MARCHE EN COLONNE DE L INFANTERIE
Adjudant-major ,
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de faire front, la ligne qu'elle formerait se trouverait désunie ; de plus, dans la marche de (lanc d'un bataillon, la tète et la queue se trouvent trop éloignées pour se secourir mutuellement en cas d'attaque : aussi un bataillon ne doit-il jamais marcher par le Uanc en présence de l'ennemi, si ce n'est pour appuyer à droite ou à gauche de quelques pas seulement, et encore pour cela faut-il qu'il ne soit pas sérieusement engagé.
La marche en colonne n'ayant pas les inconvénients de la marche en bataille et de la marche de flanc, il s'ensuit que la colonne est la véritable disposition propre aux mouvements, aux manœuvres. La colonne par peloton ou par section à distance entière forme la meilleure colonne de marche. La marche d'une colonne reste fort simple :
il faut avoir soin d'observer les distances ; sous cette condition, les hommes peuvent marcher Chef de bataillon. • librement et porter l'arme à volonté. Les changements de direction se font en tournant ou en conversant, suivant que la nouvelle direction se trouve ou non du côté du guide. Un principe général relatif aux colonnes et essentiel à énoncer pour les colonnes de marche, car il fait comprendre pourquoi il faut
conserver en marchant ses distances, c'est que les colonnes ne doivent jamais occuper, de la tête à la queue, plus d'espace qu'elles n'occuperaient en bataille, afin de pouvoir passer aisément d'un ordre de formation à l'autre.
La marche en carré s'exécute pour gagner un abri peu éloigné pendant les répits que laisse la cavalerie. Il est sou-
Adjudant
vent plus prudent, en pays découvert, de marcher en carré que de reformer la colonne. Pour faire marcher un carré, les deux faces latérales, relativement à la direction de la marche, font, par le flanc, et la quatrième face se remet face en tète. La marche en carré est toujours flottante et indécise : on doit la considérer comme purement accidentelle. Dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, les carrés ont marché avec succès • il suffit de rappeler ta cet égard les batailles d'Héliopolis (avril 1800), Awerstaedt [ih octobre 1806), Lutzen (2 mai 1813). En Egypte, on a même marché en carré pendant des jours entiers, mais c'était pour rassurer les soldats contre les attaques d'un ennemi nouveau et couvrir les malades, les blessés et l'artillerie ; dans ce but, on plaça d'abord dans les carrés les hommes sur six rangs, épaisseur superflue qui fut ensuite réduite à trois et même à deux rangs.
§ 7. Formalions d'allaque. — Nous considérerons cinq espèces de formation d'attaque pour l'infanterie :
1® L'attaque en bataille ;
2° L'attaque en colonne ;
3° L'attaque en tirailleurs ;
h° L'attaque en échelons ;
5° L'attaque en carrés.
Attaque en bataille. — Ce genre d'attaque permet aux troupes de faire usage de tout leur feu, d'aborder l'ennemi sur un plus grand front, et de lui montrer le danger partout ; de rendre sa défaite plus complète et plus prompte ; enfin d'avoir peu à souffrir de son artillerie tirant à boulets.
Ces avantages sont positifs, et l'attaque en bataille, exécutée par des troupes solides et bien exercées, doit être préférée dans nombre de circonstances.
Ajoutons à ces considérations cette opinion formelle du maréchal Bugeaud : « L'ordre déployé est le véritable ordre de combat. »
L'attaque en bataille aura généralement lieu contre l'infanterie ; pourtant elle a quelquefois réussi contre une cava-
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lerie mal dirigée, mais il faut alors, pour l'exéculer, une infanterie très solide.
Cet ordre se prête mal à tous les terrains. La plupart des officiers et des sous-oftioiers sont en serre-files, les autres restent enchâssés dans les rangs ; le soldat ne s'anime donc pas à l'exemple du cadre. L'artillerie et la mousqueterie peuvent causer dans les rangs des vides qui ne se répareront qu'aux dépens de la rapidité de la marche ; il faudra peutêtre s'arrêter, et dès lors il n'y aura plus d'impulsion : l'instinct naturel du soldat l'engageant à faire usage de ses armes à la vue du danger, le feu s'établira malgré les officiers, et •la charge sera manquée.
Dans ce cas, la défaite d'un bataillon peut survenir et causer une déroute générale en découvrant les flancs des bataillons voisins.
Attaque en colonne. — Les inconvénients attachés à l'attaque en bataille, inconvénients que nous venons de signaler, font souvent préférer l'attaque en colonne.
La meilleure colonne offensive est la colonne double centrale de l'ordonnance, qui se forme et se déploie le plus rapidement, où les grenadiers et les voltigeurs constituent en arrière une réserve que l'on peut former et déployer vis-à-vis