‹ Éléments d'économie politiqueChapitre 56 sur 87 · LA NOTION DE CRÉDIT · texte numérisé non relu

LA NOTION DE CRÉDIT

§ 1. — Echanges et crédit. — Le crédit et l'idée d'un transfert de capital. — La nature du crédit.

Nous avons considéré jusqu'ici le mécanisme des échanges en général, et nous avons eu en vue le cas le plus usuel de l'échange, celui do prestations simultanément réciproques, comme dans la vente d'une marchandise payée comptant, — ou même dans une vente à terme, puisque,en ce cas, livraison et paiement sont différés à une même époque. Mais il y a aussi des échanges qui consistent, d'une part, dans une prestation immédiate, et, de l'autre, dans une contre-presution future : tel est le cas de la vente à crédit, où le paiement seul est diflféré, et encore celui du prêt, où une marchandise est fournie actuellement par le prêteur, et où son équivalent sera res-

tiyS PART. II. — CIRCULATION

tiiué plus lard seulement par Temprunteur. On comprend aisément qu'une telle opération implique, du côté de l'emprunteur une certaine foi en l'avenir, et, du côté du» prêteur, une certaine confiance. Aussi dit-on que c'est une opération de crédit {credere, croire).

Ainsi, le crédit comprend cette catégorie à'échanges^ où une prestation immédiate est faite contre la promesse d'une contre-prestation dans V avenir .

Ces échanges, dans lesquels un certain espace de temps sépare les prestations réciproques, jouent un rôle tout pariiculier dans la vie économique. Ce sont eux qui permettent à des individus, qui ne sauraient utiliser personnellement des biens leur appartenant, de les mettre momentanément à la disposition de leurs semblables, sans les aliéner d'une façon définitive. Ou, d'un autre point de vue, ce sont eux qui permettent à des individus de se procurer des biens actuels, en échange de biens futurs, quils espèrent acquérir.

Le crédit fournit ainsi des objets de consommation à ceux qui en ont besoin (crédita la consommation^ voir plus loin au troisième livre). Il fournit, aussi et surtout,, à ceux qui veulent entreprendre une production nouvelle, les richesses — matières premières, outillage, dans l'industrie ; marchandises, local, dans le com^ merce, etc., — qui leur sont nécessaires, — ou, du moins, des sommes d'argent avec lesquelles des producteurs se procurent tout cela. Aussi, peut-on dire que les opérations de crédit consistent dans un transfert de capitaux des mains du propriétaire dans celles de l'entrepreneur.

Le crédit joue donc un rôle considérable dans la production : il y contribue directement, en faisant passer les capitaux disponibles entre les mains de ceux qui peuvent les employer dans des entreprises ; et indirectement, en stimulant la formation de nouveaux capi-

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