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BATAILLON PRUSSIEN

La compagnie prussienne, quand on la rangeait isolément, se partageait en quatre sections, les surnuméraires formant

lOS iiisioir.K i:t tactiqii: uî:s ahmils isolées.

en arrière du flanc gauche un piquet séparé, sur trois rangs, «jue l'on voit sur cette figure.

COMPAGNIE PBDSSIESNE.

l")ieuJenant. 2' lieutenant,

Enseigne.

Capitaine.

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O O Bas-otficiers.

Un des caractères de l'infanterie prussienne, c'est qu'elle exécutait en marchant des feux de charge, auxquels on a depuis renoncé comme produisant plus de désordre que d'effet. Elle se distinguait aussi par ses habits étroits et une tenue très soignée. A la guerre, sous le feu de l'adversaire, elle possédait, sans rien perdre de sa rapidité de manœuvres, une inébranlable solidité qui aida pjus d'une fois Frédéric le Grand à sortir des mauvais pas où il était tombé.

§ 17. Progrès jusqu'à nos jours. — A partir du conquérant de la Silésie, l'histoire de l'infanterie se réduit à peu de chose.

La formation sur trois rangs fut définitivement adoptée en France quand on introduisit l'exercice prussien parmi nos troupes, dans le but d'uniformiser leur instruction.

Le principal ministre de la guerre du règne de Louis XVI, le comte de Saint-Germain, institua (1775) dans chaque régiment d'infanterie une compagnie de chasseurs, seconde compagnie d'élite, dont l'existence permit de récompenser les services des bons soldats, quelle que fût leur taille. En 180Zi, cette compagnie, qui avait disparu pendant la République, reparaît sous le nom de compagnie de voltigeurs, mais alors il y en a une par bataillon au heu d'une par régiment. Chaque bataillon comprend en outre une compagnie de grenadiers, de sorte que, dans l'ordre de bataille, ses deux ailes ont chacune pour appui une compagnie d'élite, ce

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(|iii rend inutile le piquel d'élite ([Lie Ton plaçait [U'écédemment à l'aile gauche depuis ramincissenieut de l'ordonnance.

Dans les campagnes suivantes, les soldats d'élite français, comme précédemment les grenadiers de Frédéric, luttent séparés de leur régiment, et forment non plus seulement des bataillons d'élite , mais un corps d'armée utilisé comme réserve.

A partir de cette époque, l'organisation de l'infanterie reste à peu près la même, sauf le nombre de compagnies du centre par bataillon et le nombre de bataillons par régiment qui varient suivant les temps. Les cinq derniers chapitres de la première partie de ces Eléments indiquent ces variations et nous dispensent d'y revenir.

Quant à la tactique de l'infanterie durant cette période, elle ne consiste plus dans la solidité et dans les feux : la méthode prussienne disparaît, et le secret de vaincre appartient à celui qui sait le mieux marcher et attaquer. Toutes les guerres de la première République et du règne de Napoléon I'^'", surtout les campagnes de 1796 en Italie et de 1805 en Allemagne, mettent en évidence ce point caractéristique des progrès de l'art militaire moderne.

Nous devons signaler encore deux modifications essentielles.

La première, c'est la formation sur deux rangs adoptée, depuis 1810, par les Anglais pour leur infanterie, formation mince qui convient surtout à leurs solides et flegmatiques soldats. L'infanterie suisse a suivi l'exemple de l'infanterie anglaise, et se range aujourd'hui sur deux rangs seulement. L'infanterie russe a commencé, dans de grandes manœuvres, à se placer sur deux rangs; mais elle ne s'est encore présentée sur les champs de bataille que sur trois rangs. En France, nous avons conservé, comme ordonnance habituelle, la profondeur sur trois rangs qui résiste mieux à la cavalerie; mais des autorités militaires imposantes se sont déjà prononcées pour la formation sur deux rangs que nous prenons accidentellement (I).

(1) Voyez le chapitre suivaut, § 1".

Lca seconde modification concerne l'armement. Le fusil à silex ralentit forcément son tir par les temps humides, et une pluie continuelle peut le condamner au silence. Frédéric le Grand, frappé de cet inconvénient d'autant plus funeste pour lui que son infanterie agissait principalement par ses feux, avait pourvu chacun de ses fantassins d'un morceau de cuir destiné à couvrir la halterie du fusil et à la garantir des effets de l'humidité ; mais ce n'était là qu'un palliatif, car cette enveloppe de cuir, attachée pendant la marche à la giherne, devenait promptement hors de service. Une invention moderne, celle de l'arme à percussion, a mieux résolu le problème et satisfait au désir du roi de Prusse (1). Cette arme, adoptée en France en 1840, se trouve aujourd'hui entre les mains de tous les fantassins européens. Bientôt même, suivant les probabilités, le fusil de finfanterie sera rayé chez tous les peuples, et le soldat à pied lancera dès lors la balle oblongue perfectionnée avec une justesse et à une distance qui augmenteront son importance de combattant.

§ 18. Remarques. — L'histoire rapide que nous venons d'esquisser montre la profondeur de l'infanterie diminuant au fur et à mesure des perfectionnements apportés à l'art militaire. Ainsi nous voyons la formation de cette arme passer successivement, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours, des bataillons carrés sur 100 hommes de côté des Egyptiens, à l'ordonnance compacte de la phalange grecque sur 16 hommes de profondeur, à l'ordonnance fractionnée de la légion romaine sur dix rangs de profondeur, et de la formation carrée des bandes françaises aux ordonnances minces des modernes dont la profondeur fut de six rangs sous Gustave-Adolphe et Turenne, de quatre rangs sous Maurice de Saxe , de trois rangs sous Frédéric -Guillaume I", et se trouve aujourd'hui de trois rangs en France,

(i) Lp fusil à aiguille, actuellement eu usage dans une partie de l'infanterie prussienne, paraîtrait préférable, relativement à l'humidité, au fusil à percussion, s'il ne s'encrassait promptement : il tire plus juste et plus vite.

HISTOIRK UE l'infanterie. 171

de deux rangs seulement chez les Anglais. Il est peu probable que cette profondeur soit encore réduite, et qu'elle aboutisse un jour à venir à l'arrangement en haie, c'est-àdire sur un seul rang (2) ; cependant les perfectionnements récents des armes à feu de main et l'emploi contre les troupes des fusées à la Congrève ôtent à cette supposition le cachet d'impossibilité absolue.

Observons en terminant que les peuples conquérants ont, depuis le commencement du monde, dû leurs succès à une bonne infanterie.

Alexandre le Grand renversa Darius et son empire, grâce à la phalange macédonienne fortement organisée par son père Philippe, et à l'excellence des fantassins grecs qui l'accompagnèrent.

Les Romains eurent raison de la phalange grecque, et conquirent presque tout le monde alors connu, avec la légion romaine, car jamais ils n'eurent dans leurs armées beaucoup de cavalerie.

C'est à leur brave infanterie que Charles-Quint et Philippe II ont dû leurs victoires.

Frédéric le Grand remporta ses premiers succès avec l'infanterie prussienne formée et disciplinée sous le règne de son prédécesseur.

Napoléon I^»" vainquit à Austerlitz, à léna, à Friedland, à Wagram, avec l'infanterie aguerrie par les guerres de la Révolution et dressée dans le camp de Boulogne.

Enfin, sans leur infanterie, les Anglais n'auraient point vu, de 1809 à 1814, la guerre d'Espagne prendre une tournure heureuse pour leurs armes.

(1) Ce serait à peu près une disposition en tirailleurs.

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