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REDOUTES

Soyons bref sur les redoutes, car ce sujet offre plusieurs points de contact avec la fortification.

On emploie les redoutes pour défendre des points attaquables, il est vrai, de tous côtés, mais à portée d^ètre soutenus, tels que des mamelons, l'entrée ou la sortie d'un défdé , les ailes d'une position ; elles sont excellentes pour fortifier, dans certains cas, le front d'une ligne de bataille.

§ 1". Défense. — On divise la troupe chargée de défendre une redoute en deux parties : une réserve égale au tiers de la troupe, et une partie active, forte des deux autres tiers et destinée à garnir le parapet. Cette partie active doit, si l'on veut obtenir une bonne défense, être assez forte pour munir le parapet de deux hommes par mètre courant. La réserve se divise en deux sections, la première chargée de repousser une attaque tournante cherchant à s'introduire par l'entrée, et la deuxième qui doit se porter vers le point de l'enceinte menacé.

Le commandant de la redoute explique au chef de chaque fraction de troupes placées sous ses ordres ce qu'il a mission de faire.

Jusqu'au moment de l'attaque, les sentinelles seules restent chargées de garder la redoute.

Lorsque l'ennemi se présente, on le canonne dès ZiOO mètres de distance, on le fusille à 150 mètres seulement. Il y a intérêt à exécuter les feux de mousqueterie lentement et en visant bien ; aussi les défenseurs montent-ils sur la banquette juste à l'instant de les commencer.

Une fois descendu dans le fossé, l'assaillant cherche à gravir l'escarpe 5 alors les défenseurs montent sur la plongée et font sur lui, le long du talus extérieur, un feu violent.

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Pourtant si l'assaillant, pendant l'opération de l'escalade, laisse des hommes sur le bord de la contrescarpe pour tirer sur les défenseurs, ces derniers ne peuvent monter sur lu plongée et restent derrière le talus extérieur.

L'assaut repoussé, on dirige un feu nourri sur l'ennemi qui se retire, et la troupe descend des banquettes. — Si au contraire l'assaut réussit, c'est à la réserve à se jeter sur les premiers ennemis qui entrent dans la redoute, à les repousser et à les culbuter dans le fossé.

§ 2. Attaque. — Pour attaquer une redoute, on divise la troupe assaillante en trois coloimes : chaque colonne renferme des travailleurs munis d'outils dont la principale fonction est de détruire les défenses accessoires. En arrière de ces colonnes marche une troupe de soutien ou réserve.

Afin d'occuper l'ennemi et de lui donner de l'inquiétude, deux de ces colonnes font de fausses attaques.

L'attaque principale, la véritable attaque, a lieu sur un point déterminé par la situation et la forme de la redoute, ainsi que par la position et la force du corps attaquant.

On commence par faire taire l'artillerie et la mousqueterie de la défense, au moyen d'une canonnade soutenue; puis les colonnes, précédées par les travailleurs et protégées par des tirailleurs, se portent en avant sur la capitale et sans tirer. Les travailleurs arrachent les défenses accessoires ; cela fait, les colonnes descendent dans le fossé. Pendant ce temps, des tirailleurs postés sur le bord de la contrescarpe tirent sans cesse pour empêcher les défenseurs de se montrer sur la plongée.

On escalade l'escarpe, et, après un instant de repos pris sur la berme, on gravit le talus extérieur. Arrivé au haut de ce talus extérieur, on tire sur les défenseurs, et, dès qu'on est parvenu sur le plan de la plongée, on tombe sur eux à la baïonnette. Il faut, à ce moment surtout, éviter de s'éparpiller, parce qu'il est inqDortant pour chaque colonne d'attaque qui réussit dans son entreprise de se présenter en masse sur un seul point.

Aussitôt les tirailleurs restés sur la contrescarpe marchent à la suite des colonnes pour les soutenir , et le corps de réserve cherche à tourner la redoute par son entrée.

Les colonnes parvenues dans la redoute se jettent sur la garnison, la culbutent, y compris sa réserve, jusqu'à l'entrée dont elles ouvrent la barrière pour permettre au corps tournant de s'introduire.

L'ouvrage pris, l'assaillant établit sa réserve face à l'ennemi, afin de parer aux retours offensifs et de donner à ses colonnes d'attaque, qui ont dû souffrir dans l'assaut, le temps de se reformer.

Telle est la manière méthodique d'attaquer une redoute, mais elle suppose un corps d'attaque important.

Souvent un petit détachement, une demi-compagnie d'infanterie, par exemple, est tout ce que l'on peut consacrer à l'attaque d'une redoute; cette petite troupe suffira, à la rigueur, s'il s'agit d'enlever une de ces redoutes comme il s'en présente fréquemment dans les batailles, contenant seulement plusieurs pièces d'artillerie et 20 ou 30 hommes d'infanterie. Vu la faiblesse des assaillants, il ne faut point alors songer à menacer les flancs de la redoute, ni à s'embusquer pour viser isolément les défenseurs à l'aide des nouvelles carabines dont le tir atteint si juste. Le meilleur mode d'attaque repose, dans ce cas, sur une espèce de charge en fourrageurs , c'est-à-dire que pour éviter la mitraille vomie par la redoute, on se précipitera sur elle au pas de course, tous les soldats s'éparpillant à grande distance, avançant autant que possible en ramjxint, et ayant rendez-vous sur la berme ou le parapet de la redoute, qu'ils chercheront à escalader à la fois de différents côtés. Une semblable attaciue réclame beaucoup décourage et d'adresse, surtout un grand bonheur; il est en effet arrivé, dans les guerres de Napoléon I", que la prise d'une pareille redoute consommait deux ou trois détachements commandés par un officier; aussi, on le comprend, le chef qui réussissait recevait une brillante récompense.

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