CHAP. H. — LES TKANSPORTS TERRESTRES
c'est-à-dire, la rémunération des frais d'établissement de la voie, tandis que l'Etat, en France du moins, met gratuitement les canaux à la disposition de la batellerie.
Or, ces frais d'établissement seraient sensiblement les mêmes pour un canal que pour une double voie ferrée (de quatre à cinq cent mille francs par kilomètre), et les rivières elles-mêmes, pour être navigables, exigent un aménagement onéreux (i). La conclusion de ces observations est que l'économie de frais de transports présentée par la navigation intérieure serait apparente, et que la différence entre le prix du transport par batellerie et le tarif des chemins de fer serait simplement payée /wr lescontrituablcs SLU lieu de l'être par les consommateurs (2). — • Toutefois, il convient de noter d'abord que si, effectivement^sur certains parcours, les compagnies de chemins de fer appliquent des tarifs sensiblement identiques à ceux de la navigation, il ne semble pas bien démontré qu'il leur serait possible de généraliser ces tarifs, même dans un milieu géographique analogue, ni qu'elles lesappliqueraient jûfm la concurrence de la batellerie (3). D'autre part, un très grand nombre d'usines sont établies au bord des rivières et des canaux, Ql économisent ainsi les frais de transbordement et de roulage que comporte généralement la voie ferrée (4). Et ces frais sont souvent très considérables par rapport au coût global du transport.
(i) La Seine, entre Paris et Rouen, a coûté 70 millions d'aménagements, alors qu'elle représente seulement 134 kilomètres de parcours utile. Elle a coûté ainsi autant qu'un canal, avec, il est vrai, des possibilités de trafic beaucoup plus considérables.
(2) CoLsoN, Cours, t. VI. p. 321 ss. Voir aussi Marlio, La loi de j^os sur les nouvelles voies navigables en Allemagne ^ Th. Paris 1907.
(3) M. Paul LÉON signale même des écarts trcb considérables selon que cette concurrence existe ou non. Voir son livre Fleuves, canaux, chemins de fer et son article de la Revue économique internationale, nov. 1904, p. 583.
(4! Sauf pour les usines, assez rares, qui possèdent un embranchw'meni les reliant à la voie lerrée.