LIVRE IL
§ 5. L*ouUl et la machine*
Parmi les objets qui constituent le capital , c*esl routil et la machine qui rendent surU)ut le travail productif.
Aristote a dit : « L'homme est un être politique, » c'est-à-dire apte à vivre en société. Adam Smith a dit : « Lliomme est le seul être qui échange. » Franklin a dit : « L'homme est un être qui fabrique Toutil ; a iool making animal, »
De l'association, de l'échange et de l'outil dérive la puissance de l'humanité sur la nature, c'est-à-dire le bien-être et la civilisation.
Est outil a tout ce qui, au delà des dents et des ongles, sert à travailler ».
La machine est un outit mis en mouvement, non plus par les muscles de l'homme, mais par la force de la nature, par un « moteur ». Ainsi qu'on l'a montré, l'histoire du progrès de Toulil est celle du progrès de la civilisation.
L'industrie a eu recours à des moteurs de plus en plus puissants ou mieux appropriés à ses besoins : d'abord les animaux domestiques, puis l'eau, puis le vent, puis la vapeur, puis Télectricité, qui en est à ses débuts.
Les avantages des machines sont nombreux et immenses. Énumérons-lcs rapidement.
1** Elles mettent au service de l'homme des forces presque illimitées. On estime que la puissance des moteurs à vapeur, dans les pays civilisés, équivaut à celle
de 14 millions de chevaux, soit de 280 millions d'esclaves.
En outre, les locomotives, dans le monde, possèdent une force de 20 millions de chevaux, et les navires à vapeur, de près de 4 millions. Le cheval-vapeur valant au moins deux chevaux vivants, voilà 48 millions de chevaux travaillant à transporter hommes et marchandises.
La France possède, en machines fixes, 3 millions de chevaux-vapeur ; la Belgique, 1/2 million.
La force de chaque cheval-vapeur équivaut à celle de vingt et un hommes. Il s'ensuit que chaque famille dispose de cinq serviteurs aux muscles de fer, toujours prêts, jamais fatigués, qu'un peu de charbon sufQt à alimenter.
Dans l'antiquité, les esclaves broyaient le blé, à la main, dans des mortiers en pierre, ainsi qu'on peut le voir dans VOdyssée. Plus tard, ils faisaient tourner la meule, ainsi que le faisait Plante.
Vers la fin de la république romaine, le moulin à eau est importé d'Asie. Écoutez comment un poète grec, Antiparos, célèbre la nature travaillant au service de l'humanité, ce prodige d'où sont sortis tous les perfectionnements de la production : « Esclaves, qui faites tourner la meule, épargnez vos mains et dormez en paix. C'est en vain que la voix retentissante du coq annonce le matin; dormez. D'après l'ordre de Cçrès, la besogne des jeunes filles est faite par les Naïades, et maintenant celles-ci bondissent, brillantes et légères, sur la roue qui tourne. Vivons de la vie heureuse de nos pères et jouissons sans travailler des bienfaits dont la déesse nous comble. » Ainsi la machine crée ou du loisir, ou