‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 351 sur 400 · COS • I V • D · texte numérisé non relu

COS • I V • D

ESIG • V •

AVCTIS P R •

FJNIBVS.

« pomerium ampliaverunt terminaveruntque. » {^)

L'enceinte d'Aurélien fut élevée plus loin, sur la ligne d'octroi de Marc-Aurèle (175). La « porta Portuensis » d'Aurélien était un peu au delà de la porte de Porto actuelle, bâtie par Innocent X.

1. Cf. Bosio, Htstoria passionis S. Caeciliae, i6oo ; — Crostarosa, art. dans

le Nuov. hulleit.^ 1900.

2. Cf. Marucchi, Di un niiovo cifpo del pomerio urbano, dans le Bulletin comun., 1899, n. 3-4.

STE-CECILE

(Les deux basiliques et la maison romaine.)

.Suivant la tradition, basée sur les Actes de sainte Cécile (^), l'église occupe l'emplacement de la maison de son époux Valérien, où elle subit son martyre. L'évêque Urbain aurait transformé cette maison en église, comme on fit pour celle des saints Jean et Paul: « Domum ejus in aeternum sanctam ecclesiam suo nomine consecravit. » D'abord titre domestique, elle devint ensuite église publique. La première mention que nous en ayons se trouve parmi les signatures apposées aux Actes du concile tenu sous Symmaque (499). Dans la biographie du pape Vigile, le Liber pontificalis rapporte qu'il fut surpris officiant dans la basilique de Ste-Cécile: « Erat enim dies natalis ejus »; quelques-uns ont entendu, par ce « dies natalis », l'anniversaire de la consécration du pape; c'était en réalité celui de la fête de la Sainte (22 nov. 538). A la fin du même siècle, S. Grégoire le Grand y fixa la station du deuxième mercredi de carême. Au VI 11^ siècle appartient l'inscription sépulcrale, aujourd'hui sous le portique de Moschus qui fut archidiacre de Grégoire III et signa en cette qualité les Actes du concile contre les Iconoclastes, ainsi qu'on peut le voir sur un des fragments conservés dans les Cryptes Vaticanes (n" 10). Au IX^ siècle, l'église était en ruines. Pascal P"" la rebâtit, et en même temps releva le monastère vois;n, placé sous le vocable de Ste- Agathe et de Ste-Cécile: « Nimio jam quassata senio ecclèsia S. Çaeciliae moenia etiam a fundamentis ruituram videns. .., dato studio operis eodem in loco magnifico opère novam construere ecclesiam coepit et perficere satis meliorem quam f uerat studuit... Fecit absidam musivo opère decoratam. » {^) Le Liber pontificalis raconte aussi comment, à la suite d'une vision, le même pape retrouva (821) le corps de Ste Cécile dans la crypte du cimetière de Calixte (qui par erreur est appelé de Prétextât), et comment il le transporta au Transtévère, avec celui de S. Valérien, déposé primitivement à

1. Ces Actes sont du V« siècle. On peut se reporter à ce que nous en avons dit t. I, p. 34-35. Quelques écrivains ont récemment combattu les conclusions de M. de Rossi par rapport à la date du martyre de la Sainte. On pourrait aussi attribuer Sainte Cécile à la persécution de Septime Sévère.

2, Lié. pontif.

STE-CÉCILE. 441

Prétextât, puis sans doute à St-Calixte. C'est probablement un souvenir de cette invention que nous avons, aux catacombes, dans les « graffiti » tracés par des prêtres dans la chapelle de Ste-Cécile, au-dessous du portrait de la martyre :

+ LEO PRS + lOHANNES PBR + MERCVRIVS P /////+ FELIX

PRESB SCRIN (arius Ecclesiae romanae).

Pour édifier la nouvelle église, il fallut détruire presque entièrement la maison antique. On conserva cependant et on transforma en oratoire la salle des bains, où l'on peut voir encore les tuyaux qui y conduisirent l'eau et l'air chauds. Une autre restauration eut lieu à la fin du XP siècle, sous Grégoire VIT, comme l'atteste une inscription de la confession; elle dut se continuer jusqu'au XII^ siècle, sous Pascal II; à cette époque, on éleva le campanile et on exécuta des mosaïques et des peintures dont il reste quelques traces. L'autel fut renouvelé en 1283. En 1599, le cardinal Sfondrato fit une reconnaissance du corps de Ste Cécile, et à cette occasion ordonna diverses réparations. En 1725, le cardinal Acquaviva eut la fâcheuse idée de remplacer l'ancien toit par une voûte en bois ; il faut également regretter la faute que commit le cardinal Doria, au commencement du XIX^ siècle, en renfermant les colonnes dans de hideux pilastres, après qu'elles eurent été piquées pour mieux faire adhérer la chaux. A la suite de ce vandalisme, il a été impossible de rendre à l'église sa forme basilicale, comme l'aurait voulu le cardinal Rampolla del Tindaro quand il entreprit la dernière restauration (1899-1901).

L' « atrium » actuel est encore celui de la basilique du IXe siècle. Deux grands vases, « canthari », l'ornaient autrefois, l'un est resté dans la cour de la basilique {^).

Le portique fut construit au XI I^ siècle. Dans la mosaïque qui décore sa frise extérieure, on voit le buste de plusieurs Saints, Ste Cécile, S. Urbain, S. Valérien, S. Lucius. Les

I. A côté de cet atrium on établit dès le VI ^ siècle un groupe de tombeaux. Tout récemment {1908) on a retrouvé l'inscription sépulcrale d'nr^e aâèaù'ssa gratiosa qui prouve la grande antiquité du monastère {Nicovo Btdlet. d'arch. crist., 1909, p. 141).

Elém. d'arcWol. chrét. — III. 31

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murs étaient autrefois couverts de fresques, maintenant détruites. Il n'en reste qu'un seul tableau, faussement

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