‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 117 sur 400 · Cf. Grisar, Analecta roni.^ t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. Grisar, Analecta roni.^ t. I, p

5. Restitution de M. de Rossi, Inscript, christ., t. II, p. i», p. 200.

Il8 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

renfermait, au fond, à droite, le baptistère entouré de colonnes et formant une sorte de portique ; à gauche, l'autel des Sts-Procès-et-Martinien. Le baptistère était l'œuvre de S. •Damase ; voyant que les eaux qui descendaient de la colline s'infiltraient dans les tombeaux, ce pape les réunit et s'en servit pour alimenter la fontaine baptismale, ainsi que le rappelle l'inscription commémorative composée par lui et maintenent encore visible dans les cryptes de St-Pierre :

CINGEBANT LATICES MONTEM TENEROQVE MEATV CORPORA MVLTORVM CINERES ATQVE OSSA RIGABANT NON TVLIT HOC DAMASVS COMMVNI LEGE SEPVLTOS POST REQVIEM TKISTES ITERVM PERSOLVËRE POENAS PROTINVS AGGRESSVS MAGNVM SVPERARE LABOREM AGGERIS IMMENSI DEIECIT CVLMINA MONTIS

INTIMA SOLLICITE SCRVTATVS VlSCERA TERRAE SICCAVIT TOTVM QVIDQVID MADEFECERAT HVMOR INVENIT FONTEM PRAEBET QVl DONA SALVTIS HAEC CVRAVIT MERCVRIVS LEVITA FIDELIS

Deux édifices ronds étaient attenants à l'abside, mais en dehors de la basilique. L'un était le mausolée construit vers la fin du IV^ siècle par Valentinien II pour lui et sa famille, « mausoleum Augustorum ». C'était probablement une imitation du mausolée d'Auguste sur la voie Flaminienne. Sous Paul III on y retrouva le sarcophage et le magnifique trésor de l'impératrice Marie, fille de Stilicon et femme d'Honorius (}). Ce mausolée devint l'église de Ste-Pétronille, quand Paul 1^1' y transporta le corps de cette Sainte. — L'autre édifice rond, l'église de St-André, était d'une époque postérieure ; il fut bâti par le pape Symmaque, au V^ siècle, près de l'obélisque de Néron, au milieu de la « spina » du cirque impérial. Cette église subsista jusqu'au temps de Sixte V.

D'autres monuments, tout à fait indépendants, s'élevaient dans le voisinage. Ainsi le mausolée des Anicii Probi, qui fut détruit au XV^ siècle par Nicolas V ; nous avons heureu-

I. Cf. Bosio, /\om. so//., 1. Il, c. 7 ; — de Rossi, BuUett., 1S63, p. 53-56.

sèment une copie de l'inscription dans les manuscrits de Maffeo Vcggio (') ; — les monastères de St-Étienne-le- Majeur et de St-Étienne-le-Mineur, dont il reste un souvenir dans le nom et l'église de St-Étienne-des-Abyssins ; — le monastère de St-Martin-de-Tours, où fut vénérée jusqu'au XV^ siècle la statue en bronze de S. Pierre conservée dans la basilique moderne.

Le pape avait près de St-Pierre une maison, un « episcopium », dans lequel un appartement létait réservé aux empereurs qui venaient se faire couronner.

La bourgade créée ainsi autour de la basilique était, comme celle de St-Paul, reliée à la ville par un portique, le « porticus S. Pétri ». Vers le milieu du IX^ siècle, Léon IV l'annexa à la ville et en forma la « civitas Leoniana »,

v< IL La basilique moderne et les cryptes Vaticanes (^).

La basilique fut commencée par Nicolas V. L'ancienne était alors en si mauvais état que les pèlerins qui vinrent au jubilé de 1450 en furent très choqués ; il est probable que le pape entendit aussi d'autres plaintes au moment du couronnement de Frédéric II II (1452). On se borna d'abord à démolir le mausolée des Anicii afin de prolonger la basilique. A cause des dépenses énormes que devait entraîner la reconstruction, les travaux ne tardèrent pas à être suspendus (1455), Sixte IV éleva même une nouvelle chapelle du chœur. Mais Jules II consomma la destruction, avec le concours de Bramante (3). Raphaël, Sangallo, Michel-Ange succédèrent à ce dernier dans la direction des travaux. Paul V acheva la

1. Cf. de Rossi, Inscript, christ., t. II, p. i% p. 111-113, 348-349.

2. Cf. Cancellieri, Descrizione délia basilica Vaticana cou. itna bihlioteca degli autori che ne hanno trattato, Roma, 1788; — Mignanti, Isloria delta sacrosanta patriarcale basilica Vaticana, Roma, 1S67.

3. Bramante avait la réputation d'être un grand démolisseur. On l'avait surnommé « maestro Guastante, maestro Ruinante ». Le véritable vandalisme qu'il montra dans la destruction de la basilique Vaticane souleva de légitimées protestations. Michel-Ange se plaignit vivement au pape de ce qu'on laissait tomber et se briser de magnifiques colonnes qu'il eût été peu coûteux de conserver et qu'il serait bien difficile de remplacer.

I20 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

façade, œuvre médiocre de Maderno (1605), et Alexandre VII construisit la colonnade.

Dans le vestibule ou « narthex » il y a plusieurs monuments intéressants au point de vue archéologique. D'abord 1 epitaphe composée par ordre de Charlemagne pour le tombeau d'Hadrien I^^ Elle était dans l'ancienne basilique, et on l'a fixée sur la paroi du vestibule de la nouvelle, à gauche de la porte d'entrée. Le style très littéraire de cette inscription a fait croire à M. de Rossi qu'elle avait Alcuin pour auteur; et il a trouvé dans la nature de la pierre sur laquelle elle est gravée, une preuve qu'elle fut exécutée en France même. C'est Charlemagne qui parle et fait l'éloge de son ami :

HIC PATER ECCLESIAE KOMAE DECVS INCLITVS AVCTOR HADRIANVS REQVIEM PAPA BEATVS HABET

POST PATREM LACRIMANS CAROLVS HAEC CARMINA SCRIPSI

TV MIHI DVLCIS AMOR TE MODO PLANGO PATER TV MEMOR ESTO MEI SEQVITVR TE MENS MEA SEMPER

CVM CHKISTO TENEAS REGNA BEATA POLI TE CLERVS POPVLVS MAGNO DILEXIT AMORE

OMNIBVS VNVS AMOR OPTIME PRAESVL ERAS NOMINA IVNGO SIMVL TITVLIS CARISSIME NOSTRA

HADRIANVS CAROLVS REX EGO TVQVE PATER (').

Le style épigraphique du VP et du VIP siècle, même du -commencement du VHP, était loin de cette perfection; il y eut sous Charlemagne une sorte de renaissance littéraire. C'est sous l'influence de cette même renaissance qu'ont été composés, dans un but d'étude, les premiers recueils epigraphiques, entre autres le célèbre recueil d'Einsiedeln.

En face de cette inscription il faut remarquer la mosaïque appelée « navicella di S. Pietra ». C'est un fragment d'une grande composition de Giotto (XI IP siècle), dont les débris ont été dispersés dans la villa Torlonia (aujourd'hui \illa Poli sur la via Prenestina) et ailleurs. La partie droite fut recouverte jusqu'à ces dernières années d'autres mosaïques.

I, Cf. de Rossi, Imcrlpt. christ.^ t. II, p. 1=', p. 41 M VinscripHon du iomheau cC Hadrien 7^% dans les Mélanges de V École française, 1888, p. 478 sq.

LA BASILIQUE MODERNE ET LES CRYPTES VATICANES. i 2 I

Des restes d'une mosaïque analogue ont été découverts sur la façade latérale de l'église d'Ara caeli.

Plusieurs inscriptions du moyen-âge, également fixées dans le vestibule, concernent des donations de fonds faites à St-Pierre. L'enumération de ces « massae » a une certaine importance pour la topographie de la campagne romaine à la même époque.

On entre dans la basilique par plusieurs portes. Celle du milieu, en bronze, fut fondue sous Eugène IV (XV^ siècle) par le célèbre artiste grec Philarète. L'inscription fait allusion au Concile de Florence:

VT GRAECI ARMENT AETIOPES HIC ASPICE VT IPSA ROMANAM AMPLEXA EST GENS lACOBINA FIDEM

SVNT HAEC EVGENI MONIMENTA ILLVSTRA QVARTI EXCELSI HAEC ANIMA SVNT MONIMENTA SVI

Les bas-reliefs représentent Notre-Seigneur entre S. Pierre et Eugène IV, et le martyre des deux Apôtres d'après les opinions qui commençaient à avoir cours: les deux « metae » sont figurées par la pyramide de Cestius et celle qui s'élevait près de Ste-Marie Transpontine. Au-dessus, des épisodes du pontificat d'Eugène IV, le Concile de Florence, l'entrée solennelle de Paléologue et du patriarche à Florence, l'entrée du pape à Rome par la porte du Peuple.

Laissant à d'autres le soin de décrire toutes les œuvres d'art modernes qui ornent l'intérieur de la basilique, nous ne parlerons ici que des monuments anciens, proprement archéologiques.

Dans la première chapelle à droite, celle de la Pietà, nous remarquons une colonne de marbre, décorée de branches de vigne, qui fit partie de l'ancienne confession ; d'après l'inscription qui l'accompagne, elle viendrait du temple de Jérusalem, et Notre-Seigneur s'y serait appuyé soit pour prier, soit pour prêcher. Il y a dans la même chapelle le sarcophage d'Anicius Probus (395), avec les figures des Apôtres et une inscription rappelant la noblesse de ce personnage.

La chapelle du T. -S. -Sacrement renferme le monument

Élém. d'archéol. chrét. — 111. ii

sépulcral de Sixte IV, fondu par Pollaiulo. C'est dans ce

monument que repose le corps de Jules II, nev^eu de Sixte l\\

Plusieurs sarcophages anciens ont été placés sous les

PORTE PRINCIPALK i)K Sl-PIERKE.

autels modernes, ceux par exemple de Ste Pétronille. de S. Léon IV, de S. Grégoire. Celui de l'empereur Otlion II forme l'urne baptismale. La colonne de la chapelle St-Léon,

qui porte une image très vcncrce de la T. Ste \'icrge, provient aussi de la basilique constantinieniie.

De l'ancien trésor il ne reste que bien peu de chose. On y peut remarquer la célèbre croix vaticane, travail du Yl^ siècle, exécuté par ordre de l'empereur Justin II (535-578) dont le nom est gravé dessus 1/) ; — un tableau en bois représentant le Sauveur entre S. Pierre et S. Paul ; ce tableau n'a pas été fait par Constantin, comme on l'a dit quelquefois ; il est du IX^ siècle, porte des inscriptions slaves, et fut donné au tombeau de S. Pierre par SS. Cyrille et Méthode; comme S. Cyrille s'appelait aussi Constantin, on voit d'où a dû venir la confusion (-* ; — enfin la fameuse relique de la Ste Face. Il semble qu'elle se rattache aux Actes apocryphes de S. Pierre. Quoiqu'elle soit certainement très ancienne, on n'en trouve pas mention dans les documents avant le XP siècle ; le premier qui en parle est Bernard de Soracte. Les reproductions qu'on en fait sont ordinairement fantaisistes ; sur l'original on ne voit plus guère que quelques traces.

Non moins précieux que ces trésors sont le tombeau même de S. Pierre, la chaire et la STATUE de l'Apôtre.

Quand, au X\^P siècle, on démolit l'ancienne basilique» on eut soin de préserver l'autel et la confession. Mais lorsque ensuite on voulut édifier l'autel nouveau, les travaux de fondation amenèrent quelques dérangements dans le sol ; il se fit une rupture, et plusieurs assistants purent apercevoir la croix d'or placée par Constantin sur le sarcophage de l'Apôtre. Le pape Clément \'I1I, averti, s'y rendit avec les cardinaux Bellarmin et Antoniano ; il avait d'abord l'idée de faire pousser les fouilles et dégager le tombeau ; mais craignant peut-être de ne rien trouver par suite de quelque profanation, il laissa les choses dans l'état ; il fit même combler l'ouverture en y jetant une grande quantité de matériaux (3).

1. LIGNO QVO CHRISTVS H^".MA^'^■.M SVBDIDir liOSTE.M DAT ROM A IVSTINUS OPEM ET SOCIA DECOREM.

Cf. Borgia, De cruce Vaticana ex dono Jîistiîii Augusti, etc., Rome, 1779-

2. Cf. art. de Jelic, dans la Rbmische Qiiartalschrift, 1892, p. 83 sq. et pi. \".

3. Cf. Bonanni, Numisinata templi Vaticani, p. 149: — Borgia, Vaticana confessio B. Pétri principis Apostoloi-uvt, Rome, 1776.

124 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

L'état actuel de la confession a été décrit par Sarti et Settelle (1840). Plus récemment le P. Grisar a fait des Recherches dont il a publié les résultats dans le tome I^"^ de ses

CONFESSION DE ST-PIERRE (d'après le P. Grisar).

Analecta romana (^). Le sarcophage est au-dessous de l'autel papal. Quand on a franchi la porte de bronze qui fait face

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