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UVRE III

L'accroîsscracnl de la rente est arrêté : premièrementy par toute amélioration agricole qui a pour effet d'accroître le produit ; et, secondement, par la facilité des importations étrangères. Ces deux causes produisent le même résultat : plus grande abondance des denrées^ d'où baisse des prix, d'où baisse de la rente.

Toutefois il se peut que plus de denrées, même vendues à un prix moindre, donnent un total égal ou supérieur. Dans ce cas, la rente ne diminuera pas et peutêtre même augmentera.

Toutes les améliorations dans les procédés agricoles qui diminuent les frais : meilleure charrue, machines aratoires perfectionnées, routes nouvelles, contribuent à augmenter la rente. C'est à cette caise, jointe à l'augmentation du prix de la viande et du beurre, qu'est due, en grande partie, la hausse de la rente à notre époque.

§ 3. Argumentf de oeoz qui ment Texitteiioe de la rente.

Certains économistes, suivant Bastiat etCareyS nient l'existence de la rente.

Le concours de la nature, dit Bastiat, est toujours gratuit. Si l'on paye un h-^or, c'est pour rétribuer le

i. II. G. Carey, né en 1793, mort en 1879, est l'économiste le plus connu des États-Unis. Dans son livre Principles of social science^ il combat plusieurs des principes généralement admis en économie politique, concernant la théorie de la rente et de la population, et surtout du libre échange. Il a le mérite de citer beaucoup de faits, maisU tort de les interpréter trop cxclusiTemcnt i l'appui de ses idées.

travail et le capital incorporés dans la terre, et non sa fertilité naturelle.

Carey ajoute : Contrairement à ce qu'a prétendu Ricardo, on met d*abord en culture les terres légères des collines, et, plus tard seulement, les terres plus fertiles des vallées.

Ce que dit Bastiat est en opposition avec les faits. Les terres qui donnent la rente la plus élevée, parce qu'elles livrent le plus grand produit avec le moins de frais, sont souvent celles où le moins de travail humain a été incorporé ; ainsi telles sont les riches pâturages de la Normandie, des bords du Pô et du pays de Hervé, en Belgique, le sol de TÉgypte et la a terre noire » de la Russie et de la Roumanie. Consultez un fermier, il vous dira que tel champ d'une même ferme peut payer une rente double de tel autre.

Le Clos-Yougeot, le Château-Laffitte, le Johannisberg» donnent une rente dix fois plus élevée que les vignobles voisins qui ont exigé une même somme de travail. Les rivières de l'Europe où l'on pêche le saumon donnent une rente très considérable. La source de choses utiles dont on paye la jouissance doit cet avantage uniquement à la nature.

L'observation de Carey est fondée, mais elle n'infirme pas le principe de la théorie de Ricardo. Les hommes ont cultivé d'abord les terres les plus fertiles ou les mieux situées parmi celles qui étaient abordables. Les autres n'existaient pas pour eux. Quand plus tard celles-ci ont été mises en valeur, elles ont agi comme une amélioration agricole. Apportant des produits phis abondants, elles ont arrêté momentanément l'accroiisement de la rente; mais» si elles ont été exceptionnel-

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