LES TITRES. I I
en trouvons vingt-huit qui le portent, dans deux importants documents : les Actes des Conciles tenus à Rome sous Symmaque (499) et S. Grégoire le Grand (595). Ces Actes sont revêtus de la signature des prêtres attachés à chaque titre, seulement quelques titres avaient plusieurs dénominations Q-),
Voici les noms de ces titres ; tous existent encore, sauf celui de Nicomède, qui a disparu, et celui de St-Cyriaque, transféré à Ste-Marie in Via Lata : « Titulus Praxedis, — Vestinae (St-Vital), — S. Caeciliae, — Pammachii, Byzantis (Sts-Jean-et-Paul), — démentis, — Julii, Cahxti (Ste- Marie du Transtévère), — Chrysogoni, — Pudentis, — S. Sabinae, — Equitii (St-Martin aux Monts), — Damasi (St-Laurent in Damaso), — Matthei, devenu Sts-Pierre-et- Marcellin, — Aemilianae, — Eusebii, — Tigridis, — Crecentianae (St-Sixte), — Nicomedis, absolument inconnu, — Cyriaci, supprimé au XV I^ siècle, — S. Suzannae, Gaii, — SS. Apostolorum, Eudoxiae (St-Pierre-aux- Liens), — Fasciolae (Sts-Niérée et Achillée), — S. Priscae, — S. Marcelli, — Lucinae (St-Laurent in Lucina), — Marci, Pallacinae, in Pallacina, juxta Pallacinas. » Le « titulus Romain » est douteux (^).
Un titre tout à fait inconnu est celui « de Fullonices, » qui est rappelé sur une inscription d'un « Alexius lector de FuUonices » récemment retrouvée dans le cimetière de Calixte (3).
Beaucoup de ces titres n'ont pas dans les Actes des conciles romains le qualificatif sanctvs : c'est une marque de leur haute antiquité. Leur fondation n'a pas été sans quelque relation avec l'organisation et le développement des cimetières au III^ siècle. Cette antiquité est encore confirmée par les restaurations et reconstructions qu'il fallut faire dès le V^ siècle.
1. Cf. Mansi, CoH. conc, VIII, 235 ; — P. L., \. LXXVII, col. 1338 ; t. LXXVII I, col. 858 sq. ; — Duchesne, Les Titres presùytéraux et les diaconies, dans les Mélanges de V Ecole française, 1887.
2. Suivant Mgr Duchesne, il faudrait lire : « Romanus, tituli Marcelli », an lieu de : « Marcellus, tituli Romani, h Quelque autre nom reste aussi douteux.
3. On peut en voir une photographie dans la R'omische Quartalschrift, 1908. Tav. II.
Les titres n'étaient pas situés dans les parties les plus peuplées de la ville; il n'y en avait ni au Palatin, ni au Capitale, ni au Forum, ni dans le centre de Rome ; aucun titre primitif n'a été établi dans un ancien temple ou autre monument païen, à la différence des diaconies, qui ont été placées, par exemple, dans le « Templum sacrae Urbis » (Sts-Cômeet-Damien), les « horrea » (Ste-Marie in Cosmedin), etc. Nous ignorons s'ils furent confisqués avec les cimetières en 258 sous Valérien ; mais ils le furent sans aucun doute sous Dioclétien (308), car Eusèbe (^) affirme que Constantin fit rendre aux chrétiens les maisons oi^i ils se réunissaient et qui appartenaient à la communauté.
A côté de ces titres, on doit signaler de bonne heure d'autres églises élevées plus tard à la même dignité. D'abord, hors de la ville, les églises cimitériales bâties sur les tombeaux des martyrs, et qui dépendaient des titres, comme les catacombes (-). Puis, d'autres basiliques : la basilique de Latran, église du palais donné par Constantin au pape Miltiade, qui y établit sa résidence ; — la basilique Libérienne, St)e-Marie-Majeure, fondée par le pape Libère; — la basilique Sessorienne, Ste-Croix de Jérusalem, dans le palais du Sessorium ; — la basilique de Junius Bassus, consacrée au culte, au V^ siècle, restaurée par le patricien barbare Valila (471) et appelée pour ce motif « cata barbarum patricium » ; — la basilique Julienne, bâtie sous Jules I*^'", dédiée d'abord à S. Philippe et S. Jacques, puis aux SS. Apôtrjes ; — St-Étienne au Cœlius, dans la grande salle du « macellum magnum »; ■ — Ste-Bibiane, dans une salle du palais de Gallien ; — Ste-Agathe, église aérienne construite au V^ siècle par le barbare Ricimère et donnée aux catholiques par S. Grégoire le Grand, etc.
Chaque titre avait un clergé régulièrement organisé. Un passage d'une lettre adressée à S. Cyprien (■^) prouve que deux prêtres au moins étaient attachés à chacun : « Félix