Renier, Inscrip. de V Algérie, n
122 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
dans ce domaine funéraire. Le monument a été laissé à l'Église. L'inscription ayant été brisée, la communauté la restaura. * Ecclesia fratrum » pouvait être alors le nom de la société chrétienne d'Afrique; ou bien peut-être s'appelaitelle « CoUegium Cultqrum Verbi (i) ».
Enfin le catalogue philocalien paraît indiquer que les noms des papes, chefs de la communauté chrétienne, ont été officiellement connus des autorités romaines. Ce catalogue, qui mentionne les dépositions des papes de 254 à 354, et les deux tables de dépositions d'évêques et de martyrs qui s'y trouvent annexées, semblent en effet avoir la même origine que le catalogue parallèle des préfets de Rome ; ils ont dû être extraits, sous Libère, des archives de la ville. Or nous savons que les collèges funéraires, pour être reconnus, devaient fournir le nom de leur syndic. Dans la communauté chrétienne, c'était naturellement l'évêque ; à ce titre, le pape Zéphyrin avait pu préposer officiellement S. Calixte à la garde du cimetière de la voie Appienne.ainsi que le rapportent les PJiilosopJmuiena. On en conclut que les Archives conservaient les noms des évêques de Rome comme chefs de r « Ecclesia fratrum », et présidents du collège funéraire chrétien.
Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'admettre que dans tout l'Empire l'Église ait été reconnue comme une société unique ; il serait même difficile de le supposer. Il est croyable que la communauté chrétienne de chaque ville formait une société particulière, plusieurs peut-être, sans que l'autorité pût soupçonner les liens qui unissaient chacune d'elles aux autres sociétés de même nature. De plus, cette nouvelle forme de propriété n'empêchait pas l'existence de cimetières privés, dans lesquels, au moment des persécutions, purent être transférés et momentanément cachés les corps de certains martyrs, comme ceux des SS. Pierre et Paul le furent dans la Piatonia.
Telle est la solution de M. de Rossi, adoptée par le plus grand nombre des historiens et des archéologues.