MHM Sï- ZONTOi
EIPHNH nAPATOÏSlNKA^ MNHSKOMENOISnEPIHjjLQN. (s)
1. Probablement le même personnage que l'Avircius Marcellus, dont parle Eusèbe (//. jF.. , V, 16), qui était célèbre par un traité contre les Montanistes. — Cf. de Rossi, Inscript, christ., t. II, p. i, p. XVIII sq. ; — Bitllet., 1882, p. 82 ; — Duchesne, BnlUt. critiq., 1882, p. 135; Kev. des quest. historiq., 1883.
2. Cf. art. de M. Ramsay dans le /?«//«//« de correspondance hellénique, ]m\\. 1882.
3. « Citoyen d'une ville noble, j'ai élevé ce monument de mon vivant, afin que mon corps y fût déposé. Mon nom est Alexandre, fils d'Antoine, disciple du Pasteur immaculé. Si quelqu'un place un autre tombeau au-dessus du mien, qu'il paye à la caisse des Romains deux mille pièces d'or, et mille à Hiéropolis, ma chère patrie. Ecrit l'an 300, le 6, moi vivant. Paix au passant qui se souvient de nous. »
296 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
L'inscription d'Abercius serait donc antérieure à l'an 216.
De cette dernière M. Ramsay retrouva, quelques années après, deux fragments. Le plus considérable a été envoyé par le sultan Abdul-Pîamid au Souverain Pontife Léon XIII à l'occasion de son jubilé sacerdotal ; M. Ramsay y a joint l'autre fragiuent, qu'il avait emporté en Ecosse. L'inscription était gravée sur trois côtés d'un cippe sépulcral ; elle se composait de 22 vers, dont chacun formait deux lignes. Voici le texte, les majuscules représentant la partie retrouvée :
1 'E/.'/.î/.-îf,; -rj'/.ZOj- r'j -rj'l.ll
^zr^^ Zfyjz ZTzri'.r^Tx
2 ^(liv W kyui /.■x'.'jih
3 ojvo;x' 'AjÉp/.'.o? lov ô
4 oç SoV/.E'. Trpo'ii-w/ 'X-;i/.y.z
OpEJ'.V TTc^l'o'.Ç Zt
5 o'iOaXuoj; oc, i/y. •j.i-;y.'/Sjj ~i'/-r^ xaOopôJvTx;
(Ta vwfjç) •fùi\i.\J.'xz'i. -:■:-').
1er Côté :
Elect.ie civitatis hoc feci
Vivens ut habeam (cum tempus erii)
corporis hic sedem Nomen mihi Aberciiis discipulus (sum)
pastoris casti Qui pascit oviuin grèges in montibus et
agris : Ciii oculi sunt grandes ubique conspi-
cientes Is me docuit litteras fidèles (vitae).
IL Côté ^Musée de Latran)
7 Elï PQMHv 0; Î-itIz-> E.MEN BASLVîiav àlpr,--/-.
8 KAI HAILVllja/ vÀ-, /po-o.:
TOAOX XPj70-£0'.>.o/
9 AAON AEIAON ÏAV. 'i.-vy-'A; ii'I'PArEIAANE/ovTa
10 KAiïrpiHinEoov ^E'c;-/
KAlAÏTEAflA-Ta N^-'.^v.v
11 Er<[>PATH.\ALV;ia; 7T7./ THAEÏXONïrXO.x'loo;
12 nAVAONEXONElIO
IIIÏTIS -ivTT, oÈ -po7,v£ KAinAPHHHKETpo^iV/' HAXTHIXHl'NA-o -r,-;?.; IlAXMErEHH KAHapo/' ov EAPAIATOHAPHr/i-:,; iror, KAITOrTONEIIE'W/.E -k AOIÏKÏH-Eiv o'.à -avTo'; O'.vov /yr^zzoï Ï/oj'SX y.i07.iiL% o'.oojja uiî':' ip-roj
Qui Romani me misit regnum contem-
platurum Visiirumque reginam aurea stola aureis
calceis decoram Ibique vidi populum splendido sigillo
insignem Et Syriae vidi campos urbesque cunctas
Nisibin quoque Transgresse Euphrate. Ubique vero nactus sum (familiariter) colloquentes Pauluni habens...
Fides vero ubique mihi dux fuit Fraebuitque ubique cibum piscem e
fonte Ingentem purum quem prehendit virgo
casta Deditque amicis perpetuo edendum
Vinum optimum habens ministrans (vinum aquae) mixtum cum pane.
IIP Côté:
17 TaîJTa TrapjJTwç îiTtov Haec adstans Abercius dictavi heic 'ApÉpy.'.oç tooô YpatiTivai inscribenda
18 Ip'îoij.TiXOTXOv l-oç xal Annum agens vere septuagesimum Szîtzzprj^j ffj'ov àXTjôwt; secundum
19 Taijf)" 6 vocov E'jçaiTO G-sp Haec qui intelligit quique eadem sentit 'Apspxiou Trac 6 auvwôo'ç oret pro Abercio
20 où jj.Évtci'. TÛ|J.3a> xtç £ij.tij Neque quisquam sepulcro meo alterum ETîpo'v -riva ÔT^aîi superimponat
21 el ô'ouv 'Pwjxaîcov Ta;jL£tqj Sin autem inférât aerario Romanorum br\(jzi Sta'/i'Xta yj-'^^S. aureos bis mille
22 xal ypricxTi -axpfô'. 'Ispo Et optimae patriae Ilieropoli aureos 7ro).£t xO.ta /p'J<^3c mille.
Pour qui connaît le synnboHsnne de la langue chrétienne primitive, le sens de ces inscriptions n'est pas douteux. Le « chaste pasteur », c'est celui de l'Évangile, qui « aninnam suam dat pro ovibus (^) ».
L'IXerS nANMEFEeni:, c'est le poisson dont parle Tertullien (2), « nos pisciculi secundum l'/jiùv nostrum Jesum Christum in aqua nascimur », celui qui formait la nourriture des fidèles et qui toujours figure dans les banquets des catacombes. Le royaume, la reine, qu'Abercius vit à Rome, c'est la communauté chrétienne, l'Église illustre entre toutes par ses fondateurs et par sa foi (3). La vierge chaste, c'est encore l'Église, ou peut-être la T. Ste Vierge. La discipline du secret rend nécessaire ce langage mystérieux et symbolique ; mais les initiés le comprennent parfaitement : € Haec qui intelligit quique eadem sentît... ('^) ».
Le D^ Gerhard Ficker, de Halle, a contesté cette interprétation (5). Pour lui, Abercius est un prêtre de Cybèle, et l'inscription est païenne. Mais les raisons qu'il en donne ne sont guère solides. Il objecte d'abord la forme du monument : or il est certain qu'il y a eu des cippes chrétiens dans les