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CHAP. I. — LA MONNAIE

Toutefois ils ne sont plus assez nombreux pour qu'il y ait lieu de distinguer, comme nous l'avons fait pour la monnaie métallique, divers systèmes. Il conviendra seulement, en mentionnant ces pays, de signaler quelques particularités relatives à chacun d'eux.

§ 10. — La répartition actuelle des systèmes monétaires : pays à circulation d'or, à réserve d'or, à monnaie d'argent, à monnaie de papier. — L'Union latine.

Le régime qui comportait la double frappe libre de Tor et de l'argent et assurait aux nations qui le possédaient une monnaie commune à la fois avec les pays à étalon d'or, et avec les pays à étalon d'argent, en d'autres termes, le bimétallisme proprement dit, a disparu. Et désormais le monde monétaire se divise simplement entre pays à monnaie d'or, pays à monnaie d'argent, et pays à monnaie de papier. Cependant, il convient de distinguer, parmi les premiers, ceux qui ont une circulation d'or et ceux qui ont seulement une réserve d or.

Parmi les Etats ayant une circulation d'or, on doit ranger d'abord ceux qui sont au régime du monométallisme-or, proprement dit. Ce sont, avec l'Angleterre, et plusieurs de ses colonies, notamment l'Australie, le Cap, le Canada, diverses nations qui sont passées successivement de l'étalon d'argent, ou du papier- monnaie^ à l'étalon d'or. Citons notamment l'Empire allemand, les pays Scandinaves, la Russie, le Japon, le Mexique (en fait, depuis 1904).

Il faut mentionner ensuite les anciennes nations bimétallistes, qui, ayant supprimé la frappe libre, n'ont conservé de leur ancien régime monétaire que le cours légal illimité de certaines pièces d'argent. Tels sont notamment la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie, et, en Amérique, les États-Unis.

Parmi les pays ayant seulement une réserve d'or (système du gold exchange standard), il y a d'abord certains pays ï. circulation d' argent ^ dont les Philippines ^présentent le type le plus correct.

Aux Philippines, la circulation intérieure est restée composée de pièces d'argent, mais il existe à Manille un bureau de change fournissant,à un taux fixe, des mandats payables sur des fonds déposés à New- York, de telle "sorte que la convertibilité, à une parité constante, de la monnaie locale en or est assurée d'une façon rigoureuse (i).

Divers pays de l'Amérique latine, qui étaient récemment encore au régime du papier-monnaie, ont également réussi, tout en conservant leur monnaie de papier a fintérieur, à assurer, grâce à une caisse de conversion, sa conversion régulière, à un taux fixe, en or (2).

Ces pays sont ainsi arrivés à donner pour base à leurs systèmes monétaires, l'or, monnaie internationale.

En dehors des systèmes nationaux de monnaie métallique, il convient de mentionner l'existence d une union monétaire importante, dite Union latine^ qui groupe la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie et la Grèce. Ces divers Etats, ayant, à Tintérieur, un même régime mo-

(i) L'Inde anglaise, quoique ayant servi de modèle au gouvernement des Philippines, a un régime monétaire intermédiaire entre celui du gold exchange standard et le précédent. En effet, quoiaue 1 or y circule peu, et qu il ne soit pas admis à la frappe libre, l'Inde, pays producteur d'or, possède cependant un stock de métal jaune plus important que la plupart des pays à réserve d*or, et l'admission ad libitum des monnaies anglaises dans la circulation équivaut à la frappe libre de l'or. De plus, le gouvernement n'a pas institué de caisse de conversion. Cependant, l'or n'étant guère destiné qu'aux règlements extérieurs, et le gouvernement convertissant, en fait, l'argent en or à un taux fixe, il y a lieu de rattacher le système de rinde à celui du goîd exchange standard,

(2) Sur les conditions de durée de ce système, vQJr plus loin, 3® sect., chap. 11, § 4.

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hétaïre, ont décidé, depuis 1865, de laisser circuler à travers leurs frontières, et de recevoir dans les caisses publiques des pays contractants, les pièces émises par chacun d'entre eux(i). L'effet principal de cette convention est que l'argent est resté, parmi eux, monnaie internationale (2).

(i) Sauf quelques réserves apportée* par des conventions récentes : ainsi les monnaies divisionnaires italiennes et grecques ont été rapatriées dans leur pays d'origine.

{2) En outre, ces pays prennent d'un commun accord les principales mesures intéressant leur régime monétaire. Ainsi, en 1865, comme l'argent faisait prime, ils ont affaibli le titre des monnaies divisionnaires — l'abaissant de 90O à 835 millièmes, pour en empêcher Texportation. Ce fut même la nécessité d'une action commune en cette circonstance qui fit réaliser de l'Union latine. Au contraire, en 1871, les pays contractants ont décidé de restreindre la frappe de Targent pour enrayer la fuite de l*or, et, en 1878, ils ont réglé, d'un commun accord, la suspension de la frappe libre pour le métal blanc.

Sur la situation de la France dans l'Union latine, l'historique de cette union et le problème éventuel de sa liquidation, on peut con-. sulter divers ouvrages, dont les plus récents sont la thèse de M. CHMJSSEKiE'LhVRtEy L* Union monétaire latine, Paris, 191 1, et le livre de M. A. E. Janssen, Les conventions tfwnétaires. — Voir aussi un résumé excellent dans de Fovillb, La monnaie^ p. 55 etsuiv.

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