisme dut réduire ses sanctuaires ; il ne resta plus guère que celui de Jupiter Capitolin et celui de Vesta. Le temple de Vesta fut le dernier à disparaître, parce que le foyer de la déesse représentait comme le centre de la ville et de l'Empire. En 382, Gratien refusa les rentes publiques accordées aux temples des idoles. Des particuliers se chargèrent de leur entretien pendant quelques années encore, sous le règne de Valentinien I er et de Valentinien II.
Ce dernier prince ayant été assassiné par le barbare Arbogaste, on élut à sa place (392) un général chrétien, Eugène ( a ). Ce prince faible se laissa entraîner à prendre les païens sous sa protection. Théodose engagea contre lui une lutte religieuse autant que politique; son drapeau fut le Labarum, tandis que son rival donnait à ses troupes les enseignes d'Hercule et confiait solennellement à Jupiter la garde des passages des Alpes. La bataille se livra à Aquileia (394); Théodose en sortit vainqueur, seul maître du monde romain : le christianisme triomphait avec lui. Les historiens placent d'ordinaire cet événement à la date du 6 septembre 394. Il ne put guère avoir lieu plus tard, car Théodose, qui mourut en janvier 395, eut encore le temps de venir à Rome et d'y faire plusieurs actes. On ne peut pas non plus le placer longtemps auparavant, car il est certain qu'au milieu de septembre le succès de Théodose n'était pas encore connu à Rome. On a en effet recueilli au cimetière de Priscille une inscription de cette époque qui mentionne le consulat de Nicomaque Flavien :
x. Cf. Marucchi, Le Furum romain et le Palatin, Rome, 1903, p. 186-187; Nuov. bullett., 1899, p. 199 sq.; — de Rossi, Inscript, christ, II, i a p., p. 92.
2. Sozomène, Hist. eccles., 1. vu, c. 22 {P. G„ t. LXVII, col. 1485-1488) ; — Rufin, Hist. tccles. % II, 33 (P. /.., t. XXI, col. 539-540); — Théodoret, Hist. certes., V, 24 {P. G., t. LXXXII, col. 1248-1253); — Zosime, Hist., IV, 5; — Prudence, Contra Symmach., I, v, 410 sq. (P. L., t. LX, col. 153 sq.).