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CHAPITRE YlII

Nous comprenons sous cette dénomination le temps qui s'est écoulé du '2/i février 18Zi8 au 2 décembre 1852, jour où le réUiblissement de l'Empire a été proclamé.

Les changements de cette période portent principalement sur des réductions. Ainsi le nombre des ofticiers généraux fut diminué; l'effectif du corps d'état-major fut fixé à .520 officiers , celui de l'intendance militaire à 240 membres, et celui de l'état-major du génie à hbO officiers. Les écoles secondaires de tir disparurent.

Le Gouvernement provisoire rétablit les dénominations de généi^alde divisioji et de général de brigade consacrées par les guerres de la République et de l'Empire, et plus rationnelles que celles de lieutenant général et de maréchal de camp qu'elles remplaçaient (1).

Les bataillons de chasseurs d'Orléans reprirent la dénomination de chasseurs à pied. Un décret du 22 mars 1848 rétablit la sixième compagnie du centre dans chacun des bataillons d'infanterie de ligne ou légère.

Trois créations distinguent cette période, celles de la garde mobile^ des guides, de la médaille militaire.

Un arrêté du 25 février 1848 institua 24 bataillons de garde nationale mobile .^ recrutés parmi les gardes nationaux âgés de seize à trente ans, et s'engageant volontairement pour un an. Chacun de ces bataillons formait corps, se composait de 8 compagnies de 131 hommes chacune, et était

(1) « Ces dénominations, a dit le général Préval , sont sinapleraent une conséquence de l'excellente organisation divisionnaire. Aussi les généraux émigrés ne firent, à leur retour en 1814, aucune difficulté de les adopter, et ne désapprouvèrent pas moins que les autres officiers généraux la suppression qui bientôt en fut faite. » {Commentaires qui accompagnaient le projet d'ordonnance sur le service des armées en campagne du 3 mai 1832, p. 8.)

120 PRÉCIS DES INSTITUllONS MILITAIRES.

désigné par un numéro de classement (de 1 à 2/i). Les gardes mobiles, habillés comm.o la garde nationale fixe et armés comme la ligne, recevaient chacun une indemnité journalière de 1 fr. 50 c, qu'ils fussent sous-officiers, caporaux ou soldais. Les officiers recevaient la solde attribuée à leur grade dans l'infanterie de ligne. Un 25^ bataillon fut créé peu après. La garde nationale mobile devait pouvoir marcher aux frontières en cas de guerre ; elle a rendu des services pour la répression de fémeute dans les journées de juin 18Zi8. Réduite bientôt à 6 bataillons, elle a été ensuite définitivement licenciée.

L'ordonnance du 8 septembre IS/jl, portant organisation des cadres de l'armée, avait déclaré qu'il serait formé en cas de guerre, ^;owr le service des états-majors des armées, 2 régiments de chasseurs à cheval guides. Cette idée fut mise en application le h avril 18/i8 par l'arrêté qui créa 8 escadrons de guides « pour le service de la correspondance et des états-majors ». Chacun de ces escadrons contenait 160 hommes, officiers compris, et formait corps. 5 seulement ont été mis sur pied. Sur ces 5 escadrons, 3 ont été supprimés en 1850; les deux autres ont subsisté jusqu'au 23 octobre 1852, époque à laquelle ils ont été licenciés, ainsi que le 13'' régiment de chasseurs à cheval, pour servir à la formation du régiment de guides actuel.

Le piince Louis-Napoléon, alors Président de la République française, a institué, par décret du 22 janvier 1852, une Médaille militaire, donnant droit à 1 00 francs de rente viagère, en faveur des soldats et sous-officiers des armées de terre et de mer. Cette médaille est d'argent et surmontée d'un aigle ; elle porte d'un côté l'effigie du Prince, de l'autre la devise : Valeur et discipline. On l'attache sur l'uniforme, au côté gauche de la poitrine, suspendue à un ruban jaune avec un liséré vert.

La médaille militaire est accordée, sur la proposition du ministre de la guerre ou de la marine, aux militaires et marins qui se trouvent dans les conditions suivantes :

1" Aux sous-officicrs, caporaux ou brigadiers, soldats ou

SFXONDE rKUlODC RÉPUBLICAINE. 121

marins, qui se seront rengagés après avoir fait un congé, ou à ceux qui auront fait quatre campagnes simples.

2° A ceux dont les noms auront été cités à l'ordre de l'armée, quelle que soit leur ancienneté de service.

3» A ceux qui auront reçu une ou plusieurs blessures en combattant devant l'ennemi ou dans un service commandé.

li° A ceux qui se seront signalés par un acte de courage ou de dévouement méritant récompense (1).

La médaille militaire peut

. i; MEDAILLE MILITAIRE.

se porter avec la croix de la Légion d'honneur ; mais la rente viagère de 100 francs y attachée ne peut se eu- ^„ ,^^^^^^,

muler avec le traitement de ^'^^ îî"^^^^^^^^ ^ la Légion d'honneur. Celle ---=<^*

rente et ce traitement sont chacun incessibles et insaisissables. ^'^'^''

Ajoutons, comme annexe r//w^. « |^\\\

de ces détails, que le décret *^^

précité du 22 janvier 1852 §Wff:"' J"

a rétabli en faveur des of(i- (mp >*^"î' llif/]

ciers des armées de terre et ^^^"^^ ^

de mer, promus dans la Légion d'honneur postérieurement audit décret, les traitements ci- dessous:

Chevalier 250

Officier 500

Commandeur 1000

Grand-officier 2000

Grand-croix 3000

lesquels se conservent une fois en retraite. Depuis cette

(1) Le décret du 27 mars 18r32 alTecte le chAteau de Rambouillet à l'établissement d'une maison d'éducation pour les filles des militaires décorés de la médaille.

époque (1) , la forme de la décoration de la Légion d'honneur est telle qu'elle avait été adoptée par Napoléon 1er.

Mentionnons , comme dernière institution de cette période, la création (2) d'une portion permanente de l'armée d'Afrique destinée à servir constamment dans cette contrée, composée des corps acclimatés et les plus propres à lutter contre les Arabes, à savoir des zouaves (3), de l'infanterie légère d'Afrique, des tirailleurs indigènes, de la légion étrangère, des chasseurs d'Afrique et des spahis.

La seule guerre entreprise par la France sous la seconde République est l'expédition de Rome en 18û9. Le corps d'armée chargé de la faire portait la désignation officielle de Corps expéditionnaire de la Méditerranée , obéissait au général de division Oudinot, se composait de 3 brigades (4) fortes ensemble de 6 régiments d'infanterie et 1 bataillon de cbasseurs à pied ; 50 cavaliers, 3 batteries d'artillerie et 2 compagnies du génie formaient les accessoires.

(1) Décret du 31 janvier 1852.

(2) Décret du 13 février 1852.

(3) Portés à trois régiments.

(i) Les brigades Moliière, Levaillant, Chadeysson.

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