‹ Éléments d'art et d'histoire militairesChapitre 73 sur 91 · PASSAGES DE RIVIÈRE · texte numérisé non relu

PASSAGES DE RIVIÈRE

Celte espèce de poiiL ne peut servir que sur des rivières peu rapides, et qui n'offrent pas plus de :l'°,80 de profondeur.

L'année 15à3, l'armée française d'Italie recourut à un pont semblable ; on lit en eflet dans les Commentaires {i) du maréchal de Montluc : « Le lendemain, nous alasmes passer la rivière du Pau (Pu), sur laquelle Usines un pont de charrettes pour passer l'infanterie, car la cavallerie n'y avoit eaue que jusques au ventre. »

Pont de cordages. — Ce pont s'emploie dans les pays de montagne, au-dessus des torrents à rives escarpées, là où la construction d'autres ponts semble impossible.

Le plus simple (2) se compose d'une demi-douzaine de cordes de h centimètres de diamètre, tendues d'une rive à l'autre, à 50 centimètres d'écarlement, bien maintenues par des traverses en bois, et portant un plancher de madriers. Un semblable pont ne sert qu'à l'infanterie ; encore est-il prudent de le munir de garde-fous, et de diminuer ses oscillations en le fixant à deux fortes croisières attachées aux rives. Son usage se limite aux rivières de 25 mètres de large au maximum.

On peut aussi construire des ponts suspendus en cordages suivant le système des ponts suspendus en fil de fer. Dans ce cas, les culées sont remplacées par de fortes pièces de charpente plantées verticalement sur les deux rives, et auxquelles viennent s'attacher les deux longs câbles qui forment chaînette et supportent le poids du tablier. Ce tablier se trouve posé sur de nombreuses poutrelles accrochées à l'extrémité de petits cordages verticaux partant de divers points de chaque chaînette.

Ponts de pilotis à 'petite échelle. — Dans le but de faire communiquer deux postes, on jette souvent, sur de petites

(1) Livre I", édition du Panthéon littéraire, p. 56.

(2) Dans les parties sauvages de l'Amérique, un simple câble, tendu d'une rive à l'autre, sert pour traverser par-dessus les ruisseaux ou torrents coulant au fond d'un ravin; mais comme il faut alors pour passer s'aider des mains et des pieds , comme le passage est toujours long, dangereux, incertain, ce moyen ne saurait être recommandé au point de vue militaire.

rivières ou des ruisseaux, des ponls dont les pilotis ne sont autre chose que des rondins ou de grosses branches d'arbre. Un ou deux rangs de semblables pilots, rangs parallèles au fil d'eau, suffîsent ordinairement. On cloue sur chacun de ces rangs un fort madrier en guise de chapeau, et l'on jette de la rive à chaque chapeau, et d'un chapeau à l'autre, cinq ou six madriers qui forment le tablier.

Un semblable pont est facile à improviser, parce que ses pilotis ne réclament pour les enfoncer qu'une simple masse, ou tout au plus un mouton à bras.

Page 1