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SURPRISES ET EMBUSCADES

Préambule. — A toute attaque , prévue et à découvert, il existe un mode de défense à opposer : l'art militaire l'enseigne, et il suffit pour le mettre en pratique, même devant des forces supérieures et dans des circonstances peu favorables, d'avoir assez de temps pour faire ses préparatifs. Mais ce temps est indispensable, et si l'on en manque, on est surpris, on se trouve dans une situation critique.

Tendre, effectuer une surprise, offre donc à priori un avantage à l'assaillant, celui de l'imprévu, avantage qui est tel, qu'une troupe faible peut vaincre, écraser une troupe nombreuse, avantage qui compense largement l'incertitude naturelle à cette sorte d'opérations.

Pour réussir, les surprises doivent se préparer en cachette ; de là leur plus fréquent emploi dans les pays accidentés. Elles réclament une exécution très prompte, car les données sur lesquelles on les base changent rapidement, et la lenteur jetterait dans l'inconnu par rapport à la position et aux projets de l'ennemi. Elles doivent aussi avoir affaire cà des troupes mal gardées, et c'est pourquoi ou les jouera plutôt contre les détachements que contre les armées, aujourd'hui que ces dernières recourent toutes à des mesures de sûreté convenablement organisées. Ces mesures, remarque Clausewilz (1), les rendent fort rares dans les guerres modernes ; elles ne sont pourtant pas impossibles pour des troupes vigilantes, expérimentées, même contre une armée.

La surprise sert dans l'offensive et dans la défensive : elle résulte pour l'assaillant de l'imprévu de sa marche ou de l'improvisation de son attaque, et pour le défenseur du secret et du bon appui de ses dispositions ; mais elle se produit plus

(1) De la guerre, traduction Neuens, t. III, p. 300.

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réellement, elle frappe av(>c plus d'initiative dans la guerre ofl'ensive, dont elle cunslitiie un des [)lus solides éléments.

Deux procédés se présentent pour préparer une surprise : 1° attendre l'adversaire de pied ferme, en s'embusquant à proximité de la route qu'il suit ; '2° se diriger vers l'ennemi par une marche rapide et détournée. Eludions ces deux procédés : la plupart des précautions usitées dans l'un s'appliqueront à l'autre.

§ I". Surprises par embuscade. — Le terme embuscade provient d'un mol bas latin, imité par les langues espagnole et italienne (1), et signifie dans les bois : les lieux boisés sont, en effet, favorables à ce genre d'opérations.

Les embuscades ont pour but d'enlever un poste, une patrouille, un convoi d'approvisionnements militaires, un troupeau, des marchandises, un cantonnement, des habitants, un personnage important (piince, général, ambassadeur, porteur d'ordres, etc.) : quelquefois on les destine à jj)'end?'e langue, suivant une ancienne expression , c'est-à-dire à faire une reconnaissance, ou bien encore à tomber sur une troupe, soit en marche, soit déjà engagée dans un combat.

La composition du corps chargé de l'embuscade exige une minutieuse attention. Les chefs, les soldats, doivent être aguerris, de bonne volonté, pleins de confiance en ceux qui les dirigent, prêts à frapper à l'aveuglette, au milieu de l'obscurité et des obstacles, là où il leur esl prescrit de porter leurs coups. Le choix des chevaux n'importe pas moins. Les robes blanches se verraient de loin ; prenez plutôt des montures à robe foncée. Un bruit, si minime qu'il fût, donnerait l'éveil ; évitez donc les animaux qui ronflent par peur, qui s'e'brouent en terme du métier ; évitez aussi les chevaux qui henniront à la première source d'excitation que leur apportera la brise. Vous voyez que les juments restent avantageuses pour les surprises; en outre, elles sont plus sobres,

(l) En bas latin emhoscata, eu espagnol emboscada, en italien imboscata ; suivant le traducteur de Santa-Cruz, les Espagnols disaient, au siècle dernier, enbosques, et chez eux bosque signiûe bois.

résistent mieux à la chaleur, à la soif et peuvent uriner sans s'arrêter : ces causes les font préférer aux Arabes dans toutes les entreprises aventureuses (J), mais nous devons ajouter que dans le cas d'une poursuite, si elles venaient à recevoir blessure, elles auraient moins de force et d'énergie pour mettre leur cavalier hors de portée du danger.

Afin de garder dans la marche et dans l'embuscade le plus profond silence , qui est évidemment ici un des éléments du succès, on ne mènera avec soi aucun chien, malgré l'habileté de cet animal pour guetter ; il serait trop difficile de retenir un aboiement malencontreux qui trahirait. On partira d'ailleurs la nuit pour mieux dérober son passage, et de manière à être embusqué pendant le jour, moment plus favorable pour découvrir : on suivra des chemins peu fréquentés et non pierreux, car sans cela le fer des chevaux y résonnerait trop ; on aura soin également de prescrire aux cavaliers d'assujettir leur équipement et de garnir de foin le fourreau de leur sabre, afin de supprimer tout cliquetis bruyant.

Si la route à suivre, pour atteindre le lieu.de l'embuscade, est détrempée par les pluies et garde l'empreinte des pas, il faut effacer cette empreinte par le frottement d'un rouleau ou un balayage au moyen de longues branches d'arbre, frottement ou balayage confié à une petite arrière-garde comjXH sée de fantassins (2) ; sinon l'adversaire la suivra à la piste et vous découvrira, à moins que vous ne l'induisiez en erreur, comme on le recommande souvent, en dé[)assant de beaucoup le lieu de l'embuscade, et en y revenant ensuite par un crochet efTectué à travers champs et sur un terrain bien sec.

L'emplacement choisi pour embusquer la troupe doit être assez spacieux pour la contenir, écarté, ouvert, muni au moins de deux issues, une destinée à la retraite, une [)Ius large destinée à exécuter sur Tennemi une attaque brusquée, et à front suffisamment étendu. Dans le cas oii Tembuscade tiendra probablement plus d'un jour, prenez cet emplacement à

(1) Les chevaux du Sahara, par le général Daumas, 3'=édit., in-18, I800, p. 76, note 2.

(2) Santa-Cruz, Réflexions mililaires , t. II, p, 242.

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proximité d'une source, do manière à pouvoir vous procurer de l'eau ; quant aux vivres, il sera facile d'en apporter avec vous.

La cavalerie par son essence demeure plus dilïicile à cacher, à embusquer que rinlanlerie (1) ; mais sa célérité diminue cet inconvénient en lui |>ormellant d'aUa{iuer pour ainsi dire à l'instant même oij elle est aperçue. On embusque cette arme dans des vallons sinueux, dans des bois, dans des ravins peu escarpés et larges, dans des cours de fermes isolées, en ayant soin d'abattre un grand mur pour pratiquer une seconde issue s'il n'en existe qu'une.

L'infanterie s'embusque au fond d'un fossé, derrière une digue, le long d'un chemin de fer, à l'abri d'un rocher, contre des haies, des vignes, des blés, presque partout, car elle peut au besoin s'asseoir, et même se coucher ventre à terre.

L'emplacement d'une embuscade doit aussi èlre situé de façon que l'adversaire puisse y lutter avec une portion seulement de ses forces. S'il s'agit de surprendre un ennemi en marche, il sera, de plus, peu éloigné d'une pente roide, d'un gué, d'un plateau propice à une halte, en un mot des endroits 011 l'allure se ralentit et où l'on observe moins d'ordre.

Si l'ennemi à surprendre est au contraire campé ou cantonné, on se placera de manière à pouvoir plutôt sortir de l'embuscade quand les hommes se rendeiit aux approvisionnements ou conduisent les chevaux rafraîchir.

Une fois l'emplacement de l'embuscade arrêté, n'y entrez jamais sans le faire fouiller au préalable. Placez-y vos troupes de manière à dissimuler le mieux possible leur présence. Entourez-les de sentinelles, même de vedettes, qui s'efforceront de satisfaire à la double et dilïicile condition de voir sans être vues, et qui se replieront au besoin, mais sans jamais recourir au Qui vive. Secondez l'aclion de ces senlinelles et augmentez vos sources de renseignements en plaçant [)rès de la route, et dans l'atlilude d'un laboureur travaillant à la terre, un soldat intelligent déguisé en paysan. Empêchez de

(1) Néanmoins il y a souvent dos corps d'embuscades composés d'une manière mixte, c'est-à-dire d'infanterie et de cavulerie à la fois.

hlO PETITES OPÉRATIONS.

passer outre tous les habitants qui se présentent, et gardezles, attachez-les même quelquefois.

Dès qu'elles sont embusquées, les troupes redoubleront de précautions. Parler, fumer, remuer, s'écarter sous un prétexte quelconque, faire du bruit, allumer du feu , tout cela sera défendu. Il sera principalement interdit de dormir. Tous les soldats resteront éveillés (1), prêts à combattre même, surtout dans une embuscade de cavalerie.. L'infanterie s'asseoira ou se couchera, mettra dans tous les cas son arme à terre : si elle restait debout, l'arme reposée et à l'épaule, ou bien si elle se tenait assise et le fusil entre les jambes, comme les armes sont chargées, un coup de fusil pourrait partir à rimproviste, soit par accident, soit par peur, et déceler Tembuscade.

On attaquera l'ennemi brusquement, plutôt par la queue que par la tête de la colonne , afin de jeter dans ses rangs plus d'indécision et de désordre : l'infanterie, après une décharge d'ensemble (2) , se lancera sur l'adversaire avec de grands cris 5 la cavalerie le prendra de revers, par un détour, dans le dessein de lui barrer le chemin. N'assaillir ni trop tôt, ni trop tard, voilà le point délicat pour une embuscade, pour l'officier qui la commande. Il y a toujours au cœur des soldats embusqués une certaine émotion à la vue de cet adversaire qui les frôle, gai, insouciant, sans penser à un danger imprévu, sur le point de surgir de côté ou par derrière, contre lequel souvent sa bravoure restera inqjuissante ; émotion aussi, en récapitulant les fatigues supportées, les périls courus pour se cacher, fatigues et périls dont le moindre incident peut faire évanouir le résultat : en raison de cette double émotion, on désire sortir d'incertitude et faire naître l'événement, on agit avec trop de précipitation et souvent l'embuscade manque. Le succès de cette opération de petite guerre exige donc beaucoup de sang-froid ; ajoutons du coup

(1) Plusieurs officiers généraux sont d'avis qu'une partie de la troupe peut dormir pendant le jour; mais dans tous les cas ce serait très dangereux pendant la nuit, comme le prouve l'un des exemples cités à la fia de ce chapitre.

(2) Des tireurs apostés viseront pendant ce temps aux officiers.

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d'œil et de l'adresse qui sont ici deux corollaires indispensables de la première condition.

Si l'on peut, au moyen d'un corps lâchant pied à dessein, attirer l'ennemi devant l'emplacement choisi pour l'embuscade, la réussite deviendra presque immanquable ; cette ruse s'emploie principalement dans les retraites, et vient en aide au vaincu pour retarder et afTaibhr la poursuite du vainqueur.

Quand on apprend l'existence d'une embuscade tendue par l'adversaire, dresser une contre-embuscade est un excellent moyen de la faire échouer, car l'ennemi sera infailliblement décontenancé en se voyant surpris, au lieu de surprendre comme il s'y attendait.

§ 2. Surprise par une marche. — Cette espèce de surprise permet d'éviter l'inconvénient d'une attaque trop précipitée, mais elle dépend de la justesse d'un calcul. Il faut supputer la marche de façon à tomber sur l'adversaire juste au point et à l'instant propices, et le difficile dans cette supputation consiste à tenir compte des retards, j'allais presque dire des accidents.

Le mieux semble d'attaquer au premier point du jour, lorsque les découvertes de l'ennecni rentrent et que ses avantpostes fatigués se reposent et se relâchent par conséquent de leur surveillance. On se ménage ainsi la clarté et la durée de la journée au moins pour la fin de l'opération, et l'on se trouve mieux à même de se tirer de l'imprévu.

Dans le cas où l'on se dirige sur une troupe en marche, il faut suivre une roule perpendiculaire ou fort oblique à la sienne, afin de ne pas tomber dans ses flanqueurs et de rester maître de son apparition.

Au xix* siècle, les surprises effectuées au moyen d'une marche se présentent plus fréquemment que les embuscades. Cette marche peut rester fort secrète, en imitant ce que les Français ont fait dans la campagne de Portugal pour surprendre les postes anglais, c'est-à-dire en entortillant les pieds des chevaux avec des morceaux de peau de mouton, placés la laine en dedans et liés au-dessus du paturon.

/il 2 PETITES OPÉRATIONS.

Nous ne saunons mieux terminer qu'en répétant avec le général Kléber : a Une surprise est plus déshonorante qu^ine défaite; » qu'en extrayant le précepte suivant de ses ordres du jour : (f Le plus brave homme peut être battu, mais quiconque se laisse surprendre est indigne de rester officier. »

§ 3. Exemples hisloiiques. — I. // faut sortir en bloc d'une embuscade. — Dans la guerre d'Afrique, l'an hh. avant J.-C, « Labiénus, voyant que César serait obligé de franchir un vallon et un bois , s'y met en embuscade. Ignorant le piège, César avait fait prendre les devants à sa cavalerie : quand elle eut atteint le vallon, les troupes de Labiénus oubliant ou exécutant avec maladresse les ordres qu'elles avaient reçus, ou soit qu'elles craignissent d'èlre culbutées dans le vallon par la cavalerie, commencèrent à sortir de leur embuscade à la file et chaque soldat l'un après l'autre pour gagner la hauteur. Nos cavaliers (c'est César qui parle) se mettent aussitôt à les poursuivre, en tuent un grand nombre, font plusieurs prisonniers, se dirigent tout de suite vers la hauteur et s'en emparent, après en avoir chassé les troupes qu'y avait postées Labiénus, lequel eut même bien de la peine à s'échapper avec une partie de sa cavalerie (1). »

IL Dans les surprises, n'oubliez pas d'adopter un signe de rcdliement (2), — En 1677, Villars, alors colonel, est envoyé de nuit reconnaître si une levée de terre se trouve gardée. Il avance avec 300 chevaux, laissant en arrière le reste de sa troupe, longe la chaussée, dépèche en avant des tambours et trompettes faire tapage, détourne ainsi l'attention de l'ennemi, fond subitement sur lui par la trouée d'une barrière abandonnée, et le met en déroute malgré son effectif de 2,000 hommes. Au plus fort de l'action, la réserve française arrive et prend les combattants en qneue. « Villars croit sa troupe environnée et se retourne. Il y a de Français cà Français, un combat court, mais meurtrier, qui ne finit qu'au cri

(1) Commenlaircs de César, guerre d'Afrique, chap. l, trad. de Wailly.

(2) La chemise, par exemple, jetée par-dessus farmure, comme à la prise de Foatoise en 1419 : la surprise se nommait alors camisade.

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de rallitMiioiil Villars; colle lâcheuse méprise sauve une partie des ennemis, qui sont cependant dépostés (1). »

m. Les soldats cmhusfjucs ne doivent pas dormir. — Le marquis de Sanla-Cruz (2), l'un des bons écrivains militaires d'Espagne, raconte à ce sujet le fait suivant : « Dans l'embuscade qu'en ITIO nous dressâmes de nuit contre nos ennemis auprès de Mora de Ebro, on n'eut pas le soin d'cmpécber les troupes de dormir. Elles étaient dans un profond sommeil, lorsqu'un peu avant le jour, un cheval de Don Joseph Miranda, alors capitaine de grenadiers du régiment des Asturies, se détacha; et à peine se fut-il mis à courir par la campagne, que les soldats à ce bruit s'élant éveillés, les uns commencèrent à crier aux armes; les autres à tirer sans savoir oîi; les autres à fuir, et plusieurs à se prendre entre eux pour ennemis : de sorte que l'embuscade fut découverte avant le temps, et n'eut aucun succès. »

IV. Pendant le siège de iMayence (1793), les Français assiégés échouent dans une surprise tentée contre le quartier général prussien sis à Marienborn, à cause du cri de Vive la nation! qu'ils jettenl à conlre-temps.

V. En 1796, les républicains envoient un chef de bataillon avec 200 grenadiers et 25 chasseurs à cheval surprendre la métairie de la Saugrenière. Ce petit corps marche de quatre côtés différents , avec une colonne de 50 hommes de chaque côté ; il débouche ainsi en silence aux quatre points cardinaux du plateau occupé par la métairie , et la cerne au moyen de h soldats placés, le fusil armé, face à chacune des croisées du rez-de-chaussée. Deux patrouilles de 4 hommes vont aussitôt frapper à chacune des deux portes, et somment de se rendre le chef vendéen Stolflet et les 3 officiers qui se trouvent avec lui dans cet asile.

VI. Le vaincu qui se retire trop près du vainqueur et sans obstacle couvrant est facile à surpre?idre. — Le maréchal

(1) Vie de Villars, par Anquelil, t. I, p. IS, 19. En attaquant, au lieu de se borner à faire sa reconnaissance , l'impétueux Villars transgressait ses ordres.

(2) Réflexions militaires et poUliques, traduction Vergy, t. II, p. 2G0.

AlA PETITES OPÉRATIONS.

Marmont, arrivé à ChampauberL le soir de la bataille de Vauchamps, le lli février 181Zi, apprit que l'adversaire vaincu venait de s'installer à 3 kilomètres de distance , à Étoges. Il marcha, dans le plus grand silence et de nuit, sur cette position avec 800 fantassins flanqués de chaque côté par 50 tirailleurs, tomba sur les avant-postes russes, les mit en déroute à coups de baïonnette, pénétra dans le village, trouva les troupes ennemies occupées de s'établir et dispersées, et les fit presque toutes prisonnières, au nombre de 4,000 hommes, sans avoir essuyé plus de 500 coups de fusil.

VII. Au mois de juillet 1845, en Algérie, un détachement de 300 fantassins et 25 cavaliers, aux ordres du commandant Manselon, cheminait, depuis une nuit, dans une gorge boisée de h pieds de large, quand il se trouva le matin, au premier crépuscule, à dix minutes des douars des Sbéahs, tribu chez laquelle Bou-Maza venait de recevoir l'hospitalité, et que l'on voulait surprendre. Après un moment de halte , la marche continua, chacun ayant l'œil au guet, mais au détour d'un mouvement de terre, un fantassin buta contre une pierre, et le choc de sa chute fit partir son fusil : « Au galop, cavaliers, s'écria aussitôt le commandant, et tâchez de réparer la maladresse de ce drôle ; nous vous suivrons au pas de course. » Les Arabes, mis en alerte par le coup de fusil, déguerpissaient déjà, car, entre l'intempestif signal et le premier choc des chasseurs à cheval, ils avaient eu trois minutes pour leurs préparatifs de départ, mais malgré la confusion, le coup de main réussit (1).

(1) Souvenirs de la vie militaire en Afrique, par le comte de Castellane, in-18, 1852, p. 196 à 198.

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