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LIVRE II. il

du sol, en y enfouissant, pour ainsi dire, ses sueurs, il doit désirer que la violence fasse place à la justice, afin de pouvoir recueillir sûrement les fruits de son labeur.

§ 3. Lei prog;rèf de ragrîovilture.

La domestication des animaux a précédé l'agriculture. Ce fut un grand progrès pour Thomme primitif : son repas ne dépendait plus du hasard d'un coup de javelot ; il l'avait toujours sous la main.

Le régime pastoral a persisté dans certaines contrées qui s'y prêtent, comme l'Arabie et la Tartarie. 11 est encore aujoûrïhui le plus avantageux dans les pays où, au début, la population est très rare et les pâturages très étendus, comme en Australie, au Natal et dans les pampas de la Plata.

Le progrès agricole a consisté à obtenir d'une même étendue, de plus en plus de produits, par l'application de procédés plus rationnels et de plus de capital. D'extensive la culture est devenue intensive. Cette vérité a déjà été parfaitement exprimée par un agronome latin du quatrième siècle, Palladius, qui a résumé les travaux de ses trois illustres prédécesseurs, Caton, Varron et Columelle. Palladius, dit: Fecundior est culta exiguitaSy quant magnitudo neglecta. « Un petit champ bien cultivé produit plus qu'un grand champ négligé. »

Au début, la culture est intermittente et parfois même nomade. La surface du sol est brûlée, et, dans les cendres, une récolte est obtenue; puis il faut attendre 3îx-huit ou vingt ans, que la végétation spontanée ait restitue au sol ses éléments de fertilité.

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Plus larJ, à côté de grands espaces conservés en pâturage, le sol arable reste en jachère une année sur deux, ce qui est la rotation biennale, ou une année sur trois, ce qui constitue la rotation triennale.

Plus tard encore, la terre ne se repose plus : en alternant les céréales avec les fourrages et les racines, on lui fait produire une récolte tous les ans.

Enfin, en augmentant sans cesse la dose des engrais, on peut obtenir, par les « récoltes dérobées », deux produits en une année.

En agriculture, le principe fondamental est de restituer au sol tout ce qu'on lui emprunte, et même d*y apporter de nouvelles matières fertilisantes, la chaux, la marne, le guano du Pérou, les phosphates, la bouc des fossés, et surtout les vidanges des villes.

La culture spoliatrice, Raubcultur^ comme Ta si bien nommée le grand chimiste Liebig, stérilise les régions les plus fécondes, telles que l'étaient les greniers do l'ancienne Rome, la Sicile et l'Algérie.

Les formes de la propriété ont suivi une évolution parallèle à celle de la culture. De collective et communale, à l'origine, elle est devenue plus tard c familiale », et enfin toute individuelle aujourd'hui.

En Belgique, les différentes régions agricoles présentent encore le tableau des étapes successives du progrès agricole, et les procédés d'exploitation les plus primitifs se rencontrent sur les terrains géologiquement les plus anciens et les plus élevés.

Sur les plateaux de l'Ardenne, premiers schistes émergés de la mer primitive, les terres collectives de la commune sont essartées par le feu, tous les quinze ou vingt ans. Le sol du Condroz, reposant sur le cal-

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