‹ Éléments d'économie politiqueChapitre 37 sur 87 · CHAP. II. — MOUVEMENTS GÉNÉRAUX I · texte numérisé non relu

CHAP. II. — MOUVEMENTS GÉNÉRAUX I

contraire, tout simple d'admettre que les conditions de l'offre de la monnaie elle-même se sont modifiées. La monnaie expliquerait donc les mouvements généraux des prix. Nous examinerons plus loin, en étudiant la monnaie, quelle est l'influence qu'on peut lui attribuer sur la formation des prix (i). Mais il suffit ici de considérer que le raisonnement qui vient d'être exposé pèche par une simplification excessive de l'hypothèse : jamais tous les prix ne varient dans le même sens ; une hausse ou une baisse générale des prix n'est qu'une hausse ou une baisse moymne ; or, comme les prix varient chacun selon les conditions propres au marché de chaque marchandise ou de chaque service, leurs variations, à moins de se neutraliser par hasard, ont constamment pour résultat une hausse ou une baisse moyenne de l'ensemble des prix ; ces mouvements d'ensemble pourraient donc s'expliquer sans invraisemblance par les conditions qui déterminent les variations individuelles des prix.

Cependant, il faut reconnaître que, lorsque la hausse ou la baisse a un caractère durable, c'est-à-dire lorsqu'elle se prolonge pendant une suite d'années, il est logique d'en chercher l'explication soit dans un facteur qui agirait, toutes choses égales d'ailleurs, sur Vensemble des prix, soit du moins, dans un facteur qui agirait sur la majorité d'entre eux. C'est là, à vrai dire, un des problèmes les plus vastes et les moins résolus qui se posent à l'attention des économistes, et le caractère élémentaire de cet ouvrage ne permet nullement d'en aborder la discussion (2).

(i) Voir 3« section, ch. 11, § 2.

(2) On peut lire» sur ce sujet, le récent ouvrage d'iRViNG FiSHER, Ihe purchasing power of money . — Voir aussi Târticle de M. Lescure, Hausse et baisse générales de prix (Rev, d'écon. polit,, juillet-août 191 1,.

l50 PART. H. — CIRCULATION

Il convient toutefois d'observer, pour ajouter un complément indispensable à ce qui a été exposé au chapitre précédent, que les divers marchés exercent une influence les uns sur les autres : parmi les facteurs qui déterminent les conditions de 1 offre et de la demande de chaque marchandise, il y a précisément les conditions de l'offre et de la demande des autres marchandises. En effet, premièrement, il y a des objets qui répondent au même besoin, autrement dit qui sont àtssuc^ cédanés l'un de Tautre : par exemple Thuile à brûler et le pétrole, le café et le thé. Il y a aussi des marchandises, ou des services, dont l'un entre dans la composition de Tautre, comme matière première^ ou comme moyen de transformation ou de transport. Ici encore, on comprend comment leurs marchés sont solidaires. Ainsi, des circonstances (progrès techniques, concentration de la production, ou, inversement, difficultés nouvelles provenant soit de la rareté de la matière première, soit de toute autre cause) qui influent sur la valeur même d'un petit nombre de matières premières, de moyens de transformation ou de moyens de transport, peuvent modifier le prix de revient d'un grand nombre de marchandises et provoquer, par leurs répercussions, un mouvement général de hausse ou de baisse.

Page 1