‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 136 sur 378 · I. Ps. IV · texte numérisé non relu

I. Ps. IV

pour sortir du côté opposé, nous remarquerons au fur et à mesure ses monuments les plus intéressants.

Dès l'entrée nous rencontrons un fragment épigraphique très important. Il porte la date consulaire de l'empereur Gallien ; il nous prouve donc qu'au milieu du III^ siècle on enterrait déjà dans le cimetière. On peut aussi y observer la mention du jour de la lune : LVNA • PRIMA.

Suivent d'autres monuments :

1. Fragment de marbre sur lequel est tracé à la pointe le chandelier à sept branches, symbole solennel du culte juif. Nous le retrouverons sur beaucoup d'autres inscriptions. Ici il présente cette particularité, qu'on voit les petites lampes placées sur les branches.

2. Inscription grecque tracée légèrement à la pointe. C'est l'épitaphe d'une Asteria. Les femmes juives portaient souvent ce nom; aujourd'hui elles portent le nom équivalent de Stella. L'inscription fait mention de la Synagogue, et se termine par la formule habituelle : sv ét-p/ivr, xo{.j7.y,a-',ç ao'j, « en paix ton sommeil ».

3. Épitaphe d'un chef de la Synagogue, « pater et arcon », avec l'image du candélabre tracée à la pointe.

4. Inscription grecque d'un enfant nommé Eucarpos. Il avait aussi le nom religieux de Philonomos, « ami de la loi» mosaïque.

5. Inscription d'une Zotica, dont on dit qu'elle a bien vécu, xaAw; [j'.wa-a7a. En face, un grossier sarcophage de marbre.

A droite s'ouvre une chambre qui, comme les autres que nous rencontrerons, appartint probablement à quelque famille particulière. Voici ce qu'on y remarque :

6. Inscription grecque placée par un Aurelios Basos en souvenir d'une Emilia Theodora.

7. Partie antérieure d'un précieux sarcophage, malheureusement très mutilé. Nous y voyons représentés plusieurs objets du culte judaïque : au milieu, le candélabre avec les lampes allumées ; on n'en voit plus que quatre, parce que le marbre est brisé ; — de chaque côté du candélabre, deux palmiers rappelant la Palestine et alternant avec des objets

2l8 GUIDE DES CATACOMBES ROMAINES.

dans lesquels on peut reconnaître la corne de l'onction, le bouquet d'aromates appelé € lulab », le fruit du cèdre, tous symboles usités pour la fête des Tabernacles ; à droite, un meuble qui probablement représente 1' « aron », c'est-à-dire le petit temple destiné à renfermer les rouleaux de la Loi. Une triple couronne entoure 1' « aron », on en voit trois autres sur l'autre côté du monument ; elles représenteraient, suivant Garrucci, les trois couronnes que devait posséder Israël : le sacerdoce, la royauté et la loi. Sur les flancs du sarcophage étaient sculptés deux griffons ailés, dont il reste encore quelques traces. Toute la chambre est revêtue de stuc ; dans la paroi droite s'ouvre une galerie cimitériale remplie de terre. A droite et à gauche de la porte d'entrée sont creusées deux niches qui devaient servir pour les lampes. On conserve du reste dans cette même chambre beaucoup de lampes en terre cuite provenant du cimetière. En face de la table qui porte ces lampes :

8. Fragment d'inscription grecque commençant par la formule accoutumée : evOaSs xs'lxai, « ci-gît », et accompagnée d'un candélabre tracé à la pointe.

Rentrons maintenant dans la galerie, et poursuivons l'examen des monuments.

g. Inscription grecque d'une Diodora Athanaia.

10. Inscription d'une orthographe fort défectueuse. Cocotia, qui l'a placée sur la tombe de son frère Abundantius, appelle celui-ci son « coUaboronius » et « concresconius », pour exprimer qu'ils ont grandi ensemble et partagé les mêmes travaux domestiques. Le texte est accompagné du candélabre.

11. Inscription grecque placée en souvenir d'un prosélyte du judaïsme, nommé Nikete, par une certaine Dionisia, dont il était l'affranchi. Léger « graffito » représentant le candélabre. Les prosélytes étaient les adeptes de la religion juive qui n'étaient pas Hébreux d'origine.

12. Fragment de sculpture, avec les figures de deux génies dans une barque.

^^ 13. Épitaphe grecque d'une Aurélia Celerina, placée par son époux, Sempronius Basileus.

14. Inscription d'un Isidorus Eterus, avec la formule grecque, écrite en lettres latines : EN IRENE QVIMESIS SV {sic)y « en paix ton sommeil ».

En face de cette inscription se trouve, à droite, une chambre petite et grossière renfermant une inscription, au nom de MABENNA • ZABDA. Une autre chambre voisine a sa voûte ornée de figures géométriques décoratives ; en face on voit un arc, que certaines inscriptions juives appellent « absis », abside, le candélabre est peint dessus. Sous le pavé on remarque les débris d'un très beau sarcophage classique, représentant entre autres figures celle de la Muse Uranie, et conservant encore des traces de dorure.

15. Inscription grecque d'un Sabbatius. Ce nom dérive de l'hébreu.

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