‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 252 sur 378 · De Rossi, lac. cit., p · texte numérisé non relu

De Rossi, lac. cit., p

au Latran. Que la relique de la chaire en bois vénérée au Vatican ait d'ailleurs de bons arguments en faveur de son authenticité, c'est ce que nous verrons plus loin.

Le titre de Ste-Prisque sur l'Aventin était appelé, au ttîoyen âge, € domus Aquilae et Priscae», et une tradition assurait que S. Pierre y baptisa (ï). Nous la trouvons consignée, par exemple, dans un ancien sermon De Sanctis Aquila et Prisca (ms. Vat. 1 193), dans les Actes de Ste PrisquCy antérieurs pour le moins au X^ siècle, et dans le Liber pontificalis, à la vie de Léon III. On croyait que le ^titulus Priscae » du I V^ et du V^ siècle, devenu dès le VIII^ « titulus Aquilae et Priscae», était la « domestica Ecclesia » dont parle S. Paul dans son Épître aux Romains : « Salutate Priscam et Aquilam adjutores meos in Christo Jesu... et domesticam ecclesiam eorum » (2).

De Rossî a conjecturé qu'il devait exister des relations entre les fondateurs du titre de l'Aventin et du titre du Viminal, que peut-être Prisca, femme d'Aquila, était une affranchie ou une cliente de la mère de Pudens, Priscille, dont elle aurait pris le nom. De fait, une inscription trouvée près de Ste-Prisque au XVI 11^ siècle, et maintenant gardée dans la Bibliothèque Vaticane, nomme un Caius Pudens Cornelianus : comme c'était une «tabula patronatus», elle devait être placée dans la maison même de ce personnage (3). On peut donc penser qu'au III^ siècle, époque de cette inscription, un Pudens Cornelianus habitait dans le voisinage de Ste-Prisque, où d'autres indices nous permettent de situer aussi la maison d'Aquila et Prisca. Toutes ces coïncidences, certainement fort remarquables, nous persuadent que

1. Mai, Script, vet., V, p. 148 ; — de Rossi, Bnllett., 1867, p. 45 sq.

2. Rom., XVI, 3-5. Nous avons un autre témoignage de la même tradition dans l'inscription que nous lisons sur un chapiteau déposé dans le souterrain de Ste-Prisque : BACTiSMVM s. PETRI. Ce monument n'a évidemment aucune valeur pour fixer le lieu précis auquel se rattache le souvenir du baptême conféré par S. Pierre. Il serait absurde que S. Pierre ait baptisé dans un chapiteau creusé, qui semble d'ailleurs bien postérieur aux temps apostoliques. — Dans une érudite monographie, Mgr Carini a résumé les principaux souvenirs de cette antique église et retracé son histoire jusqu'à notre époque. Cf. Carini, Si/i titolo presbiterale di S. Prisca, Roma, 1885.

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