‹ Éléments d'économie politiqueChapitre 68 sur 136 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

elles livrent un excédent et s'il n'en reste pas de disponibles. Ainsi, en Egypte, le sol tout entier, formé par les dépota limoneux du Nil, est presque de même qualité ; toutes les terres payent une rente très élevée.

La bonne situation, c'estrà-dire la proximité d'un grand marché, d'une rivière, de la mer ou d'un chemin de fer, accroît Futilité d'un terrain et donne lieu à une rente, comme la fertilité. Un terrain au centre d'une grande capitale vaut jusqu'à 2000 à 3000 francs le mètre carré et se loue à proportion.

La rente obéit à la loi qui règle la valeur. Elle dépend de l'utilité et de la rareté. Un fonds donne une rente d'autant plus élevée qu'il produit plus d'utilités^ d'abord, et ensuite, qu'il est plus rare.

§ S. Thteria de la rente de Rioardo et de StnaH HSll.

Un disciple d'Adam Smith, RicardoS a formulé une théorie de la rente qui porte son nom. D'après lui, les hommes mettent d'abord en culture les terres les plus fertiles, et tant qu'il en reste de disponibles, il n'y a point de rente. Mais, bientôt, la population s'accroît et les terres libres sont toutes occupées; les denrées agricoles, plus demandées, augmentent de prix. Ce prix plus élevé rend profitable de mettre en culture les terres de seconde qualité. Mais comme sur un marché il n'y a

1. David Ricardo, né en 1772, mort en 1825. Stuart Mill le considère comme le plus éminent disciple de Smith. Son principal ouvrage est intitulé : Ptincipleê ofpolilical Economy (1817). Ce qui fait de lui le chef d'une école, c'est qu'il a formulé les principes énoncés avant lui avec la précision de raisounemcnt des sciences exactes.

qu'un prix, la culture des meilleures terres laisse un excédent, qui est la rente.

Si la population et les prix continuent à monter, on est obligé de passer aux terres de troisième qualité, et alors la rente sur Ics autres terres augmente de nouveau

Il s'ensuit que la rente pour chaque terre est égalo à la différence qui existe entre le produit que chacune d'elles livre et celui de la plus mauvaise terre cultivée.

On pouirait dire, avec plus d'exactitude, que si les exploitations sont disputées, la rente est égale au produit, moins les frais nécessaires pour l'obtenir.

Elle est l'excédent plus ou moins grand que livre le travail aidé par la fécondité plus ou moins grande de la nature.

De ce qui précède on peut tirer deux conclusions très importantes.

La première est celle-ci : la hausse du prix des denrées agricoles n'est pas la conséquence de la hausse des fermages, comme on le croit généralement, mais la hausse des fermages est la conséquence de la hausse des prix. C'est seulement quand le paysan vend son blé et son bétail plus cher, qu'il peut payer un fermage plus élevé.

Dans toute société où la population et ta richesse se développent, la rente tend à augmenter. En France et en Belgique, le fermage moyen des terres a presque doublé depuis cinquante ans. La hausse des prix favorise l'accroissement de la rente, de deux façons : premièrement, le cultivateur doit vendre moins de ses produits pour couvrir ses frais ; secondement, chaque partie du produit se vend plus cher. La baisse des prix agit naturellement en sens inverse*

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