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CHAPITRE PREMIER

Jusqu'ici nous avons considéré les armes isolément telles qu'elles existent et s'instruisent en temps de paix ^ il est évident qu'à la guerre elles seront combinées pour se soutenir réciproquement, et opéreront sous les ordres d'un seul et même chef qui dirigera leur action commune de la manière la plus convenable pour obtenir la victoire. Voyons donc comment elles seront réunies sous une même main, c'est-àdire d'après quel mode on les groupera pour former une armée.

§ 1er. Principes d'organisation. — L'unité de force de chacune des trois armes qui combattent en ligne, le bataillon, l'escadron, la batterie, peut entrer directement dans la composition d'une brigade, et alors il n'y a pas d'intermédiaire pour le commandement entre le général de brigade et le commandant du bataillon, de l'escadron, de la batterie; au point de vue de la guerre, on conçoit la possibilité de celte organisation qui existe dans l'armée fédérale de la Suisse.

Mais, dans la plupart des pays, en France particulièrement, on a groupé, en vue de centraliser l'administration et l'instruction, en vue aussi de vivifier la discipline, plusieurs unités de force ensemble, et l'on a obtenu des régiments. Aussi, dans l'organisation des armées actives, les brigades se

composent-elles cFun certain nombre de régiments, de deux au moins.

Au-dessus de la brigade vient la fraction d'armée nommée division, laquelle comprend des troupes de diverses armes, dans la proportion exigée par les circonstances, et qui se compose ordinairement de deux ou trois brigades, soit d'infanterie, soit de cavalerie.

On doit considérer la division comme la fraction la plus essentielle d'une armée active; et l'ordonnance sur le service en campagne, en date du 3 mai 1832, dit dans ce sens : « Le prijicipe divisionnaire est la base de tonte formation d armée. » La division, en effet, constitue un groupe assez fort pour les épreuves d'un premier commandement isolé, épreuves qui indiquent les généraux capables de commander un jour en chef; elle n'exige qu'un état-major peu coûteux 5 elle ofl're la force la plus convenable pour les rapports à conserver dans la hiérarchie des officiers généraux. Souvent la réunion de plusieurs divisions compose une armée commandée par un général en chef, sans qu'il y ait de fractions permanentes plus considérables, et, dans ce cas, le chef de l'armée transmet directement ses ordres aux généraux commandant les divisions : nous disons fractions /?erm«ne«^e5, parce qu'il peut en exister de temporaires sous les noms A'aile, centre, réserve ; ainsi supposons qu'une armée se compose de huit divisions, on pourra la ranger sur une ligne ayant six divisions (deux au centre, deux à chaque aile), avec une réserve forte de deux divisions, et, dans ce cas, chacune des ailes, ainsi que le centre ou la réserve, formera une fraction plus forte que la division. Ces fractions temporaires dépendent du général en chef, qui peut varier leur importance suivant le plus ou moins grand nombre de troupes dont il dispose, et c'est pourquoi leur commandement, également temporaire et variable, reste à la désignation de ce général.

Il n'en est plus de même des corps d'armée; ce sont des fractions permanentes, créées au moment où l'on organise l'armée, commandées d'une manière fixe par des généraux nommés par le souverain en même temps que le commandant

en chef. En Ihèse générale, nous venons de le dire, il esl plus avantageux de composer l'armée uniquement de divisions; mais, dans certains cas, on doit recourir à l'organisation en corps d'armée, par exemple : 1" lorsque la force de l'armée est tellement considérable, qu'en inarcliant sur une seule colonne, il y aurait plusieurs lieues de distance entre la tête et la queue; 2° lorsque les ressources de la contrçe où l'on combat ne permettent pas à l'armée de vivre sur une seul« route ; 3° lorsque les circonstances obligent à faire une diversion, à secourir un allié, à opérer excentriquement, en un mot, à agir séparément, bien que dans le même cercle d'opérations.

Ainsi nous reconnaissons qu'une armée peut contenir les fractions suivantes, rangées suivant leur ordre d'importance, les corps d'armée, les ailes, le centre, la réserve, les divisions, les brigades ; il y a aussi les parcs et les accessoires. Arrêtons-nous un instant sur chacune de ces fractions.

Un corps d'armée est appelé à agir isolément; il doit donc se suffire, au moins pendant un certain temps. On le composera de manière à lui donner un maximum de force, c'està-dire d'une combinaison de toutes les armes, calculée suivant la nature du théâtre de la guerre et l'espèce d'ennemis qu'il aura en tête. Les corps d'armée formés d'une seule arme sont une exception : on a vu pourtant sous l'Empire des corps d'armée entièrement composés de cavalerie ; ces corps ne réunissaient pas les conditions du maximum de forces, mais ils avaient la faculté de se retirer ou de combattre suivant les circonstances, et, quand ils combattaient, ils offraient la ressource d'une grosse masse très propre à culbuter l'ennemi à la lin d'une action ; c'est pourquoi Napoléon les employa souvent, mais il finit par reconnaitre qu'au delà de vingt-quatre escadrons, un groupe de cavalerie perd les qualités qui font le mérite principal de cette arme, savoir la puissance du commandement, l'à-propos du mouvement, la célérité et la précision dans l'exécution (1). Revenons aux

(1) Préval , Commentaires du projet d'ordonnance sur le service en campagne, p. 14.

corps (l'armée ordinaires, qui sont principalement composés d'infanterie, avec quelque cavalerie et un peu d'artillerie. La force de chacun de ces corps sera de deux divisions au minimum; mais deux divisions se prêtent mal aux formations tactiques, et trois divisions donnent un ordre de bataille sur une seule ligne; c'est pourquoi quatre divisions sera le nombre le plus convenable. Il permettra en effet de ranger le corps d'armée en bataille avec un contre, deux ailes et une réserve, cbacune de ces fractions étant déterminée, complète, soumise à un chef qu'elle connaît à l'avance, et le corps d'armée, ainsi formé, offrira une bonne résistance conformé-

ORDRE UE BATAILLE d'iN CORPS D'ARMÉE. 3« division. 2' division. 1" division.

Aile gauclie. Centre. Aile droite.

4" division.

Réserve.

ment aux règles de la tactique; d'ailleurs le nombre de quatre divisions se prêtera aussi fort bien à l'adoption de l'ordonnance en échiquier. Au delà de quatre divisions, le commandement devient trop lourd, et un grand nombre de détails échappent au général en chef : rarement, sous l'Empire, les corps d'armée eurent un plus grand nombre de divisions.

Quanta la division, si elle est composée de trois brigades, elle aura une réserve indépendante, non extraite de sa ligne de bataille, et sa formation tactique restera complète; on de-

ORDRE DE B.\TA1LLE d'iNE DIVISION. 2' briarade. i" brigade.

3' brigade.

Réserve.

vra donc la composer ainsi chaque fois qu'elle pourra être

ORGANISATION DES AUiMÉliS ACTIVES. 26l

appelée à agir isolément, c'est-à-dire lorsque l'arniée ne contiendra pas do corps d'armée. Des auteurs ont proposé de composer inégalement les divisions, dans le but de tromper l'ennemi sur la force de l'armée, qui est alors plus dillicile à connaître, puisqu'il devient nécessaire d'observer chaque division en particulier ; mais cette petite ruse a peu de portée, et d'ailleurs il est plus sage de la réaliser au moyen de quelques troupes hors ligne successivement annexées à telle ou telle division.

Un centre ou une aile contiendra un ou plusieurs corps d'armée, si l'armée se trouve fractionnée en corps d'armée, et une ou plusieurs divisions si l'armée est partagée uniquement en divisions ; le caractère des ailes et du centre gît dans leur existence temporaire.

La réserve comprendra aussi un ou plusieurs corps d'armée, une ou plusieurs divisions, suivant le cas; pour qu'elle ne soit pas un appui trompeur, ce qui arriverait si elle était trop faible, pour qu'elle n'épuise pas l'armée dont elle est extraite, ce qui arriverait si elle était trop nombreuse, il est unanimement admis aujourd'hui de la former au moins de | ou au plus de ~ de la totalité de l'armée. La réserve joue un rôle essentiel ; placée hors d'atteinte de Fartillerie ennemie, elle resie fraîche jusqu'à l'instant où le général en chef juge à propos de l'engager pour frapper un coup décisif, et l'histoire prouve que la victoire reste ordinairement au général qui réussit à mettre le dernier en jeu ses réserves ; toutefois il ne faut point en conclure que le mieux soit de les garder indéhniment intactes, car, si on laisse échapper le moment opportun (1) de les employer, elles deviennent souvent inutiles. Outre le rôle offensif qu'elles peuvent remplir pour décider une victoire, les réserves jouent un rôle défensif, celui de protéger les flancs et les derrières de l'armée et de servir

(1) Le maréchal Marraont observe que Napoléon fil donner sa réserve trop lard à la Moskowa et à Waterloo, contrairement à son principe favori : « Ceux qui gardent des troupes fraîches pour le lendemain d'une bataille, sont presque toujours battus. » {Esprit des institutions vnlilaires, p. 29, et Mémoires, t. VIII, p. 143.)

de point de ralliomeiit à l'abri duquel les troupes battues se reforment, soit pour attaquer de nouveau, soit pour se retirer en bon ordre. Les réserves comprendront la grosse cavalerie et les pièces de gros calibre ; en infanterie, on devra les composer des régiments les plus aguerris, parce que l'effet d'un dernier argument ne saurait être trop assuré. Napoléon employait ordinairement un corps d'armée en réserve ; il avait, en outre, pour cette destination, la Garde impériale et les grenadiers Oudinot. L'usage d'enlever les compagnies de grenadiers et de voltigeurs aux régiments d'infanterie pour en former des bataillons d'élite, offre le grave inconvénient d'énerver ces régiments en les privant de leurs meilleurs soldats ; aussi l'ordonnance sur le service en campagne dit-elle à ce sujet : « Les compagnies d'élite ne pourront être distraites de leur régiment que pour le temps où ce dernier ne serait pas en ligne, etseulement pour des opérations de courte durée. » Malgré cette prescription, il est probable qu'en cas de guerre continentale, on serait obligé de revenir à l'usage des bataillons de grenadiers, même depuis le rétablissement, dans Tarmée française , de la Garde impériale, parce que le besoin de solides réserves se trouve en campagne l'un des plus impérieux.

Les brigades sont formées suivant l'ordonnance de deux régiments au moins; il ne paraît pas qu'on doive les former de plus de trois régiments. Outre les brigades d'infanterie ou de cavalerie, c'est-à-dire composées d'une seule arme, l'ordonnance admet la formation de brigades mixtes, d'infanteterie ou de cavalerie légère, plus spécialement chargées du service d'avant-garde.

Il existe diverses dépendances à la suite des armées ; tels sont les parcs d'artillerie, les équipages de ponts, les parcs du génie, les caissons de médicaments, les transports de blessés, de vivres, d'équipages, dépendances qui accompagnent l'armée active, soit sur des voitures appartenant à l'Etat, soit sur des voitures tirées du pays par réquisition. Une armée est également accompagnée d'une réserve particulière de grosse cavalerie : un corps d'armée n'a pas ce grand

accessoire. L'armée possède aussi comme ressource des grands depuis et des petits dépôts ; les premiers sont organisés dans les places assez éloignées des localités où l'on opère pour qu'ils ne se trouvent pas exposés à des déplacements fréquenls; les seconds existent à l'armée même, sont établis par division, comprennent, autant que possible, les établissements de convalescence et les hôpitaux, et occupent des emplacements où ils peuvent servir de halte et de point de réunion aux détachements qui rejoignent l'armée, afin de verser, dans ces détachements, les hommes devenus disponibles, et d'en recevoir les soldats hors d'état de continuer leur service.

§ 2. Commandements divers. — Le commandement d'une armée ou d'un corps d'armée est dévolu soit à un maréchal de France, soit à un général de division, qui reçoit de l'Empereur une commission temporaire de commandant en chef s'il s'agit d'une armée, et de commandant de tel corps d' armée^ s'il s'agit d'un corps d'armée. Le chefde l'armée désigne le commandant de chaque aile, du centre, de la réserve, dont les fonctions sont purement momentanées, n'entraînent que des honneurs temporaires, et doivent se borner à la direction des troupes dans les mouvements et sur les champs de bataille : ce commandement temporaire est donné à un général de division, excepté pour la grande fraction tactique (1) dont le commandant en chef se réserve la direction. Toute division est commandée par un général de division, toute brigade par un général de brigade. Ordinairement la répartition des ofïîciers généraux se fait par le Ministre de la guerre lors de Ja composition de l'armée ; en campagne, quand plusieurs commandements deviennent vacants, il serait souvent trop long d'attendre, pour y pourvoir, les ordres du Ministre, et

(1) On peut distinguer les fractions d'une armée en fractions tactirpiex et fraclions d'onjanisalion ; chaque aile est, comme le centre, une fraction lactique; chaque corps d'armée, chaque division, chaque brigade constitue une fraction d'organisation ; la réserve est à la fois une fraction d'organisation et une fraction tactique.

204 COMBINAISON DES AUMES.

imprudent d'effectuer les remplacements d'après le rang d'ancienneté, comme cela se faisait encore sous Louis XIV, malgré Texemple de Turenne et de Câlinât, qui surent, comme généraux en chef, s'aflVanchir de cet usage, et cela jusqu'à l'ordonnance du le"" février 1703 (l); aussi l'article 5 de l'ordonnance du 3 mai 1832 sur le service en campagne autorise-t-il le commandant en chef de l'armée ta effectuer, 'pendant le cours de la campagne, les changements que des pertes ou le bien du service rendraient nécessaires.

Les fonctions du commandant en chef se trouvent facilitées par l'existence des diverses fractions de l'armée, puisque ce commandant n'a dès lors affaire qu'aux généraux qui dirigent ces fractions, et conserve, par suite, plus de temps et de latitude pour combiner son plan d'opérations. Néanmoins il ne pourrait suflire aux exigences multipliées de son commandement et de sa responsabilité, aujourd'hui surtout qu'un général en chef se trouve surchargé d'écritures par la complication un peu exagérée de nos habitudes administratives, s'il n'était secondé par un chef d'état-majur, par un intendant, par un général commandant l'artillerie, par un général commandant le génie.

Le chef d'état-major (2) d'une armée est ou un général de division ou un général de brigade ; il est aidé par un général de brigade ou un colonel d'état-major, nommé sous-chef d'état-major. Dans un corps d'armée, il n'y aura de souschef d'état-major que si son imporlance le réclame. Des ofiBciers d'état-major de divers grades servent d'auxiliaires au chef d'état-major, dont les fonctions consistent, d'après l'article 8 de l'ordonnance du 3 mai 1832 :

« 1° A transmettre les ordres du général et à exécuter ceux

(1) Par cette ordonnance, Louis XIV « veut et entend que le général de chaque armée choisisse entre les lieutenants généraux qui y serviront , ceux qu il ju fiera à propos pour commander les deux ailes de cavalerie, et ceux qui devront commander les corps d'infanterie. »

(2) Si plusieurs armées se trouvaient réunies pour former une grande armée , le chef de Télat-major prendrait temporairement le titre de major général.

0RG\MSAT10> DES AUMÉES ACTIVES. 205

qu'il en reçoit personnellcmenl pour les travaux extérieurs, rélablissement des camps, les reconnaissances, les visites de postes et toutes les autres parties du service;

» 2° A correspondre avec les commandants de l'artillerie et du génie et avec les intendants, afin de tenir le général exactement informé de l'élat des divers services ;

» 3° A entretenir avec les corps des relations suivies pour en coiHiaître la situation dans tous ses détails ;

» A" A fournir au commandant en chef et au ministre de la guerre les tableaux de la force et de l'emplacement des corps et des postes, les ra()porls sur les marches et les opérations, en un mot tous les renseignements nécessaires. »

Il est attaché un intendant militaire à chaque armée et à chaque corps d'armée ; des sous-intendants ou adjoints, des employés des divers services administratifs , des troupes d'administration restent à sa disposition. L'intendant militaire adresse des rapports au commandant en chef ou à son chef d'état-major ; il centralise tous les détails de l'administration et de la comptabilité de l'armée, ainsi que des corps et détachements qui la composent, excepté en ce qui concerne le matériel de l'artillerie et du génie.

Dans chaque armée et dans chaque corps d'armée , un ofticier général commande l'artillerie , et un autre oflicier général commande le génie : chacun d'eux a sous ses ordres un certain nombre d'officiers de son arme, entre autres un colonel ou lieutenant-colonel chef d'état-major de l'arme, et un officier supérieur directeur du parc, plus le nombre de gardes et employés indiqué par les besoins du service ; il centralise tous les détails relatifs au personnel et au matériel de son arme.

Ce qui a lieu pour chaque armée et chaque corps d'armée se reproduit, par les mômes motifs, dans chaque division :. pour l'aider dans son commandement et lui laisser plus de liberté sous le rapport des opérations militaires, le général de division a auprès de sa personne un colonel d'état-major chef d'élat-major de la division , un officier d'artillerie , un officier du génie , un sous-intendant uiilitaire. Les olïiciers

d'artillerie et du génie attachés à une division reçoivent, directement ou par l'intermédiaire du chef d'ëtat-major de cette division, les ordres du général près duquel ils sont employés ; ils doivent communiquer à ce général les ordres que leur donnent, relativement à leur spécialité, les officiers généraux ou supérieurs de leur arme particulière.

Ajoutons que tous les officiers généraux attachés à une armée active, ou à un corps d'armée à un titre quelconque, ont en outre un certain nomhre d'aides de camp et d'officiers d'ordonnance proportionné à leur grade.

Parmi les officiers attachés au grand quartier général, c'est-à-dire au quartier occupé par le commandant en chef, nous devons surtout en citer trois : 1° Le commandant du grand quartier général. C'est un officier supérieur d'étatmajor chargé d'étahlir chaque fois le logement, de placer les postes et gardes, de veiller au bon ordre du quartier général, conjointement avec la gendarmerie. 2° Le grand prévôt. On donne ce nom au commandant des brigades de gendarmerie attachées à l'armée. Ses attributions consistent à protéger les habitants du pays contre le pillage et les violences ; à faire bonne police ; à commencer l'information contre les prévenus de crimes ou de délits commis dans l'arrondissement de l'armée ou du corps d'armée ; à poursuivre et arrêter ces prévenus; à surveiller dans les quartiers tous les individus non militaires (1); à suivre les colonnes dans les marches et à faire rejoindre les traînards. Il rend compte chaque jour au commandant en chef dont il prend les ordres, et adresse par semaine, au chef d'état-major, un rapport sur son service. Outre ces attributions de police qui lui sont déférées par les règlements militaires, le grand prévôt (et aussi le prévôt de chaque division), depuis la promulgation du Code de justice militaire, exerce juridiction sur le territoire occupé par l'armée (ou la division), et juge seul, assisté d'un greffier (sous-officier ou brigadier de son arme), relative-

(I) Les prévôts peuvent infliger des amendes allaut jusqu'à 100 francs.

[Service en campagne, art. 17o.)

ment aux infractions entraînant une peine de six mois d'emprisonnement ou 200 francs d'amende au maximum , et aux demandes de dommages-intérêts qui n'excèdent pas 150 francs (1). 3° Le vaguemestre du grand quartier général, ollicier supérieur chargé de diriger la marche des équipages qui suivent l'armée, et de maintenir l'ordre parmi les voitures et les domestiques de l'état-major.

11 existe aussi auprès de chaque division un commandant du quartier général, un prévôt, un vaguemestre, officiers d'un grade inférieur à celui des officiers qui remplissent les mêmes fonctions au grand quartier général.

§ 3. Armées actives permanentes. — En France, il n'est formé d'armées actives que dans le cas de guerre, ou exceptionnellement sur certains points du territoire national en cas de péril pour la sécurité intérieure. Cette manière d'agir, qui est aussi celle de l'Autriche, laisse l'adversaire incertain sur le mode d'organisation qui sera définitivement adopté pour les armées formées contre lui, et ménage en outre la possibilité de faire varier ce mode, suivant la nature de la guerre à entreprendre.

La Russie et la Prusse ont adopté un usage contraire, celui de maintenir, en paix comme en guerre, leurs troupes constamment formées en corps d'armée, en divisions et en brigades. Ainsi l'armée prussienne, outre la garde du Roi et les brigades tenant garnison à 3Iayence et Luxembourg, places fortes de la Confédération germanique, se partage en 8 corps d'armée permanents, comprenant chacun 2 divisions d'infanterie, 2 brigades de cavalerie, 1 régiment d'artillerie, 1 bataillon du génie. Dans ce système, les troupes parfont mieux leur instruction, surtout pour les manœuvres d'ensemble, s'habituent aux généraux qui les commandent, et sont éminemment propres à opérer ou à repousser une invasion très promptement ; mais elles restent fort longtemps dans les

(1) Code de justice militaire pour V armée de terre, du 9 juiu I8a7, art. 52, 75.

2oS CUMBINAISU.N DtS MIMES.

mêmes ganiisons, et c'est là un inconvénient réel à cause des habitudes que les soldats peuvent y prendre. Les troupes qui voyagent souvent, comme cela a lieu en France, se déshabituent de toute garnison fixe, et deviennent sous ce rapport plus mobilisables.

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