LIVRE Tl
établit une égalité de dignité entre le travail manuel et le travail intellectuel. (Bérachot, 17.)
Quelques sentences talmudiques sont admirables :
« Grand est le travail : il nourrit, élève, ennoblit -^ celui qui s'y livre. »
« Celui-là seul qui sert la terre reçoit d'elle à satiété. »
« Écorche plutôt une charogne, dans la rue, que d'avoir recours à la charité. »
<K Qui n'enseigne pas un métier à son fils, l'élève poui; le vol. »
Voici encore un récit du Talmud : Un rabbin enlève lui-même une goiiîre de son champ; on lui demande s'il n'a pas d'ouvriers pour exécuter cet ouvrage ; il répond : « Je fais ceci pour montrer au peuple que le « travail n'est pas une honte. Celui-là seul se désho- « nore qui s'y soustrait. » De là cet axiome : « Chéris le travail et déteste la trop grande richesse. »
Les régions, aujourd'hui désolées, du Tigre et de l'Euphrate, qui faisaient jadis partie de l'empire persan, étaient renommées dans toute l'antiquité pour la fertilité de leurs campagnes et la richesse de leurs cités. C'est que la religion de Zoroastre, d'une grande élévation et d'une grande pureté, sanctifiait le travail. Voici quelques extraits de YAvesta qui le prouvent :
<i Créateur des mondes visibles, Être pur! qu'est-ce qui fait fleurir la loi mazdéenne?
c< Ahura-Mazda ( Ormuzd , Dieu) répondit : « C'est la a culture du blé pratiquée avec ardeur. Celui qui pro- « duit du blé produit la sainteté. Lorsque le blé « pousse, les Devas (démons, esprits du mal) bondisc sent de colère. »
S2 ÉLÉMENTS D'ÉCONOUIË POLITIQUE.
« Créateur des mondes corporels, Être pur ! où est, en troisième lieu, ce qui cause une très grande joie à la terre?
« Àhura-Mazda répondit : « C'est là où se cultive le <£ plus de grains, d'herbes, de pâturages et d'arbres « fruitiers, où Ton arrose le terrain sec et dessèche le c( terrain humide. »
c< Créateur des mondes corporels, Être pur ! où est, en quatrième lieu, ce qui cause une très grande joie à la terre?
« Ahura-Mazda répondit : « C'est là où les bestiaux et c( les bêtes de trait reproduisent le plus abondamc< ment. » (Vendidad, III, g 8, H -17, traduction de ilarlez.)
a A celui qui travaille la terre du bras droit et du bras gauche, du gauche et du droit, ôZarathustra (Zoroastre) ! elle apporte la richesse, comme une amie assise sur un siège ^ ari donne à un ami chéri des fils ou des richesses. »(§ 105.)
Voici maintenant la condamnation de )a paresse :
« A celui qui ne travaille pas la terre, ô saint Zo« roastre, la terre dit : « Toi qui ne me cultives pas, tu c( seras toujours debout à la porte (Tautrui; on t'ap- (( portera, tandis que tu te tiens au dehors, des alia ments en miettes. »
Si certaines doctrines religieuses ont singulièrement favorisé le progrès économique, certaines erreurs ont produit de grands maux. Ainsi c'est de l'intolérance, cette aberration du sentiment religieux, qu'on peut dire qu'elle a été plus qu'un crime, une faute; crime de lèse-humanité et grande faute économique. Elle a chassé de l'Espagne les Maures, qui portaient la culture