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LIVRE II

épargner un peu, en prévision de la vieillesse; mais, pour exécuter les grands travaux d'amélioration dont les produits ne se recueillent qu'après des années, il faut avoir en vue l'intérêt des enfants. Qui planterait des arbres dont des inconnus recueilleraient les fruits?

a Passe encore de bâtir, mais planter à cet âge ! » comme dit La Fontaine. La création et la conservation du capital exigent donc l'institution de l'hérédité.

Pour eiitretenir et accroître la fécondité du travail, ^^t-il mieux que les biens fonciers passent à l'un des enfants, comme le désire la législation anglaise, ou qu'ils soient partagés entre tous, comme l'a voulu la législation française?

Les inconvénients que peut entraîner parfois la division d'un domaine ne sont rien en comparaison de l'avantage immense de faire participer à la propriété le plus grand nombre possible de lamilles.

La propriété est la condition et le complément de la liberté. L'idéal est que chaque famille ait sa maison, son champ, son instrument de travail ou un titre représentant une part d'un capital collectif, d'une usine, par exemple^ ou de toute autre entreprise. C'est par le règlement des successions que cet idéal peut être atteint.

§ il. De Tmllaenoe dei ■ytièmet agraires •ur la produoUvîté du travail.

La terre est cultivée tantôt par celui à qui elle appartient, tantôt par d'autres à qui la jouissance est concédée moyennant des conditions différentes, comme le métayage, le bail à ferme, l'emphytcose, etc.

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Un mode de tenure est d*autant plus favorable à la production qu'il assure plus complètement, à celui qui exploite le sol, les fruits de son travail et les améliorations qu'il aura faites. Sous ce rapport, rien ne vaut la propriété.

Un économiste-agronome anglais, Arthur Young, a dit : c< Donnez à un petit propriétaire un coin de rocher, et il en fera un jardin. La puissance magique de la propriété changera le sable stérile en or (the magie of property tums sand into gold). »

Allez aux Pyrénées, en Toscane, sur les pentes des Apennins ou sur cet écueil de roches calcaires, à l'entrée du golfe de Naples, célèbre par la retraite de Tibère, à Capri, vous y verrez le sol même créé par l'homme. Des terrasses de pierres sèches sont construites sur la pente des collin(îs : la terre y est apportée dans des hptteg et en partie rapportée de nouveau, après chaque violent orage. Des vignes, des oliviers y sont plantés, et, à leurs pieds, croissent le blé et le lupin. Le propriétaire a créé la propriété à la jueur de son front. Voilà l'exemple de ce que fait l'homme quand il est certain de jouir intégralement des fruits de son travail.

« Avec des baux d'un an, le fermier ruinera la meilleure terre, » a dit aussi Arthur Young. La misère des Irlandais et leur détestable culture en sont la preuve.

Pourquoi le cultivateur améliorerait-il le sol, si l'aug- .mentation de la rente vient sans cesse lui enlever les fruits de ses améliorations?

1. Arthur Young, né en 1741, mort en 1820.11 publia plusieurs écrits d'économie rurale. Son Voyage en France en 1787-1788 est extrémemeiit instructif.

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