LIVRE III
4* Emettre des billets de banque En Tan 807, rcinpereur de la Chine Hian-Tsong ordonna qu'on déposât au trésor impérial la monnaie d'or et d'argent, et il délivra, en échange, des certificats, qui circulèrent comme moyen d'échange légal, parfaitement reçu par le commerce. On leur donna le nom très juste de fei-tsien « monnaie volante d.
La Banque de Venise (fondée en 1171), la Banque d'Amsterdam (1609), la Banque de Hambourg (1629), la Banque de Rotterdam (1655), émirent des certificats de dépôt, représentant, en sommes rondes, la valeur en métal fin des espèces déposées dans leurs caisses. Ces billetç, donnant droit à un poids déterminé d'or ou d'argent, étaient préférés, comme moyens de payement, aux monnaies courantes, dont la valeur se modifiait souvent par décret de l'autorité ou par le <c frai ». On stipulait les sommes payables en billets de la banque qui faisaient prim''.
Aujourd'hui ce titre de crédit est d'un usage général dans tous les pays civilisés, et l'on en a même souvent abusé.
Les billets de banque, payables à vue et au porteur, moyen de payement, sinon légal, au moins partout accepté, sont remis en échange des elTets de commerce, qui ne circulent qu'entre personnes qui se connaissent et dont la responsabilité est engagée.
Ces billets sont ordinairement préférés aux espèces métalliques, parce qu'ils sont plus légers et plus commodes pour compter des sommes importantes. Après 1848, en France, l'émission des billets ayant été limitée à un maximum insuffisant pour les besoins des échanges, on payait une prime pour en obtenir.
234 ÉLÉMENTS D'ÉCONOMIB POUTIQUE.
Les billets de banque émis sont couverts par une encaisse en espèces ou en lingots monétaires, et par les effets de commerce escomptés, qui constituent le Portefeuille.
On estime qu'une banque d*émission doit avoir une encaisse égale au tiers de sa circulation fiduciaire. Une loi de 1844 soumet la banque d'Angleterre à une règle encore plus sévère. Toute émission de billets dépassant quatorze millions et demi de livres sterling (562 500000 fr.) doit être couverte par une somme égale en monnaie légale ou lingots, de sorte que l'instrument d'échange ne peut augmenter que dans la proportion où il le ferait s'il était exclusivement métallique.
La prudence commande aux banques d'émission de maintenir leur encaisse au niveau convenable, en élevant le taux de l'escompte quand les métaux précieux sortent du pays.
Dans les moments de grande crise, les gouvernements décrètent parfois le cours forcé. Les banques sont alors autorisées à ne pas rembourser leurs billets à vue, et chacun est forcé de recevoir ces billets non remboursables, en tout payement, pour leur valeur nominale.
Cette mesure extrême a pour but de permettre aux banques tantôt de continuer à prêter leur crédit aux commerçants et aux industriels, ce qui est un bien, tantôt de faire à l'État des avances sous forme de billets imposés au public, ce qui est un mal, mal d'autant plus grand que l'émission de ces billets non remboursables est plus considérable.
Quand la quantité de ces billets dépasse les besoins