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trayail les mêmes aptitudes. Nui n' égale l'Anglais là où il faut de Ténergie et de la persévérance. Le Français a plus de dextérité et de goût. L'Américain sait mieux diviser la besogne et s'aider des machines. L'ouvrier belge est le moins coûteux de tous, eu égard à l'ouvrage qu'il fait. Chaque pays a même ses spécialités : l'Italien travaille mieux le marbre; le Belge, le zinc; l'Anglais, le fer; le Français, la soie.
Cependant, sauf pour des cas extrêmes, l'instruction, les habitudes, les croyances, les institutions et les lois, c'est-à-dire toutes les causes que l'on peut modifier, exercent sur la productivité du travail une influence plus grande que la chair et le sang, c'est-à-dire que les causes héréditaires et fatales.
Partout où l'homme est rémunéré de sa peine, il ne l'épargne point. Lllalien, qu'on accuse de paresse, brave la fièvre dans la campagne romaine, coupant les blés sous l'effroyable soleil de juin.
Depuis qu'il est affranchi, et qu'avec la liberté il a obtenu la propriété, le nègre, aux États-Unis, soigne-sa case et sa récolte de coton, et même au milieu de l'Afrique, les noirs cultivent bien leurs champs, quand ils ont quelque sécurité.
Jadi s des races dites inférieures, les Indiens du Pérou et les Aztèques du Mexique, ont construit des palais, des cités et des canaux d'irrigation, dont les ruines étonnent, et elles ont entretenu la plus riche culture dans des pays qui, sous la domination des Européens, se sont appauvris et dépeuplés.
Y a-t-il une preuve plus évidente que, pour favoriser la production, les institutions et les lois font plus quu le sang et la race?
48 ÉLÉMENTS D'ÉCONOMIE POLITIQUls.
L'homme étant perfectible, peut, à quelque race qu'il appartienne, acquérir, par l'éducation, une grande partie des aptitudes qui lui manquent*
§ G. De rinfluenoe det doeinnet philotophiiiaet et rellgîeates
•ur la productivité du travail.
Plus une doctrine philosophique ou religieuse est fondée sur une idée juste de l'homme, de sa destinée et de ses devoirs, plus elle est favorable à la production abondante, à la répartition équitable et à la consommation rationnelle des biens. Dans la mesure exacte où une philosophie ou un culte sont contraires à la raison, ils contribueront à perpétuer parmi les hommes la misère et l'injustice.
Comparez la condition économique des peuples chrétiens à celle des peuples qui ne le sont pas : quelle différence !
Qu'on ne dise pas que c'est l'influence de la race, car beaucoup de musulmans et d*Hindous appartiennent à la race blanche, et les Circassiens du Caucase, mahométans et barbares, sont un des plus nobles rameaux de notre race, puisque quelques savants ont appelé celle-ci caucasique. Le christianisme a favorisé la prospérité des peuples, parce qu'il a mis en honneur le travail, la simplicité de la vie, l'équité dans les relations sociales.
Il a amené la fin de l'esclavage, non en commandant son abolition, mais en disant aux hommes qu'ils sont égaux et frères.
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De même, c*esl en prêchant le détachement des richesses, qu'il a ouvert les sources d'où jaillit la richesse.
Les communions chrétiennes qui ont suivi le plus «Irictement l'esprit de l'Évangile sont aussi celles où c bien-être est le plus général.
Parmi les quakers, en Angleterre, ainsi que le remarquait déj^, Voltaire, et parmi les Mennonites, enHollande, il n'y a point de pauvres.
Malgré l'élévation spiritualiste de son monothéisme, la religion de Mahomet a été partout, sauf chez les Maures d'Espagne, contraire au progrès économique. Le fanatisme a produit l'inertie; la polygamie, l'abaissement de la femme; et le gouvernement, étant toujours théocratique, a diminué l'énergie individuelle. ^-^^
La religion de la Chine, où l'élément moral l'em?. gorte depuis longtemps sur la théogonie enfantine qu'elle renferme, a été très favorable au travail, parce qu'elle en fait un devoir et pour ainsi dire un acte du çuJte. A certaines fêtes, l'empereur de la Chine laboure la terre de ses propres mains.
Au Japon, l'agriculture et l'industrie étaient arrivées, ^njdehorsje toute influence européenne, au plus haut degré de perfection. Les campagnes étaient admirablement cultivées et l'aisance générale. L'antique religion du Japon, le Shinto, était un culte de la nature, très simple, peu chargé de rites et de superstitions, mais recommandant aux grands et même à l'empereur la simplicité, l'économie et, à tous, le travail.
L'aptitude des Israélites à s'enrichir est un des faits les plus curieux de l'histoire économique. Jadis, ils avaient converti les montagnes arides de la Palestine en un pays où <c coulaient le lait et lemiel )), et où vivait
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dans l'aisance une population nombreuse ; et, depuis qu'ils sont dispersés dans le monde, ils sont en train de le conquérir par l'accumulation du capital. Leur supériorité sous ce rapport vient-elle de la race? Nullement, car les Arabes, Sémites comme eux, sont rebelles au progrès économique. Elle est plutôt la conséquence de leurs idées morales et religieuses, qui ont créé en eux une seconde nature, tout adonnée à la production et à la capitalisation de la richesse.
Partoiit, dans l'antiquité, le travail était méprisé : c'était le lot de l'esclave. Au contraire, les prophètes d'Israël glorifient le travail comme la source de tout l)ien-être et blâment la paresse comme la mère des vices et des souffrances.
Le travail manuel est considéré comme un moyen de relèvement moral, et les lettrés mêmes doivent s'y livrer. Les sages et leurs disciples conduisaient la cjiarrue. Leur maxime était : c< Laboure et instruistoi. »
Voici ce qu'on lit dans les Proverbes de Saloraon :
oc La main paresseuse appauvrit, mais la main des diligents enrichit, d (x, 4.)
« Va, paresseux, vers la fourmi : regarde ses voies, et deviens sage. » (vi, 6.)
« Elle prépare, en été, sa nourriture et amasse, durant la moisson, de quoi manger. » (vi, 7.)
« Un peu dormir, un peu de sommeil^ un peu les mains pliées pour être couché, et la pauvreté viendra comme un passant, et la disette comme un homme armé. » (vi, 10, 11.)
Le Talmudy s'appuyant sur le psaume cxxvm, met le travailleur au-dessus de celui qui n'est que pieux, et