CHAP. H. — LA BANQUE EN GÉNÉRAL
2. — Quant à Vimportanee, il en est des banques , comme des autres entreprises commerciales : on ren* contre à la fois de grands, de moyens et de petits établissements. Les établissements de banque les plus importants sont généralement constitués sous la forme de sociétés par actions ; ils ont le plus souvent leur siège central dans une capitale, telle quç Paris ou Berlin, et possèdent pour la plupart des succursales : à ce type correspondent notamment les grandes sociétés de crédit françaises, telles que le Crédit lyonnais^ le Comptoir d^Es* compte^ h Société générale (1)9 et beaucoup de banques allemandes.
Cependant^ il y a aussi des banques privées fort importantes, ne serait-ce que par leur ancienneté et leur notoriété, que Ton désigne souvent sou5 le nom de Haute banque : telle la banque Rothschild.
Il existe, en outre, en tous pays, un grand nombre de sociétés ou d^e banques privées de moyenne envergure, dans les grands centres de province, comme, en France, à Nancy, Lyon, Grenoble, Marseille, etc. Et enfin, on trouve, jusque dans d'humbles petites villes, de petits banquiers, quiont à peiné quelquesèmployés(2).
(i) S»r ks grgqdç5 çoçiéiés de crédit françaises, gn peut consul-» ter notamment rartjçle de M. Aï-Pin Hua^^t, U divmppçment 4^$. opérations dç crédit de^ grmd^s hanque^ françm^s^ dap^ 1^ R^ue éconQtniqtip intertfK^ionale^ ^ût 1912,
(2) Il §'es^ produit, eq matière d^ bapçjue, comme ppur le çpm-» merçe en çénérjil, un mouvement de concentration qui 4 abouti k \^ prédominance des grands établissements, ou plus exactement, depuis la seconde moitié du T^n^ siècle, des ^rand^ sociétés par actions. Ces sociétés se sont constituées, pour h plupart, entre ;S52et ï86s.
Elles oqt généralement engagé une lutte avec les petites banques ; en France, la concentration a été particulièrement énergique, çt s'est opérée le plus souvent par la substitution des succursales des grands établissements aux banques locales. (Voir Saurei:», Sociétés de crédit contre banques tocaUs, tfi., Paris 1901). Cependant, les plus solides des banques régionales se sont maintenues ; les unes, en
l88 PART. II. — CIRCULATION
3. — La classification des banques à* après leurs fondions est plus délicate. On rencontre d'abord des établissements qui accomplissent sensiblement îouies les opérations mentionnées au paragraphe précédent : ce sont notamment les sociétés de crédit françaises. En effet, elles reçoivent des dépôts, ouvrent des comptes, font les encaissements et recouvrements, les opérations de change ; elles font l'escompte et les avances sur titres, ouvrent, à la rigueur, quelques crédits à découvert, et font des acceptations ; elles ont un service de garde collectif (dépôt libre des litres) et individuel (coffresforts) ; elles transmettent les ordres de bourse de leur clientèle, se chargent de toutes les opérations que comporte la conservation et le maniement des titres; elles participent aux émissions, en ouvrant leurs guichets aux souscriptions et en envoyant des démarcheurs au domicile de leurs clients, et elles interviennent même directement sur la bourse (voir plus loin, 4^ sect.,ch. II, §4et5).
Cependant, nous verrons plus loin que, en raison même de la multiplicité de leurs opérations, ces établissements de crédit ne peuvent donner une égale extension à toutes leurs affaires : en France, ils font peu
Lorraine notamment, sont devenues des banques d'affaires ; les autres se sont consacrées aux placements de titres, et ont obtenu, grâce à la Société centrale des banques de province, éxMxQ à Paris, une importante participation aux grandes émissions. (Voir L. Brocard, Concentration et centralisation dans le commerce de banque (Bulletin de la Chambre de Commerce de Meurthe-et-Moselle, janvier-février 1908).
Un mouvement de concentration analogue s*est opéré à l'étranger, noï^amment en Allemagne et en Angleterre. T Voir E. Depitre, Le mouvement de concentration dans les banques allemandes^ ih., Paris, 1905 et Raffard, Le mouvement de concentration dans les banques anglaises, th., Paris. 1909.
Pour Tensemble de ce sujet, consuher B NoGARoet W.Oualid, V évolution du commerce^ du crédit et des transports.