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GRADES DANS LA GARDE. RANG DANS L ARMEE

Major Colonel.

Chef de bataillon Major.

Capitaine Chef de bataillon.

Capitaine en 2" Capitaine en 1".

Lieutenant en 1" Capitaine.

Lieutenant en 2^ Lieutenant.

Sergent-major Sous-lieutenant.

Sergent Adjudant sous-officier.

Fourrier Idem.

Caporal Sergent.

Soldat Caporal.

Tambour Caporal-tambour.

Outre son état-major général et ses officiers administratifs, la Garde impériale se composait en 1812 des forces suivantes :

3 régiments de grenadiers à pied.

1 bataillon d'instruction à Fontainebleau.

1 régiment de fusiliers grenadiers.

6 régiments de tirailleurs grenadiers.

2 régiments de chasseurs à pied.

Infanterie ,' . .,,•,• .

\ 1 régiment de fusiliers chasseurs.

J 6 régiments de voltigeurs chasseurs.

j 1 régiment de garde nationale.

■ 1 régiment de flanqueurs.

\ 1 régiment de pupilles.

(1 régiment de grenadiers à cheval.

l régiment de dragons.

. 1 régiment de chasseurs à cheval.

Cavalerie . . , ' . , ,

j I escadron de mameloucks.

[ 3 régiments de chevau-légers lanciers. \^ 2 escadrons de gendarmerie d'élite.

/ 1 régiment d'artillerie à pied.

\ 1 régiment d'artillerie à cheval.

Arthifrik • '

) 1 compagnie de pontonniers ouvriers-

' 2 bataillons du irain d'artillerie.

I 1 bataillon du génie.

GÉNIE i . .

^ 1 compagnie de sapeurs.

UKGM-: 1)K iNAl'OLKON l". 95

Marine 8 compagnies de marins.

il bataillon du train dos équipages.

1 conipagnie do vétérans.

1 compagnie de caDOODiers-vétérans.

La Garde impériale reçut encore des augmentations dans les années suivantes ; nous nous bornerons à indiquer les trois régiments (Véclaircurs à cheval créés en 1813, et les régiments de volontaires organisés en ISlZi avec des ouvriers sans ouvrage et placés à la suite de la Jeune garde.

{^ 11, Klabllsseiueuts. — L'École spéciale militaire, ci^éée à Fontainebleau sous le Consulat, fut transférée à Saint-Cyr le 2â mars 1808.

L'Ecole d'instruction, établie à Versailles pour les troupes à cheval, fut négligée sous l'Empire et finit par disparaître; mais en revanche un décret impérial en date du 8 mars 1809 institua à Saint-Germain une Ecole militaire spéciale pour la cavalerie. On entrait à cette Ecole à l'âge de seize ans ; on y passait trois ou quatre années d'exercices et d'études, après lesquelles on obtenait le grade de sous-lieutenant dans un régiment de cavalerie. Il sortait annuellement de 150 à 200 officiers de l'Ecole de Saint-Germain, qui complétait les vues de Napoléon sur l'arme de la cavalerie.

L'Empereur avait fondé, le 31 août 1805, le Prytanée militaire de la Flèche, collège militaire destiné à l'instruction des fils d'officiers. Cet établissement contenait des jeunes gens élevés aux frais du gouvernement et des jeunes gens payant pension; les uns et les autres entraient, après examen, aux Ecoles de Fontainebleau et de Saint-Germain ou à l'Ecole polytechnique.

Cette dernière Ecole ne pouvant, malgré la rapidité avec laquelle les promotions en sortaient, parvenir à fournir assez d'ofticieis pour entretenir le personnel nombreux de l'artillerie, l'Ecole de Saint-Cyr fut momentanément appelée à fournir aussi des officiers à celte arme.

§ 12. Armées. — L'organisation des armées reçut dans

celle période deux modificalions imporlantes. Les divisions, au lieu de comprendre des troupes de toutes les ai'mes, ne conlinrent plus qu'une seule arme, cavalerie ou infanterie avec une batterie d'artillerie comme accessoire. On groupa plusieurs divisions ensemble pour former un corps d'armée^ nouvelle fraction qui s'introduisit dans l'organisation des armées actives ; le commandement d'un corps d'armée fut confié à un maréchal d'Empire ou à un général de division. Les corps d'armée se composaient de divisions d'infanterie et de divisions de cavalerie dans des proportions variables ; on vit cependant des corps d'armée entièrement composés de cavalerie et destinés à faire des charges décisives à la fin d'une bataille.

La réunion de plusieurs corps d'armée formait une armée. L'armée qui partit en 1805 des côtes de l'Océan pour aller vaincre à Ulm et à Auslerlitz, et qui était sous les ordres directs de l'Empereur, reçut de ce souverain le litre de Grande armée; elle acquit sous ce nom une gloire immortelle. Elle comprenait 7 corps d'armée; chacun d'eux, fort de 2 à 5 divisions, était complet en infanterie et en artillerie, mais n'avait que peu de cavalerie, le gros de celte arme formant réserve.

§ 13. Inslilulions honorifiques. — Napoléon disposa, comme moyens rémunératifs, d'un avancement rendu très rapide par les chances de la guerre et par l'accroissement de nos troupes, et des décorations de l'ordre de la Légion d'honneur (1).

Comme il tenait à récompenser dignement les officiers qui exposaient continuellement, sous sa direction, leurs jours pour la gloire de la France, il rétablit la noblesse et distribua des titres de duc, comte, baron, chevalier. Les maréchaux furent créés princes et ducs : par exemple, Masséna devint prince d'Essling et duc de Rivoli ; Davoust devint prince d'Eckmuhl et duc d'Awerstaedt ; Berlhier, prince de Neuf-

(1) Il fonda en 1809, à Saint-Denis, une maison d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'honneur.

RKnNR DE NAPOLÉON l", 97

clhitel et (le Wagiaiii ; Soult, due ilo Dalinatie ; Siichel, duc d'Albufera. Des généraux de division reçurent le titre de comte ou celui de baron : les généraux Bertrand, Schrainm, Clausel, Defrance, Valée, Guilleminot, devinrent comtes- les généraux Haxo, Pelet, Marulaz, furent créés barons. Des généraux de brigade, des officiers supérieurs reçurent également des titres : Bardin devint baron, n'étant ([ue colonel. Des dotations en biens fonciers ou en argent venaient s'ajouter aux concessions de ces titres. L'Empereur n'accordait i)as ces dotations uniquement aux officiers anoblis ni même uniquement aux officiers. Ainsi l'on vit dans la campagne de 1809, après la prise de Batisbonne, de simples soldats recevoir des dotations de 1,500 francs de rente (1).

§ U. Méthode de guerre. — Au commencement de l'Empire, il y avait un demi-siècle que la tactique avait été fixée dans les camps prussiens. Napoléon la modifia peu. L'usage de l'ordre en colonne, surtout de la colonne centrale de l'ordonnance, se multiplia. On combattit quelquefois par le troisième rang. Le carré devint une formation régulière pour l'offensive comme pour la défensive. On adopta contre la cavalerie les feux successifs par rangs ; on exerça les troupes à remuer la terre. A leur expérience de la guerre, les généraux joignirent la science des grandes manœuvres, puisée primitivement dans les exercices à grande écbelle du fameux camp rassemblé à Boulogne de 1S02 à 1805 ; dès lors les brigades, les divisions, les corps d'armée manœuvrèrent avec la même précision qu'un bataillon , et cette précision fut une des causes de nos succès.

Napoléon excellait dans la stratégie, et l'on a dit avec raison que la stratégie résultait de ses campagnes, comme jadis la tactique était sortie des camps prussiens. Il possédait toutes les qualités d'un grand général; il savait surtout parler à ses soldats, et ses paroles de flamme (2) produisirent

(1) Thiers, Histoire du Consulat et de VEmpire, t. X, p. nS.

(2) Expression du 5^ bulletin de la Grande armée, en date du 12 octobre 4805.

de merveilleux résultats. Il était lui-même son véritable chef d'état-major, grâce à sa faculté de se représenter en imagination les terrains en relief, grâce surtout à sa prodigieuse mémoire qui lui permettait de dicter des ordres d'une rigoureuse exactitude.

Sa méthode consistait à concentrer ses forces, puis à tomber comme la foudre sur l'ennemi divisé, mettant à profit le temps et les fautes de ses adversaires. Son génie multiple, à la fois militaire, politique, administratif, secondé par la puissance suprême, conçut et exécuta les plans stratégiques les plus vastes, les plus hardis, les plus inattendus. Ses campagnes de 1800 et de 1805, où il tourna si heureusement la position des Autrichiens, resteront comme des types d'opérations à consulter.

Dans ses batailles, il disposait ses troupes suivant les circonstances et les lieux, et l'on peut dire qu'il a vaincu avec les arrangements les plus divers. Il employait sa réserve au moment où l'ennemi l'avait le moins prévu, de manière à produire ce qu'il nommait un évétiement .

L'infanterie, son arme de prédilection, faisait au moins dix lieues par jour, combattait à son arrivée, puis se reposait après la victoire. La cavalerie lui servait de réserve spéciale. L'artillerie devint entre ses mains une arme terrible ; il la multiplia vers la fin de son règne, parce qu'il avait des soldats de nouvelle levée.

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