‹ Éléments d'art et d'histoire militairesChapitre 5 sur 91 · CROIX DE SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

CROIX DE SAINT LOUIS

(Croix lie chevalier.)

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28 PUÉCIS DES INS'inXTIONS MILITAIRES.

La croix de Saint- Louis élait ù liuil pointes, caiilonnées de fleurs de lis d'or. Elle représentait d'un côté un saint Louis

tenant d'une main une couronne de lauriers et de l'autre main une couronne d'épines, avec cette devise :

Ludovicus Magmis instituit, 1693. Sur l'autre côté, se trouvait une épéc nue passée dans une couronne de lauriers , nouée de l'écharpe blanche , avec ces mots : Bellicœ virtutis prœmunn. Les grands-croix la portaient en écharpe, attachée à un large ruban couleur de feu , et avaient en outre une croix en broderie d'or sur le justaucorps; les commandeurs la portaient de même en écharpe, sans la croix en broderie; les chevaliers ne pouvaient la porter qu'attachée sur la poitrine avec un petit ruban couleur de feu.

§ 13. Mélliode de guerre. — Comme résultat et comme complément des institutions militaires de Louis XIV, nous allons indiquer les caractères principaux de la méthode de conduire la guerre à cette époque.

La guerre se faisait alors d'une manièi'e compassée, méthodique, régulière ; on prenait des places, on choisissait des camps, on livrait des batailles; rarement il y avait des marches rapides, savantes, combinées de loin, rarement aussi se livraient des actions imprévues, s'effectuaient des surprises. Les petites opérations de la guerre avaient une grande importance.

L'art d'attaquer et de prendre des places accomplit de notables progrès, fut même créé sous la direction expérimentée de Vauban , qui inventa \qs parallèles, les cavaliers de tranchée, le tir à ricochet; l'art de fortifier s'améliora

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ravalement sous celte main Imhile, qui agrandit la demi-lune, perleclionna le baslion, imiigina le réduit de demi-lune, donna à la lenaille une forme plus avantageuse, tira bon parti des eaux pour la défense, et plia admirablement la fortification au terrain.

L'accroissement numérique des armées fit recourir à la fortification de campagne; on construisit des lignes immenses, appuyées à des Ueuves ou à la mer, pour couvrir des contrées entières; mais l'étendue même de ces lignes les rendit faibles, car il était im[)0ssible de les garder partout, presque toutes furent forcées, et depuis leur usage tomba en discrédit.

Nos armées connaissaient certaines positions , certains camps, aussi bien que les places fortes; elles y revenaient souvent, et s'en emparer constituait déjà pour elles un demisuccès , parce que l'ennemi ne savait pas profiter de cette allure lente pour se porter à leur détriment sur les points dégarnis. Le camp choisi était souvent entouré de défenses accessoires ou de retrancliements pour le mettre à l'abri des surprises; il était régulier et coupé de rues bien droites; les armes s'étendaient en faisceaux à la tète des troupes , en arrière venaient les drapeaux et étendards, puis les tentes servant de logements aux soldats (par tente 9 fantassins ou C cavaliers). Les lignes suivantes , parallèles aux premières, renfermaient successivement les cuisines, les vivandiers, les lieutenants et sous-lieutenants , les capitaines, l'étal-major. La plus grande symétrie régnait dans tout le camp; chaque arme, chaque corps, chaque compagnie avait son emplacement assigné ; le front de bandière occupait, au moins à la fin de l'époque qui nous occupe, la même étendue que les troupes en bataille, ce qui permettait de les mettre promplement en ordre de combat.

Quant à l'ordre de bataille, Turenne avait toujours su varier ses dispositions suivant les circonstances, suivant les lieux; depuis lui, on~adopta une disposition presque constante. L'armée se rangeait sur deux lignes, quelquefois avec une troisième masse en arrière formant réserve; dans chaque

ligne, l'infanterie occupait le centre et la cavalerie les ailes. Il existait entre les deux lignes une distance de 1 AO àl50 toises (273 à 292"), et entre les bataillons et les escadrons des intervalles égaux à leurs fronts, souvent plus petits. Les pleins d'une ligne répondaient toujours aux vides de l'autre ligne, y Les pièces d'artillerie s'établissaient en avant de l'infanterie. La réserve se plaçait au gré du général en chef, et les bagages derrière la réserve. Le grand quartier général était au centre, entre les deux lignes. Les généraux français du xvii* siècle mettaient quelquefois vingt-quatre heures pour ranger leur armée suivant cet ordre de bataille.

Comme en campagne on distribuait le pain aux soldats et le fourrage à la cavalerie, on se trouvait obligé de régler les marches stratégiques sur le besoin d'établir des boulangeries et des magasins. Ces boulangeries et ces magasins, il fallait les conserver à tout prix, sous peine, si on les perdait, d'être forcé de renoncer à l'exécution des plans projetés pour aller chercher de nouveaux magasins. Cette nécessité paralysait les opérations; ainsi, dans la campagne de 1673, Tiirenne ayant perdu, parla trahison du prince-évêque de Wurtzbourg , un convoi aux portes de cette ville, fut contraint de se replier sur le Rhin , et Montecuculi, son adversaire, qui commandait l'armée impériale, profila de son départ pour opérer sa jonction avec les Hollandais.

Malgré les défauts que nous venons de signaler, en vue surtout de ce qu'est devenue la méthode de guerre au xixe siècle, nous devons dire que la méthode des généraux de Louis XIV était supérieure à celle de leurs adversaires; à ce motif de nos succès sous le règne de ce monarque, nous pouvons joindre l'organisation de nos troupes et de nos armées, organisation de beaucoup préférable à celle des armées ennemies. Ce fait, que nous signalons pour terminer ce premier chapitre, montre que les victoires et la suprématie guerrière d'un peuple dépendent presque toujours de bonnes institutions.

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