D.XX
Ces deux derniers fragments se trouvent près de la niche où fut autrefois le tombeau de Ste-Cécile (i) ; Tins-
1. Le nom d'Atlica est joint à celui de Caeciliana dans une inscription d'enfant que l'on peut voir près des cryptes de Lucine (gai. 45).
RÉGION DES PAPES ET DE STE CÉCILE
cription grecque de Septimius Praetextatus, dans le vestibule voisin [b].
La chapelle de Ste-Cécile a été décorée plusieurs fois ; on y voit encore des peintures des V^ VI^ et VI I^ siècles : dans le grand lucernaire, les figures d'un martyr inconnu, S. Policam, de S. Sébastien et de S. Quirin, évêque de Siscia, en Pannonie, transféré à la Platonia au V^ siècle ; sur la paroi latérale, près de l'entrée de la crypte papale, Ste Cécile, en riche costume byzantin (VI^ siècle) ; au-dessous, à gauche, le buste du Sauveur, à droite un portrait avec l'inscription SCS VR- BANVS. Des pèlerins, des prêtres, ont tracé leur nom à côté (i).L'autel portatif se plaçait devant ces peintures.
Dans la même paroi est creusée unegrande niche; c'est là que reposait dans un sarcophagele corps de Ste Cécile. Les reliques furent enlevées en 817 par le pape Pascal P^ et transportées à l'église de Ste-Cécile, au Transtévère(2);la chapellefut ensuite abandonnée, elle n'a été retrouvée qu'en 1854. Le grand
1. Sous l'image de Ste Cécile on lit, entre autres, les noms suivants : benedictvs PRB (presbyter), sergivs prb, leo prb, adeodata mater eivs, ioannes mercv- Rivs prb, FELIX PRESB SCRIN (arius Ecclesiae romanae). Quelques-uns de ces personnages assistèrent probablement à la translation du corps de la sainte, de la catacombe à sa basilique du Transtévère.
2. Cf. S. Paschalis PP. I Ep. I (Migne, Patrol. lat., t. Cil, col. 1085-1088). — Mgr Duchesne pense que le corps de Ste Cécile n'a pas été trouvé au cimetière de Calixte, mais à celui de Prétextât, où il aurait été transporté peut-être au temps de l'invasion lombarde. Cf. son édition dwLib. pont., t. II, p. 56, 65. Cette opinion n'est guère acceptable. Il vaudrait mieux admettre que le Liber pontijicalis a commis quelque confusion de noms et de circonstances dans le récit de la translation, ou que ^es corps des compagnons de Ste Cécile furent réunis au sien dans le cimetière de Calixte, ou mieux que ce dernier portait alors le nom de Prétextât.
vestibule voisin adû être creusépour la commodité des fidèles.
Dans la niche du tombeau on a placé, il y a quelques années, une copie de la magnifique statue de Maderno, qui se trouve dans la basilique du Transtévère et qui représente la sainte telle qu'elle fut retrouvée en 1599.
Chapelles sous le grand escalier. — Il y a sous le grand escalier.à droite en descendant, un groupe de chapelles [G] que M. de Rossi a jugées historiques ; elles sont décorées de marbres, comme les chapelles de martyrs ; l'architrave destinée à suspendre le voile prouve qu'on y tenait des réunions liturgiques. On voit dans la première crypte de nombreux débris de sarcophages et des « graffiti ». On a trouvé dans cette région un objet très précieux, un de ces instruments garnis de plomb, « plumbatae », qui ont servi à torturer tant de martyrs ; il est conservé au musée chrétien de la Bibliothèque Vaticane ; M. de Rossi en a donné la description (^). Peut-être ces chapelles renfermaient-elles les restes des nombreux martyrs innommés que les Itinéraires signalent dans le voisinage de Ste-Cécile ; celui de Salzbourg parle d'un groupe de 80 martyrs, un autre de 800 ; le poète Prudence fait aussi allusion à ces polyandres dans son Peristephanon {f). S. Tarsicius a pu aussi être enterré là, avant d'être placé dans la basilique de St-Sixte dans le même sarcophage que S. Zéphyrin.
Plusieurs inscriptions de cette région sont à remarquer :