DÉTAILS GÉNÉRAUV SUR LES MARCHES
compter habituellemeiil sur leur prolection nmluelle, leur distance réciproque et leur but spécial s'y opposant : la prudence veut d'ailleurs que chacune d'elles lire cette protection d'elle-même. A cet égard, une organisation ancienne, bien connue, indiquée par Texpérience, détache une petite portion des marcheurs et les place en avant, en arrière, sur les flancs de la colonne, de manière à l'entourer d'un réseau presque fermé, mobile comme elle, et destiné à parer les premiers coups : cette portion couvrante est choisie de préférence parmi les troupes légères ; elle comprend une avantgarde, une arrière-garde, des flanqueurs.
L'avant-garde précède la colonne. De composition mixte, mais variable en raison des difficultés du chemin et de la proximité de l'ennemi , elle fouille le terrain, guette toute tentative d'attaque, soit ouverte, soit cachée, la déjoue ou la contient, et, dans tous les cas, ménage à la colonne le temps nécessaire pour se disposer au combat : dans ce but, elle se garantit elle-même par une pointe d'avant-garde ou par quelques éclaireurs. Elle doit aussi ouvrir la route ou la rendre praticable, et c'est pourquoi on lui adjoint souvent une compagnie de sapeurs du génie. Aux embranchements de chemin, elle a soin de jalonner la direction adoptée, afin d'éviter toute méprise et d'indiquer la route aux soldats et aux équipages attardés : ce jalonnage se fait de jour au moven d'un signal, soit de branches coupées aux arbres, soit de tottes ou de tresses de paille attachées à un poteau, et, de nuit, au moyen de sous-officiers ou de caporaux successivement relevés.
Le commandant de l'avant-garde doit réunir, à un degré plus élevé, les conditions exigées d'un chef de détachement. Il utilise, chemin faisant et par lui-même, les ressources offertes par les moyens complémentaires des reconnaissances, principalement les questions adressées aux guides, aux habitants, aux prisonniers, et fait exécuter quelques reconnaissances promptes par les officiers sous ses ordres. Il tourne les villages, les bois, les défilés dont le passage pourrait être dangereux ; frappe des réquisitions dans les premiers, afin
que sa troupe ait toujours, sur elle ou sur des voitures, les vivres nécessaires pour deux ou trois jours; fait sa grande halte dans un endroit couvert , en s'enlourant de sentinelles postées sur les crêtes ou sur les chemins ; évite, durant sa marche, de dénoncer son approche par le bruit de la trompette ou du tambour.
L'avant-garde variera comme force entre le cinquième et le dixième de la colonne. Sa distance de la colonne sera, au minimum, égale à la longueur de cette colonne; de cette manière, dés qu'elle préviendra d'une attaque, la queue de la colonne aura le temps de rejoindre la tête et de se mettre aussi en ligne, même dans le cas le plus défavorable, c'est-àdire quand l'ennemi ne se trouverait pas attardé par la résistance de l'avant-garde qui peut parfois se replier.
L'arrière-garde ferme la marche. Plus faible que l'avantgarde, elle a pour destination d'arrêter tout détachement ennemi, tout individu suspect (1) rôdant derrière la colonne ; souvent une extrême arrière-garde la garantit elle-même. Dans une marche en avant, elle escorte les bagages qui restent constamment séparés du gros des troupes, et force les traineurs à rejoindre. Dans une marche en retraite, elle joue le rôle principal et glorieux ; alors, débarrassée des bagages qui cheminent du côté opposé et loin des coups de la poursuite, elle utilise à la fois les ressources de la petite guerre et les obstacles du terrain pour paralyser la force d'expansion du vainqueur. Le chef de l'arrière-garde doit être un ofiicier de choix ; il a peut-être besoin de moins d'initiative, mais à coup sûr de plus d'énergie et de sang-froid que le commandant de l'avant-garde. Ney, dans sa retraite de Russie, s'immortalisa comme chef de l'arrière-garde.
Les flanqueurs (2) marchent parallèlement à la colonne sur chacun de ses flancs. Ils s'éparpillent à /i ou 500 pas de la route, par groupes de trois et vont à la découverte en se protégeant du terrain, mais aussi en sondant chaque repli,
(1) Espion, déserteur, maraudeur.
(2) Ne confondez pas ces flanqueurs avec les tirailleurs ou éclaireurs que l'avant-garde et l'arrière-garde détachent pour leur propre sûreté.
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cliaquc obstacle. Pour prévenir, ils envoient l'un des leurs, ne recourant à la dêlonalion de leur arme (|u'en cas de surprise.
Nous connaissons à présent l'ordre de marche d'une colonne séparée ; revenons à un ensemble de colonnes, à une armée.
Cet ensemble sera [irécédé d'une avant-garde générale relative à toutes les colonnes, et ne les dis|)ensant pas d'avoir chacune leur avant-garde particulière ; il y aura également une arrière-garde générale.
On peut, dans une armée, comme dans une simple colonne, tromper l'ennemi sur la direction générale adoptée, en prescrivant de préparer des vivres dans une autre direction : cette ruse, à laquelle chacun recourt, produit toujours de l'effet.
Le chef d'une colonne lancée en avant de l'armée, pour un but spécial et précédant même l'avant-garde générale, jalonnera sa route par de petits postes de cavalerie, pour que ses nouvelles arrivent promptement ; et quand il expédiera vers le généraUssime un ofli-
cier chargé d'une mis- marche-manoeuvre de fhont. sion , il lui faudra en ^7 envoyer successivement î trois, à une demi-heure i de dislance les uns des li Avani-çaide. autres , parce que le r premier peut s'éga- .^ . i^ - , rer(l). c |-|-j-j--| ^
Les marches-manœu- i
vres d'une armée s'exé- I7 Aniric-frnnir.
entent soit de front, soit T
de liane. j
Dans le premier cas, \a
les colonnes restcMit groupées, adoptent la formation serré.j et suivent des roules
(Ij f.Pltrcilo Napulôoii ii Marmont, Il juillet IS09.
27/l COMBINAISON DES ARMES.
parallèles, de manière à ne pas embrasser, comme front de la marche (1), beaucoup plus d'espace que retendue du front de rarmée en bataille; une attaque offre donc peu de dangers, même quand elle viendrait de côté. En effet, si le système des cinq colonnes , au lieu de continuer sa marcbe dans la direction ab, est obligé d'adopter subitement la direction perpendiculaire cd, il a encore une avantgarde dans la colonne 2, une arrière-garde dans la colonne 6 et deux corps flanquants dans les colonnes 1 et 7 : il en serait de même pour les autres directions ba et de. Ainsi, avec cette disposition, un revirement dans un sens ou dans l'autre devient facile, et la possibilité de semblables revirements constitue quelquefois tout le secret des marcbes. La marche de l'armée austro-russe, dirigée par Koutousof , d'Olmulz jusqu'à Wiscbau et Austerlitz, en 1805, est un exemple de cette disposition.
Dans le second cas, celui d'une marche de flanc exécutée forcément sur une seule et longue colonne, soit pour longer les positions de l'ennemi, soit pour traverser une route étroite et indispensable, afin d'arriver promptement devant une ville ou sur un champ de bataille, l'armée en mouvement court plus de dangers, puisque, par sa manœuvre même, elle se trouve déjà dans un état de crise, et que, dans cette situation elle vient à prêter le flanc. Néanmoins on s'expose parfois volontairement à ces dangers, principalement en vue de o-ao-ner du temps. Alors, outre la précaution de se former à distance entière, de garder exactement ses intervalles et de dérober sa marche sous le voile de la nuit ou d'une brume, le mieux consiste à placer sur le côté menacé, et à 1 kilomètre environ de la colonne, un corps flanquant marchant autant que possible parallèlement et ayant en propre tous les accessoires protecteurs d'une marche, à savoir une avant-garde, une ariière-garde et des flanqueurs. Frédéric le Grand tombait d'ordinaire sur l'ennemi par une marche de flanc : ce
(2) Ou appelle front de la marche, la distaucc comprise entre les colonnes 2 el G.