RESTAURATION
Examinons maintenanl les modifications apportées par la Restauration aux institutions et aux organisations militaires de l'Empire, en suivant les mêmes subdivisions, qui deviendront ainsi de véritables points de repère destinés à faciliter l'étude de cette partie des Eléments cVart et d'histoire mili' t aires.
§ 1er. Recrutement. — La Restauration , en prenant le gouvernement de la France, trouva une population fatiguée du fardeau des dernières guerres, et pour la satisfaire abolit la conscription par un article de la Cbarte de 181/i. C'est pourquoi elle revint, pour recruter l'armée, au système des enrôlements volontaires avec prime de 50 francs. Ce système ne put suflire, et le maréchal Gouvion Saint-Cyr, ministre de la guerre, présenta un projet de loi qui, amendé par les Chambres, devint la loi du 10 mars 1818. Cette loi posait comme premier principe de recrutement l'engagement volontaire sans prime, et comme second principe les appels par un tirage au sort. La durée du service était fixée à six ans; les congédiés se trouvaient en outre assujettis, en cas de guerre, à un service à l'intérieur du territoire pendant six autres années, ce qui constituait une bonne réserve. La loi du 9 juin 182/i abandonna malheureusement ce système, auquel depuis on n'est jamais revenu ; elle porta la durée du service à huit ans, et supprima le service que devaient les anciens soldats en cas de guerfe.
§ 2. Hiérarchie. — Les premiers grades de la hiérarchie changèrent de dénominations. Ainsi le maréchal d'Empire redevint maréchal de France, le général de division s'appela lieutenant général, le général de brigade prit le titre de
dOO PRÉCIS DES INSTITITIONS MILITAIRES.
niaréelial de camp. Les fonctions de ces grades restèrent les mêmes.
Le major, existant sous l'Empire dans cliaqiie régiment, devint lieutenant-colonel, et un major, du grade de chef de bataillon et chargé de la surveillance de l'administration, fut créé.
L'otTicier porte-aigle prit le nom de porte-drapeau; les porte- aigle sous-officiers furent supprimés.
Le caporal-fourrier de chaque compagnie devint sousofficier à partir de 1822.
§ 3. Avanceminl. — Les conditions de l'avancement furent réglées par la loi du 10 mars 1818 sur le recrutement, loi rendue sous le ministère du maréchal Gouvion Saint-Cyr, qui chercha par ses dispositions à paralyser les avancements trop rapides dus à la faveur ; de là les avantages qu'elle accorda à l'ancienneté.
D'après cette loi, nul ne pouvait être promu sous-officier, s'il n'avait vinsït ans d'âge et deux ans de service ; nul ne pouvait être promu officier, s'il n'avait deux arss de grade de sous-officier ou suivi avec succès les cours d'une école militaire. TJn tiers des sous-lieutenances de la ligne était accordé aux sous-officiers. L'ancienneté avait droit aux deux tiers des grades de lieutenant, capitaine, chef de bataillon ou d'escadron, lieutenant-colonel. Pour être promu à un grade supérieur, il fallait quatre ans de grade.
Les officiers de la Garde royale avaient dans l'armée le rang et le litre immédiatement supérieur au grade qu'ils occupaient dans la Garde. Dansl'origine, après quatre années de service dans la Garde, ils pouvaient passer dans la ligne avec le grade supérieur ; plus tard, ils n'obtinrent le brevet du grade supérieur qu'après huit ans de service dans la Garde.
§ h. Élal-niajor. — Après la guerre de Sept Ans, Frédéric créa un corps d'élat-ir.ajor. Napoléon attacha moins d'importance à SOS officiers d'état-major, qui, désignés sous le
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nom bizarre d'adjutlanls-coniniaiidaiils, obliiireiit peu d'avancetnent. 11 déplora ee falal système a[)rès la retraite de Leipzig; car, suivant l'expression du général yi«rf/m, il s'aperçut alors (ju'/Z iiavait pour officiers d^état-major que des hommes d'edécudon et de cœur, mais pas d' /tommes assez instruits, et s'il fût resté au pouvoir, il eût probablement organisé un corps d'état-major. C'est sans doute pour répondre à cette intention d'un guerrier aussi éminent que l'Empereur que le marécbal Gouvion Saint-Cyr, alors ministre de la guerre, provoqua l'institution du Corps d'étatmajor et de son Ecole d'application, qui fut effectuée par l'ordonnance du 6 mai 1818; il le destinait à être la pépinière des aides de camp et des ofticiers des bureaux de l'état-major. A sa formation, le corps reçut l'effectif suivant :
30 colonels.
30 lieutenants-colonels.
90 chefs de bataillon.
270 capitaines.
125 lieutenants.
Total... 545
Ce nombre total fut réduit à /i50 par l'ordonnance du 10 décembre 1826, qui institua un comité d'état-major.
Malgré cette création , le corps des ingénieurs géograpbes continua d'exister ; la Restauration réduisit à 84 le nombre des officiers de ce corps , et diminua le nombre des bauts grades pour accroître celui des lieutenants.
Le corps des Inspecteurs aux revues et celui des Commissaires des guerres furent réunis en 1817 en un seul et même corps d'administrateurs, qui prit le nom (ïinte?idance militaire. Les fonctionnaires de l'Intendance devinrent les déléyués du Ministre de la guerre en fait d'administration, et réunirent les fonctions des inspecteurs aux revues et des commissaires des guerres. Une ordonnance de 1822 prescrivit de les recruter parmi les officiers des troupes de ligne.
Au l^"" janvier 1826, le corps de riiitendance militaire se composail de :
Inteodants militaires 29
f de 1" classe.. 25 n Sous-intendants. . | je 2'= classe . . 50 | ... 189 ^ 272
N de 3" classe .. 114 J Adjoints 54
Dans rélat-major des places , les commandants d'armes reprennent l'ancien titre de lieutenaiits de roi. Cet étatmajor comprenait en 1826 :
118 lieutenants de roi (maréchaux de camp, colonels, lieutenants-colonels, chefs de bataillon).
10 majors de place (lieutenants-colonels ou chefs de bataillon). 230 adjudants de place (colonels, lieutenants-colonels, chefs de bataillon, capitaines et lieutenants).
96 secrétaires-archivistes (capitaines, lieutenants, sous-lieutenants, sous-offlciers).
Total. 4 54
§ 5. Infanterie. — Après le licenciement de l'armée de la Loire, une ordonnance du 3 août 1815 créa une légion d'infanterie par département; chaque légion portait le nom de son département. Ces légions étaient des corps mixtes : chacune d'elles se composait d'un état-major, de deux bataillons d'infanterie de ligne, d'un bataillon de chasseurs à pied et de trois cadres de compagnies formant le dépôt. On devait y ajouter une demi-compagnie (1) A' éclaireuî^s à cheval, qu'on ne forma jamais, et une demi-compagnie (1) d'artillerie, qui fut bientôt incorporée dans les régiments de cette arme. Cette organisation était défectueuse en ce sens qu'elle mélangeait, pour le temps de paix et d'instruction, les armes, c'est-à-dire ce qui doit rester séparé hors de l'état de guerre, et faisait revivre l'esprit provincial ; mais il est juste d'ajouter sur ce dernier défaut que cet esprit provincial constituait alors une force réelle dans chaque localité, force
(1) Je dis demi-compagnie, parce que l'effeclif était d'un lieutenant , d'un sous-lieutenant et de 46 sous-officiers et soldats.
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éminemment défensive et la seule à opposer en ce moment avec quelque chance de succès, s'il en avait été besoin, aux troupes étrangères qui occupaient le sol de la Patrie.
En 1820, après le départ des alliés, on prononça le licenciement des légions départementales, et l'on revint aux formations régimentaires. 60 régiments d'infanterie de ligne et 20 régiments d'infanterie légère furent créés. Les ZiO premiers régiments de ligne eurent 3 bataillons ; les 20 derniers, ainsi que les 20 régiments d'infanterie légère, eurent seulement 2 bataillons. Le bataillon comprenait 8 compagnies, dont 2 d'élite et 6 de fusiliers. Les seules modifications importantes apportées à cette organisation avant 1830 consistent dans la formation d'un troisième bataillon dans chacun des 20 derniers régiments d'infanterie de ligne, et dans la création de A nouveaux régiments de ligne.
§ 6. Cavalerie. — Licenciée et réorganisée tout à la fois par l'ordonnance du 30 août 1815, la cavalerie resta composée jusqu'en 1830 de hS régiments, savoir :
2 régiments de carabioiers.
6 régiments de cuirassiers.
10 régiments de dragons.
24 régiments de chasseurs.
6 régiments de hussards.
On revint au système de l'escadron-compagnie : chaque régiment dut' comprendre quatre de ces escadrons ; mais cette disposition ne fut à l'origine qu'imparfaitement exécutée. La suppression des lanciers dans la cavalerie de la ligne provint, suivant les uns, de la jalousie des étrangers contre cette arme ; suivant les autres, de ce que l'utilité des lanciers comme régiment n'était pas encore complètement reconnue en France. On remédia à leur absence en donnant la lance au dernier escadron de chaque régiment de chasseurs.
Les régiments de grosse cavalerie portaient les noms des princes de la famille royale ; en 1826, cette mesure fut étendue au l^r régiment de chasseurs à cheval , qui prit le nom de chasseurs de Nemours.
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§ 7. Arlillorie. — En 1815, i'arlillcrie reçut une nouvelle organisation ; elle comprit un état-major de 350 officiers, un nombre suffisant d'employés civils et militaires, 12,000 hommes de troupe, et 2,/iOO chevaux de selle et de trait.
Le nouveau matériel d'artillerie, qui se rapproche de l'artillerie anglaise, fut adopté en 1829 pour remplacer le système Gribeauval. Une ordonnance de la môme année modifia le personnel. Elle donna le même rang aux canonniers cort" chicteiirs et aux canonniers servants, qu'elle réunit sous le même commandement dans une batterie de six bouches à feu aux ordres d'un capitaine. Elle distingua les batteries en batteries à cheval, batteries montées (1) et batteries à pied, et comprit ces trois espèces de batterie dans le même régiment, mêlant ainsi, dans un but de simplification, toutes les spécialités actives de l'arme.
L'ordonnance de 1829 institua un train des parcs pour le transport des parcs de campagne, des équipages de siège et de ponts, ainsi que des approvisionnements divers de l'artillerie. Elle conserva Tancienne organisation des pontonniers et des compagnies d'ouvriers.
Voici, d'après cette ordonnance, la composition de l'artillerie de la ligne :
10 régim., ctiacun de 16 batteries dont 3 à cheval, 6 montées et 7 à pied.
1 bataillon de pontonniers de 12 compagnies. 12 compagnies d'ouvriers.
1 compagnie d'armuriers (en temps de guerre seulement).
6 escadrons du train des parcs, chacun de 6 compagnies.
§ 8. Génie. — Les sapeurs et les mineurs avaient traversé la période impériate organisés en bataillons ; la Restauration les forma en régiments. Trois régiments du génie furent
(1) Dans les halleries montées, la construction du matériel permet de transporter au besoin les canonniers servants sur les affûts et sur les caissons, ce qui accélère beaucoup les mouvements par rapport à ceux des batteries à pied : la création de ces batteries mixtes constitue un grand progrès apparteuant en propre à l'organisation de 1829.
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créés en 1815 : l'im à iMetz, l'autre à Arras, l'aulrc à Montpellier, villes où ils devaient tenir garnison. Chacun de ces régiments se composait d'un état-major, de deux bataillons et d'une compagnie de dépôt ; le bataillon comprenait six compagnies, dont ciii<i de sapeurs et une de mineurs. Une compagnie d'ouvriers et un escadron du train du génie complétaient les troupes de cette arme.
L'élat-major du génie fut fixé en 1817 à 350 officiers, nombre reconnu ensuite insuffisant, et porté en 1824 à ZiOO. Un personnel de 500 employés et gardes secondait les officiers dans les différentes branches du service de l'arme.
§ 9. Maison militaire du Roi. — Pour s'entourer d'une manière brillante, suivant les traditions de la monarchie, et pour donner satisfaction à un grand nombre d'ambitieux intérêts, Louis XVIII s'entoura d'une Maison militaire et créa une Garde royale.
La Maison militaire comprit :
4 compagnies de gardes (à cheval) du corps du Roi.
! compagnie des Cent-Suisses, qui devint plus tard la compagnie des
gardes (à pied) du corps du Roi.
2 compagnies des gardes (à cheval) du corps de Monsieur (frère du Roi),
réduites en 1819 à une seule compagnie.
Les simples gardes du corps, soldats de ces compagnies, étaient des officiers du grade de lieutenant ou de sous-lieutenant..
La Garde royale, instituée par l'ordonnance du l^»* septembre 1815, fut composée d'hommes d'élite sortant de l'ancienne Garde impériale qui avait été licenciée, ou choisis dans les régiments de l'armée. Organisée activement dès le principe en brigades et en divisions, elle eut des chefs et des états-majors permanents. Son infanterie formait deux divisions fortes chacune de deux brigades, chaque brigade comprenant deux régiments. Une de ces quatre brigades était suisse. Chaque régiment avait trois bataillons de six compagnies de 93 hommes, officiers compris. La force totale de l'infanterie montait à environ 17,000 hommes.
La cavalerie de la Garde royale formait également deux divisions, c'est-à-dire quatre brigades ou huit régiments, dont un de lanciers, le seul de cette arme qui existât sous la Restauration. Chacun de ces régiments avait six escadrons de 132 hommes et 120 chevaux chacun, ce qui portait la force totale de la cavalerie à 7,000 cavaliers environ et 6,000 chevaux.
Une batterie se trouvait annexée à chaque brigade d'infanterie, une autre à chaque division de cavalerie. Ces batteries formaient par leur réunion un régiment d'artillerie à pied et un régiment d'artillerie à cheval, comprenant ensemble un effectif d'environ 1,000 hommes.
La force totale de la Garde peut donc s'évaluer à 25,000 hommes : c'est le chiffre du pied de paix; celte force devait s'élever sur le pied de guerre à 3^,000 hommes.
Le Roi s'était réservé le titre de colonel général de la Garde royale. Quatre maréchaux de France, ayant le grade de major général, commandaient cette garde alternativement et par quartier.
§ 10. Établissements. — L'École spéciale militaire subsiste à Saint-Cyr pendant la durée de la Restauration, et continue à former des officiers pour toutes les armes, sauf pour les armes spéciales (artillerie, génie, ingénieurs géographes) qui s'aHmentent à l'Ecole polytechnique. Le Prytanée de La Flèche prend le nom à' Ecole militaire préparatoire, et fournit chaque année la moitié des élèves admis à Saint-Cyr.
L'Ecole des pages établie par Napoléon, conservée par Louis XVIII et Charles X, fournit des sous-lieutenants à l'armée concurremment avec l'Ecole de Saint-Cyr.
Une ordonnance du 23 décembre 181ZI, rendue pendant le ministère du maréchal Soult, créa à Saumur une École d.' instruction pour les troupes à cheval, destinée à former des instructeurs pour les corps de cavalerie, qui durent y envoyer chacun quatre élèves, deux officiers du grade de lieutenant ou sous-lieulenant, et deux autres élèves du grade
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de maréchal des logis ou brigadier. Cette École fut supprimée en 1822.
L'année suivante, une Ecole d'application de cavalerie fut instituée à Versailles, dans les Ecuries d'Artois^ en remplacement de l'Ecole de Saint-Germain , réunie en 181/i à celle deSaint-Cyr. Pour être admis à l'Ecole de Versailles, il fallait avoir été pendant deux ans élève de l'Ecole royale militaire de Saint-Cyr et avoir obtenu le grade de sous-lieutenant de cavalerie. L'instruction pratique roulait sur l'Iiippiatrique, la maréchalerie, l'équitation, les exercices à cheval, les manœuvres de la cavalerie ; l'instruction théorique embrassait l'administration, l'art militaire, le dessin et l'allemand, dont les cours étaient continués par les professeurs de Saint-Cyr. Un colonel dirigeait cette Ecole, placée sous le commandement supérieur du général commandant l'Ecole de Saint-Cyr. Une ordonnance en date du 11 novembre 182/i transféra l'Ecole de Versailles à Saumur. Réorganisée le 10 mars 1825, l'Ecole de Saumur prit le titre d'Ecole royale de cavalerie, et devint à la fois École d'insMœtioji pour les officiers détachés des régiments, et École d'application pour les sous-lieutenants sortant de l'École spéciale militaire.
§ 11. Armées. — Nous avons peu de choses à dire sur les armées de la Restauration ; leur organisation fut à peu près calquée sur celle des armées impériales.
La campagne de 1823 en Espagne fit revivre le système des divisions mixtes. Dans cette expédition, l'armée française, forte de 80,000 hommes environ, se composait de h corps d'armée et une réserve. Le corps d^armée comptait 2 divisions de 3 brigades chacune, la brigade comportant 2 ou 3 régiments, dont quelques-uns de cavalerie légère ; les deux premiers corps avaient en outre chacun une division de dragons de h régiments. Enfin 8 bataillons et 7 régiments de cavalerie formaient la réserve.
Le corps expéditionnaire débarqué en Morée le 30 août 1828 , sous les ordres du général Maison , montait à
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1/1,000 hommes et 1,500 chevaux divisés en 3 brigades : les brigades Tiburce Sébastian!, Higonot et Schneider. Cette dernière , après notre évacuation de 1829 , resta encore comme brigade (V occupation, et séjourna dans le pays jusqu'au mois d'août 1833.
Quant à l'armée qui s'embarqua le 11 mai 1830 à Toulon pour aller conquérir l'Algérie, elle se composait de 3 divisions d'infanterie fortes chacune de 3 brigades et de 2 escadrons de cavalerie. Sa force totale atteignait au chiffre de 37,331 hommes et /i,008 chevaux.
Pendant les dix-sept années de la Restauration , Tensembledes forces françaises ne dépassa pas 226,000 hommes, chiffre qui correspond à l'année J828.
§ 12. InsliUUions honorifiques. — Louis XVIII reconnut la noblesse créée par TËmpereur, et adopta la Légion d'honneur qu'il constitua en ordre de chevalerie sous la dénomination à'Ordre royal de la Légion d'honneur. L'ordre comprit alors cinq classes : des grands-croix, des grands officiers, des commandeurs, des officiers, des chevaliers ; l'effigie de Henri IV remplaça sur les décorations l'eftlgie de Napoléon I". Il fallut d'abord vingt cinq ans de fonctions civiles ou militaires exercées avec distinction pour obtenir la croix de chevalier ; une ordonnance de 1829 réduisit le temps de service exigé à vingt années.
Par le fait même de la Piestauration, les ordres de Saint- Louis et du Mérite militaire reprirent vigueur et furent de nouveau conférés par le Roi aux officiers. Dans les cérémonies publiques, les chevaliers de Saint-Louis prirent rang avec les officiers de l'ordre de la Légion d'honneur par ancienneté de nomination, disposition qui résulte de ce que l'ordre de Saint-Louis ne renfermait pas de classe intermédiaire entre les chevaliers et les commandeurs.