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COMPAGNIE DE CAVALERIE FRAN- ÇAISE RANGÉE EN BATAILLE

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conserva pendant une partie du règne de Louis XV. Voici l'ordre de bataille d'une compagnie de cavalerie française vers 1750.

A l'époque do Louis XV, l'armement de la cavalerie se trouvait bien différent de ce qu'il était au xiv« siècle. Jusqu'à Henri IV, les gendarmes restèrent armés de pied en cap et leurs chevaux bardés, tandis que les cavaliers légers portèrent, soit de simples cuirasses, soit des cottes de maille. A partir du règne de ce monarque, les armures se simplifièrent successivement, et les pièces défensives dont se couvraient les cavaliers suivirent peu à peu le sort des escadrons profonds. Sous Louis XIII, on ne faisait plus usage de la lance ; sous Louis XIV, on n'avait conservé que la cuirasse et le casque ; sous Louis XV, le gilet de buffle remplaça la cuirasse et le chapeau à calotte remplaça le casque ; casque et cuirasse reparurent seulement sous le Consulat pour être portés à peu près comme ils le sont aujourd'hui.

Le maréchal de Saxe s'occupa beaucoup de la cavalerie, insistant surtout pour que Ton ne chargeât pas en fourrageurs, comme c'était, de son temps, l'habitude de la cavalerie française ; mais il n'avait pas assez d'autorité pour améliorer cette arme, et la réforme devait venir de Prusse.

Avant Frédéric II, la cavalerie prussienne était négligée, sauf pour la tenue ; elle ne chargeait qu'au trot et en faisant le coup de pistolet ou de mousqueton. Ce monarque, bon cavalier lui-même, proscrivit cette méthode routinière de combattre, et ordonna que, sans tenir compte des feux des escadrons autrichiens , sa cavalerie s'élançât au galop et les attaquât incontinent l'épée à la main. La supériorité que lui acquit ce genre d'action dans la plupart des occasions, confirma ce que son génie avait deviné et ce que l'on s'obstinait à méconnaître, savoir que les propriétés réelles de la

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cavalerie résident dans le choc, et non dans les feux.

Frédéric conserva toujours dans son armée des escadrons rangés sur trois rangs; pourtant, sur l'avis de Seydlitz, il adopta, pour la plupart de ses régiments, la formation sur deux rangs. Seydlitz doit être considéré comme le premier général de cavalerie des temps modernes ; il remit Véquitation en honneur et perfectionna l'escrime à cheval, puis, partant de ces deux bases, il donna aux manœuvres la régularité, l'ensemble, la rapidité et la sûreté qui font qu'elles s'exécutent sous le feu de l'ennemi avec la même précision qu'au champ d'exercice : de plus, malgré l'opinion de Frédéric le Grand, il plaça le guide aux ailes, au lieu de le laisser au centre comme précédemment, principe d'ahgnementqui, depuis, a été consacré.

L'adoption de la formation sur deux rangs remonte à l'année 176G, et eut lieu à la fois en France, en Hanovre et en Prusse après plusieurs essais -, on y avait été conduit par la remarque qu'aux allures vives nouvellement adoptées, le deuxième rang ne pouvait s'allonger suffisamment si le troisième rang ne restait en arrière ou même ne s'arrêtait, auquel cas il devenait inutile. Le résultat des essais montra que, rangée sur deux rangs seulement, la cavalerie avait des mouvements plus rapides et plus précis.

La formation sur deux rangs ne devint générale en Europe qu'en 1790 : les Autrichiens (1) et les Russes l'adoptèrent les derniers. Depuis cette époque, la cavalerie a poussé plus loin la science des manœuvres et la tactique du combat, ses progrès l'ont rendue redoutable; les campagnes de la Révolution et de l'Empire ont définitivement consacré pour elle Fordonnance sur deux rangs.

Il existe, du reste, une différence essentielle entre la cavalerie du xixe siècle etla cavalerie de la fin du xviii^ siècle : c'est qu'aujourd'hui le cavalier porte un uniforme dégagé et que la charge du cheval se trouve également répartie devant et derrière.

Occupons-nous actuellemen t des détails relatifs à la cavalerie.

(1) Il parait même que chez les Autrichiens cette adoption reçut un caractère officiel en 1806 seulement, sur l'avis de rarchiduc Charles.

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