Rom. soit., 1. II, c
grande qui existait au-dessous du Janicule, à l'endroit où est l'église de S. Cosimato. Du reste, au temps de Néron, cette partie du Janicule était occupée par la forteresse ; il est peu probable qu'on y ait fait une exécution : on les faisait, ainsi que le rapportent les Actes de plusieurs martyrs, hors de l'enceinte de la ville. Enfin on peut observer que si l'un des Itinéraires de pèlerins, le De locis SS. Marlyrum, ne dit pas un mot du lieu du crucifiement de S. Pierre, tandis qu'il indique celui de la décapitation de S. Paul, aux Trois Fontaines, c'est apparemment qu'au VII^ siècle la tradition du Janicule était inconnue : il était superflu d'indiquer d'une manière spéciale le lieu du crucifiement du chef des Apôtres, puisqu'il se confondait avec celui de sa sépulture, lequel, de l'aveu de tous, était au Vatican : « Sepultus in Vaticano totius orbis veneratione celebratur» (i).
Au-dessus du tombeau de S. Pierre, le pape Anaclet (2) éleva une « memoria », c'est-à-dire un oratoire comme on en voit souvent au-dessus des catacombes (3). L' € area » cimitériale était assez restreinte, car lorsqu'on creusa les fondations de la basilique, on trouva à peu de distance de l'autel papal des colombaires païens. La tombe même devait être une petite chambre à demi souterraine, donnant sur la voie Cornelia et surmontée de la « memoria » d' Anaclet. On pourrait, comme l'a fait M. Barnes dans son important travail sur ce sujet (4), rapprocher le tombeau de S. Pierre d'une des célèbres tombes trouvées sur la voie Latine près de la basilique de St-Etienne. Les autres papes, de S. Lin à S. Victor, furent enterrés dans le voisinage, probablement dans la même chambre. On lit dans les Itinéraires : <i Petrus in parte occidentali civitatis juxta viam Corneliam ad millia-
1. s. Jérôme, De viris inlustribus, I (P. Z,. , t. XXIII, col. 607, 609). — Mgr Lugari a récemment défendu avec beaucoup d'érudition l'opinion favorable au Janicule {Le lieu du crucijiement de S. Pierre, Tours, 1898. Cf. aussi sa brochure // Gianicolo luogo délia Crocijissioue di S. Pietro, Roma, 1900.). J'ai répondu à ses arguments dans le A^î^tfff ^«/^^//ï«o cf/ arch. crist., 1899, p. 113 sq. Et je traite la question avec plus de développements au tome III des Élétnetits, 1, II, c. XI, § V.