‹ Éléments d'art et d'histoire militairesChapitre 18 sur 91 · GOUVERNEMENT DE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE

L(î gOLivcriioment de 1830 commença par licencier les corps privilégiés, tels que les gardes du corps, la garde royale, les régiments suisses ; il n'entretint jamais de maison militaire.

L'attitude que ce gouvernement fut obligé de prendre visà-vis de l'Europe, et la possession de l'Algérie conquise peu avant sa chute par la Restauration, donnèrent lieu à un grand nombre de créations qui augmentèrent l'armée et changèrent en partie son aspect. Indiquons successivement ces créations.

§ 1". Recriitemcnl. — Une nouvelle loi, celle du 21 mars 1832, régit les conditions du recrutement. Elle déclare que tout Français se doit à la défense de la Patrie, fixe cà 5.2/j^ ans la durée du service, admet les appels par un tirage au sort comme le principe fondamental du recrutement, en permettant aux appelés de se faire remplacer, et considère les engagements volontaires comme un moyen secondaire. Elle exige chaque année un contingent (nommé classe) de 80,000 jeunes gens âgés de vingt ans révolus, c'est-à-dire environ le § de ceux remplissant cette condition, et cela dans le but d'avoir constamment sur pied une armée de 500,000 hommes, chiffre calculé sur le — de la population de la France à la date de 1832.

§ 2. Hiérarchie. — La hiérarchie n'éprouve, par rapport à ce qu'elle était sous la Restauration, d'autre modification que le rétablissement, en 18/17, de la dignité de maréchalgénéral de France en faveur du duc de Dalmatie (Soultj, maréchal depuis 1804 et ministre delà guerre habile.

§ 3. Avancement Les règles de l'avancement sont modifiées par la loi du lA avril 1832 qui exige six mois de service pour être nommé caporal, six mois passés dans le grade de caporal pour être promu sous-officier, deux ans passés dans le grade de sous-officier ou dans une école pour obtenir le grade de sous-lieutenant. Toutes ces nominations se font au choix. Quant aux autres grades, l'ancienneté a droit, en temps de paix, aux grades de lieutenant et de capitaine dans la proportion des | des places vacantes, et au grade de chef de bataillon ou d'escadron dans la proportion de —■ des vacances. Les avantages accordés à l'ancienneté se trouvent donc moindres que sous la loi de 1818.

§ h. État-niiijor. — L'ordonnance du 22 février 1831 fondit le corps des ingénieurs géographes dans le corps d'étatmajor qui, porté à 5(50 officiers, ajouta dès lors la spécialité de la topographie à la destination de fournir des aides de camp et des officiers des bureaux de l'état-raajor.

Dans l'état-major des places, les lieutenants de roi prirent la dénomination de commandants de place. Cet état-major fut réduit à 270 officiers.

Le cadre de l'intendance ne comprenait, sous le règne de Louis-Philippe, que 2/i6 membres.

§ 5. Infanterie La révolution de juillet 1830 et les

événements qui en furent la suite ayant amené en France un grand nombre de réfugiés étrangers, le gouvernement songea aux moyens d'occuper utilement ceux qui avaient déjà porté les armes : la loi du 9 mars 1831 autorisa la création d'une légion d'étrangers, sous la condition qu'elle serait employée hors du territoire continental de la France. Cette légion, connue sous la dénomination de légion étrangère, fut formée avec des réfugiés ou déserteurs de toutes les nations, groupés en six bataillons : quatre allemands, un italien, un espagnol, plus une compagnie polonaise. Cette légion servit d'abord en Algérie; en 1835, elle passa au service d'Espagne. Réorganisée peu après, elle comptait en 18/iO deux régiments

Page 1