Cf. Éléments, t. I, p
les traditions légendaires relatives à ces deux souvenirs des Apôtres ne manquent pas d'un certain fond de vérité. Tout ceci d'ailleurs concorde bien avec ce que nous savons des hypogées sépulcraux fondés par ces familles, les premières de Rome qui aient embrassé la foi chrétienne. Après en avoir fait une étude approfondie, de Rossi affirmait que «le cimetière de Priscille sur la Via Salaria Nova est le centre vers lequel convergent, comme autant de lignes partant de points divers, les souvenirs du titre de Pudens et ceux du titre de Prisque» (i).
En réunissant les indications du calendrier Libérien, des Itinéraires, du Liber pontificalis, nous savons qu'il y avait dans le cimetière de Priscille les corps de beaucoup de saints : ceux d'Aquila et Prisca, fondateurs de l'église domestique de l'Aventin, ceux de Ste Praxède et Ste Pudentienne, filles de Pudens et contemporaines des Apôtres ; ceux de deux fils de Ste Félicité, Félix et Philippe, victimes de la persécution de Marc-Aurèle (163), puis ceux de Crescention, des papes Marcellin et Marcel, immolés tous deux dans la persécution de Dioclétien.
Lorsque Constantin eut donné la paix à l'Église, une basilique, qui porta plus tard le nom de Sylvestre, fut érigée sur le vénérable hypogée, et on y transporta des galeries souterraines un grand nombre de corps de martyrs. Les Itinéraires des pèlerins nous la décrivent avec une grande précision. Sous l'autel majeur reposaient Félix et Philippe ; à gauche en entrant, était le sarcophage du pape Marcel, et à côté ceux de ses successeurs Célestin et Vigile ; à droite, le pape Sylvestre, et à ses pieds Sirice, le successeur immédiat de S. Damase.
Ce magnifique groupe de tombeaux demeura dans le cimetière de la Via Salaria jusqu'au IX^ siècle. Après les translations solennelles des reliques de saints à l'intérieur de la ville, la catacombe de Priscille, comme les autres, fut abandonnée, oubliée, pendant tout le moyen âge. C'est seulement