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PLAN DE LA CASSINE DE LA BOULINE

beaucoup des villages compris entre Brescia et la dérivation canalisée de la Chiesa. A 30 mètres au delà du canal s'élevait une grande cassine, nommée la Bouline (la Bollina), à laquelle

(1) On appelle cassine une grande métairie isolée, avec tous les accessoires nécessaires à une exploitation rurale.

on arrivait [lar un pelil pont de pierre : l'occuper, c'était fermer aux fourrageurs ennemis la plaine comprise enlre le canal et le pied des hauteurs qui s'en rapprochait fort; les Français y jetèrent II compagnies. Les préparatifs des défenseurs devaient d'abord consister dans l'ouverture d'une communication du pont K à la porte d'entrée A, mais la nuit devint si noire qu'elle empêcha tout travail. On eut seulement le temps de rouler de grandes cuves aux portes A et B pour les fermer, et de répartir la petite garnison. Une demi-compagnie garnissait le rez-de-cbaussée du colombier C dont sept grenadiers défendaient le haut; le poulailler F avait aussi sa petite garnison. Six hommes seulement stationnaient à la porte B qui semblait hors d'atteinte : le reste gardait la porte A ou bordait les murs D et les celliers E.

Le long de ces murs, de ces celliers, on avait mis quelques hommes derrière chaque créneau ; malheureusement ces créneaux, anciennement percés, se trouvaient à 1"',50 au-dessus du sol et très larges. L'ennemi profita de cette mauvaise disposition qui n'avait pu être modifiée faute de temps. Arrivant par la plaine entre la cassine et la montagne, il pointa trois canons contre la porte B, enveloppa le poste sur trois côtés, négligeant seulement les celliers E, et fourrant au moins une demi-douzaine de fusils dans chaque créneau , en chassa les défenseurs, puis continua son feu, et rendit ainsi l'intérieur de la cour intenable. Malgré une vigoureuse et intelligente défense, par les feux et la baïonnette, la porte A finit par être enfoncée et la cour se remplit d'Impériaux.

La cassine semblait perdue, mais tout à coup les assaillants reçurent de quatre côtés un feu vif, nourri, partant des diverses portions de bâtiment, feu d'autant plus meurtrier que la lueur de petits bûchers encore en llamme dans le milieu de la cour permettait d'ajuster, sans pourtant que l'instinct de leur conservation leur ait soufflé l'idée de les éteindre. Les Impériaux se précipitèrent sur le colombier C dont la reddition devait amener une capitulation générale ; les défenseurs du rez-de-chaussée avaient beaucoup souffert, ils cédèrent, mais les sept grenadiers du haut refusèrent de les imiter :

llZ'2 PETITES OPÉP.ATIONS.

a La poire n'est pas mûre, crièrenl-ils, et nous valons bien ceux qui se battent encore. » Le feu de ces grenadiers (1), celui du restant de la garnison dura toute la nuit en dépit des sommations. L'ennemi y répondait avec fermeté ; en plaçant un baril de poudre sous le colombier, ou en incendiant une portion de la cassine, il aurait eu le dessus à coup sûr et tout de suite, tandis que, finalement, au point du jour il prit le parti de se retirer devant les renforts qui accouraient pour délivrer les intrépides et persévérants défenseurs.

Une relation détaillée de ce beau fait d'armes nous a été laissée par l'un des acteurs, le chevalier de Folard, dans son Comynentaire sur r histoire de Polybe (2).

IL Défense de Thùtellerie de Craehnitz^ 1715. — Le comte iMaurice de Saxe, se rendant à l'armée saxonne de Poméranie dirigée contre Charles XII, fut investi le soir dans une hôtellerie du bourg de Crachnilz (près de Léopold, sur la Pieteva) par 200 dragons et 600 cavaliers appartenant à la confédération polonaise de Sandomir, qui luttait contre son père. N'ayant que 20 personnes avec lui, le futur maréchal général de France abandonna la cour et plaça 2 ou 3 hommes dans chaque chambre : ces hommes percèrent des trous dans les planchers, afin de pouvoir tirer du premier étage dans le rez-de-chaussée, enlevèrent des tuiles au bas du toit pour faire feu du grenier dans la campagne, et coupèrent les escaliers. Dès que l'ennemi se présenta, il fut reçu à coups de baïonnette par le comte de Saxe, posté avec le gros de ses forces dans une écurie. Les assaillants grimpèrent alors par les fenêtres ; Maurice se précipita l'épée au poing dans la chambre qu'ils avaient envahie, et son retour offensif

(1) Aucun d'eux ne fut tué ou blessé.

(2) Tome V, iu-4", J729, p. 421 à 429. — M. le colonel Augoyal {So{xce sur Lapara, p. 99, 101) a trouvé que Folard se donnait trop d'importance dans ce récit, et s'est appuyé des expressions du grand Prieur, demandant à ce sujet « quelque petite récompense pour le pauvre peiil Folard ; » mais on compte les guerriers qui n'enflent pas leur narration en se mettant en scène, et une plaisanterie déplacée, en réparation d'un ouMi, me semble indiquer du mauvais vouloir dans un chef.

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eut tant de vigueur (\uc les Polonais furent ou tues ou précipités on bas. Les confédérés, se voyant repoussés, cessèrent l'allaque et Ijloquèrent riiùlelloric jusqu'au jour : le matin, ils sommèrent le comte de Saxe de se rendre. Ce dernier rejeta toute proposition et lança contre ses adversaires en guise de balles les clous qu'il put trouver dans la maison. Entin, dénué de projectiles, il rassembla sa petite troupe, l'électrisa par son attitude et sa résolution, soilit, tomba sur un poste, le sabra, prit des cbevaux, et, acbevant de se faire jour, gagtia un bois prochain, puis Sandoniir où il y avait garnison saxonne (1).

(1) Le Rouge a représenlé celte action de petite guerre à In planche 51 de son Parfait aide de camp (ITtiO), mais son dessin n'appieud rien de particulier.

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