‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 276 sur 378 · Ista epitaphiainvenimus in ecclesia Sci Peiri^ etc · texte numérisé non relu

Ista epitaphiainvenimus in ecclesia Sci Peiri^ etc

Suivent plusieurs inscriptions de papes enterrés àSt-Pierre, qui terminent le manuscrit.

En tenant compte du caractère de cette 6y//^^^ et de l'ordre que suit son auteur, il me semble que la conclusion suivante s'impose : insérés aussitôt après le groupe de St-Sylvestre, avec les inscriptions de Marcel, de Sirice, des SS. Félix et Philippe, qui tous, nous le savons, étaient enterrés dans la basilique de St-Sylvestre au-dessus du cimetière de Priscille, les poèmes 25 et 26 n'ont pas été copiés dans un autre endroit, mais « ad fontes » de ce groupe même de monuments, c'est-à-dire sur un baptistère annexé à cette basilique.

En effet, toutes les fois que notre anonyme quitte une localité pour se rendre à un autre, il indique par le nom du monument le nouvel endroit oia il transcrit une inscription (1) ; on ne trouverait pas dans la Sylloge un seul exemple de monument isolé qu'il n'accompagne de son nom pour le faire reconnaître. Supposons que les « fontes » mentionnés ici fussent détachés du groupe de St-Sylvestre, et placés, non sur la voie Salaria, mais soit dans un lieu éloigné, par exemple le Vatican, comme l'a supposé de Rossi, soit dans un lieu plus voisin, par exemple dans le cimetière que de Rossi a nommé Ostrien : pour rester fidèle à son système, l'auteur aurait dû ajouter quelque mot : « ad fontes S. Pétri », ou une formule analogue, sans laquelle on ne pouvait comprendre de quel baptistère il entendait parler. Au contraire, toute indication spéciale était superflue, si le baptis-

I. Le fragment reproduit ci-dessus permet de se rendre compte de la méthode de l'auteur. Elle est plus visible encore dans le texte complet delà Sylloge. Cf. de Rossi, op. cit., p. 134.

tère faisait partie du groupe même dont le pèlerin donnait la description. L'expression « ad fontes » n'appartient en propre ni au baptistère du Vatican ni à aucun autre.

On a fait observer que les inscriptions 25-26, étant enregistrées à la fin des monuments de la voie Salaria, pouvaient se rattacher au groupe d'inscriptions copiées à l'intérieur de la ville, qui viennent immédiatement après. Pourquoi alors l'auteur, si attentif à marquer le nom de chaque monument dans la ville (S^^- Apôtres, S^^- Marie-Majeure, Latran, et même ensuite basilique Vaticane ), ne donne-t-il pas le leur à ces « fontes » ? Evidemment il les juge suffisamment désignés par ce qui précède dans le contexte. C'est ainsi qu'au n. 6 de la même Sylloge, « ad fontem » indique le baptistère de l'église mentionnée au n. 4 (St-Laurent iii Daniaso). C'est ainsi encore qu'après avoir, au \\. 12, donné l'inscription de S^^ Félicité, placée dans la basilique dédiée à cette martyre sur la voie Salaria, au n. 13 l'auteur poursuit: « Isti versiculi sunt scripti in introitu ecclesiae», et reproduit aussitôt une autre inscription que nous savons avoir été en effet à l'entrée de cette basilique. L'analogie permet de conclure que les « fontes » du n. 25 appartiennent à la même basilique que les inscriptions des n°^ 21 24, c'est-à-dire à la basilique de St-Sylvestre. Plusieurs fois de Rossi a employé le même mode d'argumentation. Dans son commentaire de la Sylloge Lmireshaniensis (i), il affirme que la mention « ad fontes >, précisément parce qu'elle suit le nom de S^^-Anastasie, ne peut se rapporter qu'au baptistère de cette église ; et on remarquera qu'à S^e-Anastasie comme à St-Sylvestre, la formule pour désigner le baptistère est « ad fontes », non € ad fontem ». Pareillement le motif sur lequel il s'appuie pour attribuer le poème de la Sylloge Corbeiensis au pape Libère enterré à Priscille, c'est que ce poème a été copié au milieu des autres inscriptions de la voie Salaria (^). Il est évident que pour l'illustre archéologue l'argument tiré de l'ordre topographique des Syllogae avait une véritable valeur.

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