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PARTISANS

point où l'on rejoindra, sont des ordres secrets que chacun ne peut deviner et exécuter sur le vu et la comparaison des actes de début, comme cela se produit auprès de la plupart des délachemenls.

W a^YGsY iiv['\c\cll9 du Service encampagne ,\esi^nsesh\ics parles partisans leur appartiennent, lorsqu'il a été reconnu, par la déclaration authentique d'une autorité couqiétente (1), qu'elles se composent d'ohjets enlevés à Tennemi (2). On les vend à leur profit, en présence de plusieurs de leurs officiers ou sous-officiers, à l'exception des armes et des munitions de guerre ou de bouche , que l'on utilise pour l'armée, mais en leur allouant au préalable une indemnité presque équivalente. La répartition de cette indemnité, ou du produit de la vente, se fait entre les partisans suivant les grades :

Chaque officier supérieur recevant 5 parts,

— capitaine 4 —

— lieutenant et sous-lieutenant 3 —

— sous-officier 2 —

— caporal ou soldat 1 —

Le commandant de l'expédition a six parts en sus de celles que lui donne son grade. Ces dispositions s'appliquent à tout délachement isolé qui réussit à faire et à ramener une prise : « il serait, dit le général Préval , injuste et impolitiquo de vouloir priver les détachements de cet avantage (3). »

En raison de ce qui précède, l'espoir du gain stimule le zèle et accroît le courage des partisans. Mais de là aussi une rapacité que l'habitude tend constamment à élargir : le général en chef agira donc sagement en les forçant à tenir un journal indicateur de toutes les réquisitions frappées par eux, journal qu'ils produiront à leur retour, accompagné des certificats des autorités locales à l'appui.

Il a existé des chefs de partisans qui ont su conquérir une granderenommée. Au débutdela guerre de Trente Ans (1618) le comte Ernest de Mansfeld, malheureusement trop féroce ;

(1) Eu France, chef d'état-niajor et intendant ou sous-intendant.

(2) Les objets enlevés aux habitants leur sont rendus.

(3) Commentaires sur le service en campagne, p. 76.

ZiOZj PETITES OPÉRATIONS.

en 1700, le français Dumoulin, qui marchait, en hiver, pendant quinze lieues de long, peur ailer s'embusquer avec ses dragons ; dans les deux premières guerres de la succession d'Autriche (de 17ZiO à 17/|5) , les autrichiens Mentzel, si farouche, Trenck, cousin du fameux prisonnier de Frédéric II à Magdebourg , Nadasty avec ses pandours ; les français Fischer, créateur d'un corps qui prit son nom, Grassin et La Morlière ; pendant la guerre de Sept Ans, le lieutenantcolonel Emmerich, auteur d'un petit ouvrage sur la spécialité des partisans ; dans la campagne de 1809, le major prussien Schill; de 18J2 à iSlh, les russes de Sesla^vine et Michel Orlofï (1).

La citation de quelques exemples historiques fera mieux comprendre le genre d'opérations exécutées par les corps de partisans.

l"" Le 21 juin 1710, rapporte Dangeau, « un de nos partisans, sorti de Namur avec 250 hommes , trouva moyen d'entrer dans Lille, se rendit maître d'un corps de garde qui était à la porte, alla ensuite sur la place, tua celui qui y commandait, et prit toute la garde; il pilla les maisons du ministre de l'Empereur et celle d'un Hollandais qui commande dans Liège, après avoir fait un assez gros bulin, ressortit de la ville et emmena 50 prisonniers. Il n'a eu dans cette affaire-là qu'un soldat tué et un de blessé (2). »

2° En 1712, le maréchal deVillars détacha « Pasteur, brigadier des troupes d'Espagne, et très bon partisan, pour pénétrer dans la Hollande où il n'y avait point de troupes. Cet officier s'acquitta fort bien de sa commission ; il alla tout près de Rotterdam, et brûla les petites villes deTortoUes et de Sleimbourg. Cette expédition étonna les Hollandais, qui étaient dséhabitués de nous voir si près d'eux (3). »

(1) Les flibustiers de l'Amérique, les guérillas de l'Espagne formaient en réalité des troupes de partisans. Tous les peuples ont ainsi , sous différents noms, des partisans plus ou moins habiles.

(2) Journal de Dangeau, nouvelle édition, par MM. Soulié, Dussieux , de Chennevières, etc.

(3) Vie de Villars, publiée par Anquclil, 1784, in-12, t. II, p. 232.

PARTISANS. liOb

3" « Un officier partisan ayant remarqué que deux régiments ennemis qui étaient en marche, avaient campé, pour passer la nuit, l'un en deçà d'un ravin, l'autre au delà, se glissa dans le ravin, et fit faire à ses soldats une décharge à droite et à gauche sur les deux régiments. Ceux-ci croyant que c'était l'ennemi, tirèrent de leur côté, et furent fort étonnés le lendemain de voir tant de morts de part et d'autre (1). »

h° « Je me rappelle, raconte Le Miere de Corvey (2), qu'en l'an VII (1798), commandant une compagnie de partisans en Belgique, je fus envoyé à Loo-Christi, à quelques lieues de Gand ; je n'avais pas plus de 25 hommes avec moi, et j'étais entouré de plus de .400 ennemis; on m'avait ordonné d'y attendre l'arrivée du reste de ma compagnie qui était dispersée et ne pouvait se réunir que le lendemain. Ce village, ouvert de tous les côtés, n'était pas tenable, j'usai de ruse; je fis venir le bailli et lui dis que j'attendais à chaque instant 100 chevaux et 250 hommes d'infanterie. Je commandai tout de suite 100 rations de fourrages et 350 rations de vivres; le bailli les fit confectionner dans le plus bref délai. J'ordonnai ensuite aux habitants de rentrer chez eux, et d'y rester tranquilles. Le soir, je fis sortir secrètement de petits détachements qui rentraient par une autre issue avec mon tambour en tête, battant la marche de nuit : je répétai cette manœuvre plusieurs fois, la ruse me réussit, je passai la nuit tranquillement, et l'officier qui me releva le lendemain avec 75 hommes, fut battu deux jours après par les ennemis qui avaient concentré leurs forces, et qui savaient qu'ils n'avaient que 75 hommes à combattre. »

(1) Harangue latine sur V art militaire, traduite par l'abbé Creyssent de la Moseille, à la suite de V Examen de plusieurs observations sur la littérature. Paris, 1779, p. 379. Je cite ce fait parce qu'il contient l'indication d'une ruse utile, mais je regrette de n'avoir pu le mieux éclaircir.

(2) Des partisans et des corps irréguliers, 1823, p. 256, 257,

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